« CAR MA PUİSSANCE S’ACCOMPLİT DANS LA FAİBLESSE »

25 septembre 2026

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2 Corinthiens 12 : 9

Pour ce que Jésus attend de nous, il n’est besoin ni de la santé, ni de force, ni d’autres aptitudes que celles que nous avons. Nous n’avons besoin d’aucune éducation et de formation particulières que celles que nous possédons. Car les fruits que nous devons produire ne dépendent pas de nous, mais de la grâce du Seigneur, c’est-à-dire de son intention de nous employer comme instruments. Les meilleures capacités, les qualités les plus nobles ne servent à rien dans l’œuvre du Seigneur, s’Il ne nous accorde pas sa grâce, son assistance et son appui. Paul dit : « … Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » ― 2 Corinthiens 12 : 9, 10.

Plus grande est mon humilité, plus petite est mon autosatisfaction, plus Christ peut mieux agir à travers moi. Cela signifie que chaque sentiment d’autosatisfaction en s’appuyant sur sa propre force, chaque prétendue certitude, sont un obstacle pour servir le Seigneur. Cela ne veut pas dire que l’incapacité et l’inaction étaient une condition pour l’apostolat de Paul. Ce serait une erreur, Paul avait besoin de dons et de talents. Ceux-ci contrastent avec ses faiblesses évidentes, une mauvaise santé, des empêchements de toutes sortes, ainsi qu’avec les adversités extérieures, comme les calomnies et les persécutions. Tout cela ne permettait pas à l’apôtre d’être sûr de lui, ni orgueilleux, ni de s’appuyer sur sa seule force. Cela ne donne pas l’impression d’une personnalité consciente de sa valeur et sûre de soi. Cela donne plutôt l’impression d’un homme fragile, sans le moindre éclat. Paul ne faisait aucune impression particulière sur la plupart des frères. Il déclarait : « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse … Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance. » ― 1 Corinthiens 2 : 1-4.

Quel discours surprenant ! Les auditeurs ont, peut-être, regretté l’absence d’éloquence habituelle dans le discours ainsi que de quelque chose d’enthousiasmant et de passionné. Paul parlait avec réflexion et pondération. Pour la plupart des gens ce langage est austère et difficile à comprendre. Même Pierre fait remarquer que certaines lettres de Paul sont difficiles à comprendre, et que beaucoup de choses sont mal comprises et déformées parce qu’elles ne sont pas simples ni superficielles. On ne lit pas une lettre de Paul pour se divertir ou passer son temps. C’est une nourriture substantielle. Combien de personnes, de croyants ou de chrétiens les lisent-elles ?

Paul s’autorise à dire : Mes discours ne sont pas simplement faits de mots persuasifs, mais « une démonstration d’Esprit et de puissance » ― je parle pour montrer que la base de la Vérité est logique, et qu’il en découle une force de persuasion. Je parle pour que des questions soient soulevées, auxquelles on n’aurait même pas pensé ― pour que les réponses soient définitives, apaisantes, sécurisantes. Je ne cherche pas à donner une réponse confuse, mais comme éclairée par Dieu, afin de produire une entière satisfaction à celui qui a faim de Vérité.

Ce que je prêche est simple : « Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. » Que veut dire cela ? Cela signifie que je ne prêche pas un savoir préfabriqué de la foi, ni une philosophie raffinée, mais une réalité historique qui fait beaucoup réfléchir et jette un éclairage sur les grands mystères de Dieu et sur l’énigme de la vie humaine. Jésus est le Messie, le Roi de la « maison de David » ; Il est le Prophète promis par Dieu, plus grand que Moïse, que chacun doit absolument écouter, pour sa délivrance. Et ce Messie a été crucifié par les Juifs. Et c’est précisément par ce moyen que le véritable salut, la délivrance viendra sur Israël et sur le monde entier. La voie de la délivrance de Dieu se trouve dans cet acte inconcevable ― le péché le plus grave mettra fin au péché !

Le peuple de Dieu, guidé par la Loi de Dieu, éclairé, mais aussi blâmé et réprimandé par les prophètes, s’est rendu coupable envers le Sauveur ! Il a démontré que la Loi était manifestement impuissante à vaincre le péché. Il a montré une fois pour toutes qu’il était impossible d’atteindre le salut par la Loi. La crucifixion de Jésus montre d’une manière éclatante la grâce de Dieu, la délivrance imméritée de l’homme.

Comment ce fait pouvait-il devenir plus évident, sinon par la permission de crucifier son Fils bien-aimé pour libérer l’homme du péché ? Dieu parle ainsi ; c’est le langage du Saint Esprit ; il contraint à réfléchir. Lorsque l’homme arrive au bout de sa logique, alors commence la logique de Dieu. Dieu ne fait pas de discours sans fin, Il n’écrit pas de livres. Il parle par des actes et des événements inhabituels. C’est ce que prêche l’apôtre Paul : Jésus le Messie ― le Messie crucifié ― Christ crucifié et ressuscité, sans cesse annoncé par une multitude de témoins comme Sauveur du monde. Et de même Paul, d’abord persécuteur et meurtrier de ces témoins, jusqu’à ce qu’une voix venant du ciel ne l’arrête, disant : « Pourquoi Me persécutes-tu, Moi, le Messie, le Sauveur d’Israël et du monde, Celui que tu attends en tant qu’Israélite ? »

C’est l’expérience que Paul a vécue. Aveuglé par son zèle, il croyait fermement servir l’Éternel et sa Loi. Submergé par une lumière surnaturelle et resplendissante, une voix venant du ciel renverse toutes ses certitudes. La prise de conscience est douloureuse, mais tout devient de plus en plus clair dans son esprit. Toutes ses interrogations viennent d’avoir une réponse. Il n’a plus besoin de chercher sans cesse la Vérité, elle lui apparaît tellement puissante ! Les paroles des Écritures deviennent harmonieuses et compréhensibles : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, envoyé dans le monde, en tant qu’homme, exécuté selon la chair, ressuscité en Esprit, élevé à la droite de Dieu, médiateur de la Nouvelle Alliance par son sang versé, qui ôte le péché.

Qu’est-ce que Paul ? Il n’est rien ! Jésus l’a rendu encore moins que rien. Avant, il était un pharisien reconnu et zélé. Il était un instrument utile aux adversaires de la Vérité. Qui sont les adversaires de la Vérité ? Jésus nous répond en disant : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15 : 18). Le monde est satisfait, tel qu’il est. Il se trompe en pensant qu’il suffit d’avoir une connaissance vague et limitée de la Vérité. Un peu pour Dieu, et un peu pour soi ― ou Mammon ― est la meilleure façon de faire, pense-t-il ; cela garantit le maintien de notre culture et de notre prospérité.

C’est cela le monde et sa sagesse. Les prophètes de Dieu ont lutté inlassablement contre cette demi-vérité. « Jusqu’à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l’Éternel est Dieu, allez après lui ; si c’est Baal, allez après lui. » (1 Rois 18 : 21). Jésus dit aussi : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » (Jean 18 : 36). Et l’apôtre Paul exhorte en disant : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12 : 2). Et en Jacques 4 : 4, il est écrit : « Ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. »

Nous savons que la Vérité est sans équivoque. Elle sépare les saints ― ceux qui sont entrés dans le Tabernacle ― du monde. Ceux qui veulent bénéficier de la faveur divine entrent d’abord dans le parvis. Mais le monde cherche toujours à s’infiltrer parmi ceux qui cherchent celle-ci. C’est une étape indispensable vers la condition du Tabernacle. Il faut le traverser pour atteindre le Tabernacle, mais si on retourne sur ses pas, cela conduit directement dans le monde, avec ses conséquences. On ne séjourne pas indéfiniment dans le parvis, on le traverse uniquement. C’est, pour ainsi dire, comme une entrée dans une maison, car on ne s’installe pas dans l’entrée d’une maison.

Les adversaires de la Vérité sont ceux qui se plaisent dans le monde ― ceux qui se sentent supérieurs. Ils souhaitent que le monde subsiste ainsi, tel qu’il est. Ils ne cherchent pas le royaume de Dieu, même s’ils sont religieux. Dans le royaume tout sera aplani, personne ne pourra dominer sur l’autre, car Dieu fait grâce aux humbles et s’oppose aux orgueilleux. Dieu nous a fait prendre conscience de notre incapacité par l’intermédiaire de Jésus-Christ. Nous ne sommes rien sans Lui. Jésus dit : « Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14 : 6). « Je suis la porte. » (Jean 10 : 9). « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. » ― Jean 6 : 53.

C’est ainsi que Jésus nous rend dépendants de la grâce de Dieu. Celui qui veut s’approcher de Dieu, doit reconnaître qu’il n’est rien. Tout ce qui lui est accordé, est par grâce et non par gain. Celui qui est orgueilleux se dit : Je suis de taille à me nourrir tout seul ; qu’ai-je besoin de solliciter le « pain de la grâce » ? Qu’ai-je besoin de grâce, si je reste dans le droit chemin ? Devrais-je me mettre à genoux, m’excuser de quelque chose ? Je suis sans défaut, et cela est suffisant ; ainsi pense, et telle est la volonté de l’homme du monde.

Pour eux, Jésus n’est pas mort ― Il n’a pas donné sa vie pour eux aussi ! Mais le jour vient, où le monde reconnaîtra ses fautes. Des peuples entiers seront déclarés coupables, et le monde entier le saura. Or, ce sont les gens, dits supérieurs, et les plus distingués qui portent la plus grande responsabilité ― ils se sont souillés en se rendant coupables d’avoir versé du sang qui crie vengeance jusqu’au ciel. Et même les fautes des plus petits du peuple sont si nombreuses, qu’ils le reconnaîtront eux-mêmes, et n’auront pas plus de raisons d’accuser et de « jeter la pierre » sur leurs supérieurs. L’heure vient où tous, croyants et incroyants, seront heureux de savoir que Jésus-Christ est mort pour leurs péchés, et cela par grâce. L’heure vient où le monde devra admettre qu’il marchait dans la boue, et qu’à force d’y marcher il s’y enlisait jusqu’à succomber. L’heure vient, où ni les peines, les privations, la faim et la soif, les douleurs et les maladies ne feront plus souffrir les hommes. Ce ne sera pas le manque de pouvoir, de santé, de fortune qui sera préjudiciable, mais le manque de grâce divine.

Ce jour-là, tous les hommes auront conscience qu’ils sont dépouillés, comme nus. Ils chercheront quelque chose pour se couvrir. Après avoir péché, nos premiers parents découvrirent qu’ils étaient nus ― et ils eurent honte. Ils se firent des ceintures avec des feuilles de figuier pour se couvrir. Ils n’osèrent plus se montrer tels qu’ils étaient. Pourquoi firent-ils ces ceintures ? Elles montraient leur repentir et le désir de maintenir leur vertu, leur pureté. Elles étaient aussi le symbole de leur mauvaise conscience, de leur propre justice, un voile fragile et sans valeur. Les feuilles de figuier ne se conservaient pas et devaient souvent être remplacées, comme le sont nos vêtements. Au fil du temps, ils deviennent des haillons et ― spirituellement parlant ― l’homme se promène bien souvent vêtu de guenilles, car il n’a jamais une conscience parfaitement pure, même dans ses plus beaux vêtements.

Mais celui qui veut s’approcher de Dieu, peut obtenir un vêtement durable. C’est le vêtement résistant et inaltérable de la robe de justice de Jésus-Christ. Et si elle reste pure et immaculée, jusqu’à la fin, il obtiendra un nouveau nom. ― « En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem aura la sécurité dans sa demeure ; et voici comment on l’appellera : l’Éternel notre justice. » (Jérémie 33 : 16). Vêtu de la justice de Christ, l’homme n’est plus nu.

POUR ÊTRE BÉNİ

Par la grâce de Dieu, nous avons pris conscience que nous sommes peu de chose. Nous vivons maintenant pour le Seigneur : « Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. » (Romains 14 : 8). Et notre vie consiste alors à servir Dieu et notre Seigneur, c’est une grâce et une bénédiction qui nous est accordée. Ce travail consiste également, en grande partie, à laisser Dieu agir en nous pour développer la patience, à endurer, à souffrir, à croire, à espérer, etc., à nous attendre à Dieu en toutes circonstances. Quant au service, s’il s’agit de faire un discours, attendre que Dieu inspire celui-ci. S’il s’agit de réfléchir pour prendre une décision, attendre que l’Esprit du Seigneur nous éclaire, tout en recherchant sa volonté. Notre énergie pour servir doit être animée par l’Esprit de Christ. Ainsi, le travail accompli n’est de notre propre responsabilité, qu’en proportion des moyens dont nous disposons.

Selon la volonté de Dieu, les Israélites spirituels doivent subvenir au « temple », y travailler et être disposés à sacrifier pour la cause de Dieu. Mais le sacrifice n’est pas évalué selon son importance. Qu’une pauvre veuve, ayant à peine de quoi vivre, garde une partie de son argent pour la cause de Dieu est estimable. Même si on est pauvre, on peut sacrifier quelque chose pour Dieu. C’est moins méritoire si c’est un riche qui fait cela.

Le pauvre a la plus belle occasion de sacrifier pour la cause de Dieu, car la pauvreté fait partie des situations qui peuvent rendre fort. Elle peut nous apporter la liberté intérieure, que Paul exprime ainsi : « Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance … à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. » ― Philippiens 4 : 12.

De nombreux chrétiens d’autrefois ont vu, dans la pauvreté et la privation, une voie sûre vers le ciel, vers le salut éternel. Ils y voyaient la possibilité de conquérir la sainteté et l’élection. Les moines mendiants ― un ordre religieux ― choisissaient volontairement la pauvreté. Selon les paroles de Paul, ils auraient dû, à vrai dire, choisir d’être faibles physiquement. Il déclarait : « C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Corinthiens 12 : 10). Pourtant, il dit encore autre chose : « Je sais … être dans l’abondance et être dans la disette. » ― Philippiens 4 : 12.

Il ne s’agit pas de santé ou de maladie, mais de la liberté de l’esprit, de la confiance en Dieu, même dans des conditions difficiles. Si un Chrétien vivait dans la crainte d’avoir perdu la grâce, cela le mènerait à une grande perte de paix intérieure, même s’il semblait le supporter. Ce serait le contraire de la liberté ! « Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. » (2 Corinthiens 3 : 17). Bien plus, la liberté c’est la confiance en Dieu le Père et en notre Seigneur : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Romains 8 : 28). C’est ainsi que s’exprime la grandeur de la liberté chrétienne. Si nous croyons vraiment à cette parole, alors nous possédons déjà la liberté divine que notre Seigneur a gagnée, lorsqu’Il a dit avant la croix : « Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » ― Matthieu 26 : 39.

Toutes les situations dans notre vie sont bonnes pour en tirer des leçons. Savoir être dans l’abondance et être dans la disette ― être dans le monde, mais pas du monde. Nous devons apprendre à nous tenir sans tache et irrépréhensibles dans le monde. Nous ne devons pas nous retirer dans un cloître pour fuir le monde ; mais au contraire, le chrétien doit vivre dans le monde, et être une lumière dans le monde.

« DE GLOİRE EN GLOİRE » – 2 Corinthiens 3 : 18

Le but permanent de l’enfant de Dieu est de se conformer à la ressemblance de notre Père céleste. Il ne suffit pas de connaître les lois de Dieu, de faire l’expérience de sa bonté et de sa miséricorde ou d’annoncer l’Évangile aux autres. Il ne suffit pas de chercher avec zèle à bénir par le message de grande joie tous les peuples. Nous pouvons faire tout cela et même davantage. Pourtant cela n’est rien si notre cœur, nos pensées et nos bonnes œuvres ne sont pas pénétrés de la grâce et de l’amour de notre Père céleste.

Notre désir, lorsque nous étudions la Parole, est de nous rapprocher de Dieu, afin de Lui ressembler, et que le Seigneur fasse de nous ses collaborateurs. L’apôtre nous dit : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » (1 Thessaloniciens 4 : 3), ce qui signifie une entière mise à part, un zèle ardent pour le Seigneur de toutes nos forces, car Il veut poursuivre l’œuvre de notre changement à son image, par l’action du Saint Esprit. Il nous prépare ainsi pour l’œuvre grandiose qui se fera durant le Royaume Millénaire à venir. Dans le verset cité plus haut, nous comprenons que ces paroles s’adressent à tous les saints du Seigneur ― tous ceux qui sont transformés de gloire en gloire. D’où nous déduisons que ceux qui ne sont pas transformés, ne feront pas partie de cette classe qui recevra la récompense promise. C’est une pensée sérieuse qui devrait aller au cœur de tous les consacrés. La question n’est pas de savoir si nous nous en remettons totalement à Dieu, mais si, après notre consécration, nous nous livrons complètement à l’action du Saint Esprit, pour que nous ressemblions, chaque jour davantage, à la glorieuse image de notre Dieu.

Comme l’apôtre autrefois, nous nous tournons vers les véritables consacrés pour leur dire : nous serons tous transformés de gloire en gloire, par le Saint Esprit, qui fait toutes choses nouvelles. Dieu soit loué ! L’un peut le remarquer chez l’autre, et s’en réjouit. Hier, le marteau de transformation de l’atelier divin a frappé durement un membre du Corps de Christ. Un vilain excès d’orgueil s’est détaché de lui, et aujourd’hui, sa personnalité s’est embellie. Il n’a pas regimbé sous le coup, parce qu’il savait qu’il en avait besoin. Avant-hier, quelqu’un d’autre a persévéré patiemment sous une douloureuse correction, et aujourd’hui il est lumineux ! Tous les jours, on peut observer la manière dont l’autre considère le modèle divin et s’efforce de le copier. On remarque alors la transformation de son caractère devenu doux, paisible, charitable. L’Esprit de Dieu agit ainsi chez tous ceux qui s’abandonnent entièrement à sa volonté.

Le marteau, le ciseau et la lime sont, figurativement, les outils dont Dieu se sert pour son œuvre de transformation. Ils nous détachent de notre ancienne infirmité tenace de la chair, que la douce influence du Saint Esprit n’aurait pas fait céder facilement. L’apôtre indique un moyen particulièrement recommandé pour changer, en l’occurrence, étudier avec persévérance la gloire de Dieu, telle qu’elle se révèle dans sa Parole et en son saint Messager, Jésus-Christ : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire. » ― 2 Corinthiens 3 : 18.

« Le visage découvert » signifie sans un voile gênant de préjugés, de crainte, de superstition, etc., mais avec simplicité de cœur et d’esprit. C’est ainsi que nous contemplons la gloire de Dieu, sa nature glorieuse et lumineuse, non comme une vision, mais dans le miroir de sa Parole qui reflète son caractère divin, et manifesté par sa Parole vivante, Jésus-Christ. Pour nous assister, la précieuse aide du Saint Esprit nous est promise pour nous conduire dans toute la Vérité, et nous annoncer les choses à venir. ― Jean 16 : 13.

Ce regard dans le miroir nous donne une merveilleuse idée de la justice divine. Nous comprenons clairement qu’elle est la base du trône de Dieu (Psaume 97 : 2) et le fondement de toutes les assurances présentes et à venir. Si on ne connaissait pas la justice de Dieu, on n’aurait aucune certitude que, par sa grâce, ses desseins se réalisent ; on craindrait toujours qu’Il modifie ses résolutions. Mais maintenant, nous savons que Dieu ne change pas. Ce qu’Il a dit, Il le fait assurément. Sa justice est inébranlable, lorsqu’Il juge l’humanité pécheresse. Une génération après l’autre en a témoigné depuis plus de 6000 ans. Aucune puissance au ciel et sur terre ne pouvait annuler son jugement, jusqu’à ce que Jésus-Christ ait satisfait aux exigences de la justice par son sacrifice. La justice est éternelle, c’est inscrit dans les Écritures. Nous ne voyons pas en elle uniquement notre juste condamnation en tant que pécheurs, mais aussi notre merveilleuse délivrance, car « Dieu est juste pour nous pardonner nos péchés » (1 Jean 1 : 9) par le sang précieux de Christ, qui nous a racheté de la malédiction de la mort.

Si nous comprenons la justice de Dieu, la façon dont Il emploie ce trait de son caractère, fidèle et immuable, dans toutes ses actions envers ses créatures, nous comprenons aussi que nous devons être pénétrés du même sentiment de justice dans nos relations quotidiennes avec nos semblables. Pas à pas nous apprenons, dans toutes nos pensées et nos actions, à développer cette qualité de la justice ― et nous n’oublions pas que celle-ci doit être la base de notre comportement. En d’autres termes : nous apprenons d’abord à être justes, pour que nous devenions indulgents. Le sentiment de justice devrait être le trait de caractère dominant de chaque chrétien. Considérons maintenant l’amour et la miséricorde de Dieu. Même la sentence divine de mort était de la miséricorde pour l’humanité déchue. On pourrait imaginer que Dieu dise ceci : « C’est par amitié et par bonté que Je vous ai donné la vie et tous ses plaisirs. Je vous les ai donnés à condition que vous en fassiez un bon usage pour profiter d’une joie éternelle. Mais comme vous avez abusé de ma bonté, Je vous reprends la vie et vous retournerez à la poussière, d’où vous avez été pris. » ― ce qui est juste.

Amener à la vie, et permettre à une humanité pécheresse de vivre, pour mourir ensuite, est de la miséricorde. C’est un point difficile à admettre pour tout un chacun. Mais celui qui comprend le dessein divin et sa grâce, ne voit pas dans tout cela les commandements d’un tyran endurci, mais une sagesse miséricordieuse. Dès le début de la création, elle est déjà mentionnée d’une manière obscure par la promesse selon laquelle la postérité de la femme vaincra le mal au temps voulu ― figurément annoncé par les paroles : « celle-ci lui écrasera la tête ». Cela prophétise la délivrance de toute l’humanité du péché, sa renaissance à une nouvelle vie, et les merveilleuses bénédictions pour tous ceux qui l’accepteront. Nous avons la preuve, dans cette miséricorde et ses nombreuses manifestations, que « Dieu est amour ». De ce merveilleux attribut, nous apprenons à être aimables et miséricordieux envers ceux qui sont reconnaissants aussi bien qu’envers ceux qui ne le sont pas.

Nous constatons aussi, dans le caractère de Dieu, sa sollicitude paternelle pour toute sa création. Il habille et nourrit les oiseaux, Il revêt les lis des champs de splendeur. Ce sont toutes sortes de leçons importantes qui nous sont ainsi données. Dieu veille avec bienveillance sur tous, Il garde et protège. Considérant les qualités de Dieu qui font sa gloire, du point de vue moral et spirituel, nous découvrons dans le miroir des Écritures l’exemple parfait et merveilleux que nous devons imiter. Si nous nous occupons de ce qui est aimable et agréable, pur et saint, nous serons peu à peu transformés à l’image divine ― de gloire en gloire. Efforçons-nous de faire progresser cette œuvre en nous, jusqu’à ce que chaque vertu céleste pare notre robe sans tache de la justice. Nous l’obtenons par la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, dont la vie sur terre était le reflet de la gloire du Père, de sorte qu’Il pouvait dire : « Celui qui m’a vu, a vu le Père ». Considérons l’amour, la douceur, la patience et la fidélité de Christ, la pureté de tout son être et son sens de l’abnégation ! Assimilons toutes ces qualités, suivons son saint exemple et laissons rayonner l’image de Jésus autour de nous !

L’apôtre nous indique en 2 Corinthiens 4 : 7 que « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous ». Si nous sommes toujours réceptifs à l’influence sanctifiante de l’Esprit de Dieu, nous pouvons annoncer les vertus de Celui qui nous a appelé des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2 : 9). Que nos pauvres vases terrestres proclament toujours plus la bonté et l’amour de notre grand Dieu. Gardons purs notre corps et notre esprit. Qu’aucune mauvaise pensée ne soit proférée !

Que le Seigneur nous accorde sa bénédiction.

TA novembre-décembre 2006