« JUSQU’À QUAND, Ô ÉTERNEL ? »

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« Jusqu’à quand, ô Éternel ? … J’ai crié, et tu n’écoutes pas ! J’ai crié vers toi à la violence, et tu ne secours pas ! Pourquoi me fais-tu voir l’iniquité, et contemples-tu l’injustice ? Pourquoi l’oppression et la violence sont-elles devant moi ? Il y a des querelles, et la discorde s’élève. Aussi la loi n’a point de vie, la justice n’a point de force ; car le méchant triomphe du juste, et l’on rend des jugements iniques. »

« … Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu, quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui ? Traiterais-tu l’homme comme les poissons de la mer, comme le reptile qui n’a point de maître ? Il les fait monter avec l’hameçon, il les attire dans son filet, il les assemble dans ses rets : Aussi est-il dans la joie et dans l’allégresse. C’est pourquoi il sacrifie à son filet, il offre de l’encens à ses rets ; car par eux sa portion est grasse, et sa nourriture succulente. Videra-t-il pour cela son filet, et toujours égorgera-t-il sans pitié les nations ? » ― Habacuc 1 : 2-4, 13-17.

Cette prédiction du prophète Habacuc fut prononcée peu de temps avant la première invasion de Juda et de Jérusalem par Nebucadnetsar (Voir 2 Rois 24). En ce temps-là, Jojakim régnait à Jérusalem ; il opprimait le peuple, et était injuste, ce qui défiait directement la justice divine.

Le prophète lance ce cri désespéré : « Jusqu’à quand, ô Éternel ?… J’ai crié, et tu n’écoutes pas ! », à cause de la terrible détresse morale qui sévissait en Juda et de l’invasion menaçante des Chaldéens.

La plainte du prophète sur les malheurs de son peuple semble être écrite pour la situation actuelle du monde. « Jusqu’à quand, ô Éternel ? » s’écrient le psalmiste et les prophètes ― et avec eux tous ceux qui vivent dans le malheur, la pauvreté et la faim, les « petits », les affligés, les opprimés.

Il faut peut-être l’avoir vécu pour bien comprendre la plainte du prophète. Pourtant même celui qui a été préservé jusque-là, celui qui comprend ce qui se passe dans le monde, celui qui a un cœur compatissant, demandera souvent, accablé en son for intérieur : « Jusqu’à quand, ô Éternel ? ».

La Bible n’est pas un livre pour les curieux qui cherchent les temps et les moments que détient le Tout-Puissant seul. Elle ne donne pas une simple consolation, qui mène rapidement à la déception. Au contraire, la Parole de Dieu résonne souvent durement, comme en Jérémie 23 : 29 : « Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, et comme un marteau qui brise le roc ? ». Elle n’occulte pas non plus le poids de la croix que les disciples du Seigneur partagent avec Lui.

Et pourtant, la Bible est une source incomparable d’espoir. Combien d’hommes, autrefois exposés aux mêmes souffrances que ceux d’aujourd’hui, y ont puisé le courage et la force de persévérer ! La génération actuelle est bien plus pauvre et plus malheureuse, car la parole de Dieu ne signifie plus grand chose pour elle car la foi n’est plus basée sur les Saintes Écritures, personne ne sait que tout ce qui arrive a un sens et un but caché, parce que Dieu le permet.

Dans ce temps de terrible désordre, il paraît difficile de croire à un ordre supérieur et à de sages dispositions. Au début, la Bible décrit comment Dieu créa la terre à partir du chaos, et l’ordre à partir du désordre. C’est aussi une image des évènements mondiaux actuels. On voit ici-bas une sombre ruine, mais si on tourne notre regard intérieur vers les choses célestes, on comprend que l’Esprit de Dieu qui plane au-dessus des abîmes, les met en ordre, et illumine les ténèbres du monde.

Les évènements actuels préparent un monde meilleur où règnera le bien et la perfection, et c’est le véritable sens caché de la vie. Celui qui ne voit que le monde présent, ne peut pas comprendre le Plan de Dieu, et ne peut que douter.

De nos jours, la plupart des gens ressemblent à des promeneurs qui avancent tête baissée, qui ne voient que la poussière et la boue, et ignorent la magnificence de la cime d’un arbre ou de la voûte céleste. Ils entendent juste les rumeurs de leur environnement inquiétant, et ne voient pas la merveilleuse gloire de la création ; ils n’écoutent plus leur cœur qui désire la délivrance et la réconciliation. (Cf. Romains 8 : 19).

L’homme est trop impliqué dans un matérialisme qui l’a totalement envahi. Il en a fait son idole à laquelle il a consacré ses ressources intellectuelles. Mais le temps est venu où la puissance matérielle mal employée se retournera contre les hommes. Ils seront obligés de reconnaître qu’il y a quelque chose de plus puissant qu’eux et que leur sagacité, et que tout ce qu’ils ont réalisé jusqu’à présent et sur quoi ils ont bâti, est en train de s’écrouler.

La ruine soudaine du matérialisme sera accompagnée de grands bouleversements. Ainsi, de terribles révoltes feront tomber les autorités du monde, et libéreront les forces qu’elles tenaient en bride. Ce sont les « grands tremblements de terre » annoncés par Jésus. La terre tremblera de la chute des autorités qui se maintiennent uniquement par une puissance brutale. Une autre « puissance » établira sa domination sur le monde, une puissance qui ne s’appuie pas sur des forces matérielles : la puissance de l’Esprit, de la justice, de la vérité et de l’amour ― le royaume de Dieu que nous attendons tous.

Quand on observe l’eau d’un fleuve qui coule vers l’aval, on voit parfois un tourbillon se former, où l’eau va à contre-courant. C’est ce qui se passe dans l’histoire. Aujourd’hui, il semble que les progrès de l’humanité ont été pris dans un tourbillon qui les dirige vers la barbarie, l’inculture où domine l’instinct animal de l’homme.

C’est toutefois une illusion. Le Plan de Dieu avance inexorablement, et ne peut être stoppé par aucune puissance humaine. Le fleuve de la puissante vérité divine coule toujours dans la même direction et emporte tout, y compris les tourbillons qui se manifestent çà et là, et bien sûr l’humanité qui résiste au dessein établi par la volonté et la sagesse de Dieu.

L’homme ne doit-il pas récolter ce qu’il a semé ? N’a-t-il pas semé l’incroyance, et ne doit-il pas en goûter les fruits amers ? Que peut-il faire contre Dieu ? Sa révolte est vaine, il se prépare seulement plus de souffrances, pour lui et pour les autres. Ces souffrances lui feront comprendre qu’on ne peut pas s’opposer aux lois de Dieu, sans se détruire soi-même.

La loi la plus élevée de Dieu, c’est l’amour. C’est pourquoi, tout ce que l’homme entreprend sans prêter attention à son prochain, sans compassion et sans miséricorde, est voué à l’échec. Il ne restera rien des tourbillons qu’il provoque. Le puissant courant du plan de rédemption se déroule tranquillement ― et c’est rassurant.

Combien de fois, dans leur suffisance, les hommes ont essayé d’imposer leurs propres plans ! Et chaque fois, ce fut un lamentable naufrage. Soit, nous nous rallions aux lois spirituelles de Dieu, soit nous nous y opposons et sombrons de façon pitoyable.

Aujourd’hui, c’est l’effervescence, de grands bouleversements se préparent. Combien de changements sont intervenus ces dernières décennies ! Pourtant ce n’est pas comparable avec les évènements qui vont bientôt surprendre la planète. Le chrétien y est préparé. L’apôtre Paul n’a-t-il pas déjà parlé de ces choses-là ?

« Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront : Paix et sureté ! Alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point. » ― 1 Thessaloniciens 5 : 1-3.

Ne savons-nous pas que le jour du Seigneur est venu, exactement « comme un voleur dans la nuit » ? L’apôtre Pierre le dit clairement : « Les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies… Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. » ― 2 Pierre 3 : 7, 13.

Dieu est en train de mettre quelque chose de nouveau en place. Ce ne sont pas les choses actuelles qui seront améliorées, c’est un changement radical, aux antipodes de ce que l’imagination humaine « normale » pourrait concevoir.

Dieu répond à la plainte du prophète Habacuc par une merveilleuse promesse : « Car la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. » ― Habacuc 2 : 14 ; Ésaïe 11 : 9.

Cela signifie un total bouleversement de la manière de penser : une nouvelle mentalité émergera grâce à la connaissance du caractère et du Plan de Dieu. Parallèlement à la lumière projetée dans ce monde de pensées et de sentiments sombres, l’humanité comprendra que tous ses efforts inutiles, ses pensées insensées, et ses actions destructrices ont été nécessaires pour expérimenter les effets du mal et l’action du « Malin », ce dont elle se souviendra éternellement.

L’esprit de ce monde s’oppose à l’influence de l’Esprit de Dieu comme un rempart qui semble indestructible. Mais bientôt la puissance de l’Esprit divin va détruire ce « rempart », dont il ne laissera « ni racine ni rameau » ― Malachie 4 : 1.

Le monde est complètement secoué. Combien de grands et fiers personnages ont été assassinés ! Et si nous remontons dans l’histoire, combien d’efforts et de projets humains ont duré dans le temps ?

Il est toujours douloureux d’assister au renversement de chères habitudes, ou à la destruction d’institutions précieuses, respectées et vénérées. Le matérialisme que l’humanité révère est une vision éphémère. Dieu ne détruira certainement pas la terre, et ne changera pas tous les hommes en êtres spirituels. Il a créé l’homme pour qu’il habitât la terre. (Genèse 1 : 27, 28). Mais l’homme ne servira plus Mammon et les idoles. « Il ne regardera plus vers les autels, ouvrages de ses mains, et il ne contemplera plus ce que ses doigts ont fabriqué, les idoles d’Astarté et les statues du soleil. » (Ésaïe 17 : 8). Dieu offrira des choses nouvelles, merveilleuses, Dieu offrira la VIE. La vraie vie sans le germe de la mort ! Les chrétiens ne prient-ils pas depuis deux mille ans : « Que ton règne vienne ! » ?

Le temps approche où les hommes se donneront la main, fraternellement et avec amour. Est-ce une utopie ? L’amour est le grand mystère de Dieu qu’Il tient prêt pour tous ceux qui voudront le développer. L’amour a vaincu le plus grand ennemi de l’homme, la mort, par Jésus-Christ, notre Sauveur. L’amour résoudra dans l’avenir tous les autres problèmes.

Les gens éclairés pensent que la situation mondiale actuelle terriblement tendue, se terminera dans une épouvantable catastrophe. Ils pensent juste. Mais, comme ils ne connaissent pas la « Bonne Nouvelle » de la Parole de Dieu, ils n’imaginent pas la grande délivrance qui aura lieu après celle-ci. Ils ne savent pas que Dieu a prévu Jésus-Christ comme Sauveur de l’humanité. Ils ne savent pas non plus que ce Sauveur prépare de nouvelles choses : une nouvelle vie, la connaissance de la volonté et du Plan de Dieu, le rétablissement de tous les hommes de bonne volonté.

Notre grand Dieu réalise ses promesses pas à pas. La parole qui sort de sa bouche ne retourne pas à Lui sans effet, sans avoir exécuté sa volonté et accompli ses desseins.

« Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. Oui, vous sortirez avec joie, et vous serez conduits en paix ; Les montagnes et les collines éclateront d’allégresse devant vous, et tous les arbres de la campagne battront des mains. Au lieu de l’épine s’élèvera le cyprès, au lieu de la ronce croîtra le myrte ; et ce sera pour l’Éternel une gloire, un monument perpétuel, impérissable. » ― Ésaïe 55 : 11-13.

« C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Voici, j’ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; Celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir. » ― Ésaïe 28 : 16.

« Il est bon d’attendre en silence Le secours de l’Éternel. » ― Lamentations 3 : 26.

TA – Janvier-Février 1997