Le mystère caché depuis les siècles

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Auteur : Leszek Sz. , Conférence Pentecôte, le 24/05/2026, Vigy

– Sujet #05 –

Le mystère caché depuis les siècles.

Chers frères et sœurs, j’aimerais partager avec vous une réflexion que j’ai intitulée : Le mystère caché depuis les siècles.

Il s’agit d’une expression de l’apôtre Paul qui, dans sa lettre aux frères de Colossiens, évoque un certain mystère. Lisons : Colossiens 1 : 24-26 : « Maintenant, je me réjouis dans les souffrances que j’endure pour vous et je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps, qui est l’Église. J’ai été établi serviteur de cette Église selon le dessein de Dieu, qui a été formé à mon égard pour vous, afin de faire connaître pleinement la Parole de Dieu, le mystère caché depuis les siècles et depuis les générations, mais maintenant révélé à ses saints. »

Savons-nous ce qu’est ce mystère ? Bien sûr que nous le savons, car dans le verset suivant, l’apôtre explique qu’il s’agit de « Christ en vous, l’espérance de la gloire. » Voici exactement ce qu’il dit, au verset 27 : « C’est à eux que Dieu a voulu faire connaître, c’est-à-dire à ses saints, quelle est la richesse de la gloire de ce mystère parmi les païens, qui est Christ en vous, l’espérance de la gloire ». À partir de ces mots, nous voyons que l’apôtre Paul est fasciné par le fait que Dieu a révélé, dévoilé à l’Église, aux disciples de Jésus, de grandes promesses concernant toutes les nations. Des espérances qui, auparavant, n’étaient pas certaines, n’étaient pas clairement comprises. Et maintenant, il explique en outre que la garantie de ces espérances, c’est Christ en vous. Que signifie Christ en vous ?

Lorsque nos pensées remontent au commencement de l’histoire de l’homme, nous voyons que l’humanité a toujours été mise à l’épreuve par le mal. Et il était difficile pour les hommes de comprendre la nécessité de cette expérience.  Dieu a maintes fois évoqué son intention de ramener l’homme dans la communion et de le bénir. Mais on ne savait pas comment cela se ferait, ni qui serait cet être qui aiderait l’homme. Ce fut un mystère pendant 4 000 ans et ce n’est qu’après la résurrection de Christ que cela a été révélé.

Lorsque nous imaginons nos premiers parents dans le jardin d’Éden, nous les voyons plongés dans la tristesse, sous le poids d’une juste punition pour leur péché. Ils étaient sans espoir, à l’exception d’une vague promesse selon laquelle la descendance de la femme écraserait la tête du serpent. Aujourd’hui, cette promesse nous est compréhensible et évidente. Mais pour nos premiers parents, ce n’était qu’une minuscule lueur qui aurait pu s’éteindre dans leur cœur lorsqu’ils ont vu mourir leur enfant.

2 000 ans plus tard, Dieu appela Abraham et lui promit que sa descendance serait une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Il semblait que le temps de la bénédiction pour l’humanité allait bientôt devenir réalité. Isaac, l’enfant de la promesse, est arrivé. Est-ce que quelque chose a changé ? Les années passaient et il semblait que la promesse divine avait échoué.

Cependant, la foi de quelques personnes restait fermement attachée à cette promesse et était nourrie par Dieu. À la mort de Jacob, ses enfants donnèrent naissance à une nation nombreuse et purent ressentir la bénédiction de Dieu. Notamment grâce à l’hospitalité de la puissante nation égyptienne. Mais lorsqu’ils commencèrent à être traités comme des esclaves, leur espoir disparut presque complètement. La conduite de Dieu était trop difficile à comprendre.

À un certain moment, Moïse apparut, le grand libérateur par lequel Dieu fit sortir le peuple d’Israël de l’esclavage en accomplissant de nombreux miracles. À la fin de sa vie, ce porte-parole du Seigneur prononce cette phrase : Deutéronome 18:15 : « Le Seigneur, ton Dieu, te suscitera du milieu toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi. Vous L’écouterez. »

Cette déclaration transmet une information importante, à savoir que non seulement le peuple dans son ensemble aura le privilège de participer à l’œuvre de bénédiction du monde, mais que l’un d’eux sera choisi et mènera à l’accomplissement de la promesse faite aux pères. Josué et d’autres grands hommes sont apparus, mais l’accomplissement des promesses n’était pas en vue. Certains, cependant, ont cru fermement aux paroles divines et ont continué à attendre le grand libérateur, dont Moïse, Josué, David ou Salomon n’étaient que des figures.

À peu près à l’époque où le Seigneur Jésus est né, de nombreuses personnes attendaient le Messie, le futur roi d’Israël, qui, par Israël, devait devenir le souverain du monde entier. Cet espérance était inspirée par des figures et des prophéties qui parlaient de sa grandeur et de sa puissance. Par exemple : le chapitre 5 d’Ésaïe, où le prophète dit qu’ « on L’appellera : Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » C’est ce fait entre autres qui a contribué à faire passer inaperçues les figures et les prophéties évoquant les souffrances et la mort. Notamment des faits tels que les événements de la Pâque précédant la libération de tout le peuple d’Égypte, ou encore les sacrifices offerts par les prêtres.

Israël a négligé le fait que les prophètes s’efforçaient de comprendre que les souffrances devaient s’abattre sur le Christ, et que ce n’est qu’ensuite que viendrait la glorification. L’apôtre Pierre parle de ces recherches menées par les prophètes en 1 Pierre 1: 10-11 : « C’est ce salut que les prophètes ont recherché et interrogé, ceux qui ont prophétisé sur la grâce qui vous était destinée, s’efforçant de discerner à quel moment ou à quelle époque l’Esprit du Christ, agissant en eux, faisait allusion, lui qui annonçait les souffrances à venir sur le Christ, mais aussi la gloire qui devait suivre. » Peut-être l’apôtre avait-il à l’esprit le chapitre 9 de la prophétie de Daniel, où, en réponse à une prière, un ange vient expliquer à Daniel la prophétie des soixante-dix semaines.

Le Seigneur Jésus savait qu’il était nécessaire de comprendre les temps et Il a dit que les Juifs « n’avaient pas compris le temps où ils ont été visités. » Luc 19:44. Il a alors ajouté que cela entraînerait de grandes épreuves. Cette incompréhension du plan de Dieu n’a pas épargné ses disciples les plus proches. Rappelons-nous les paroles sincères qu’ils ont prononcées après la mort du Seigneur, alors qu’ils se rendaient à Emmaüs : « Et nous, nous espérions qu’Il rachèterait Israël. » Luc 24:21. La confiance totale qu’ils plaçaient en Lui les amenait à ne voir que les espérances futures. Ils n’avaient pas compris que la mort du Seigneur était nécessaire pour que leurs attentes se concrétisent. Ils n’avaient pas non plus conscience du fait que cette mort était la garantie de l’établissement de la Nouvelle Alliance promise. Quand ils apprirent que le Seigneur Jésus était ressuscité d’entre les morts, leurs espoirs se ravivèrent.

Et lorsque, après sa résurrection, le Seigneur s’apprêtait à les quitter, ils Lui posèrent une dernière question, liée à cet espoir qu’ils nourrissaient depuis si longtemps et qui ne cessait d’être reporté. Ils demandèrent : « Seigneur, est-ce en ce temps-là que Tu rétabliras le royaume d’Israël ? » Leurs espérances étaient justifiées, mais ils ignoraient quand cela se réaliserait. C’est ce qui ressort de la réponse du Seigneur : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. » Actes 1, 6-7. Après cette conversation, après l’ascension du Seigneur Jésus, les disciples se sont certainement posé la question : Quelle tournure va prendre désormais le Plan divin ? Un Plan que le Seigneur avait présenté principalement à travers des paroles obscures et des paraboles.

Je suis convaincu qu’ils ne pouvaient pas comprendre ce Plan avant d’avoir reçu l’Esprit promis. Mais même après ce grand et merveilleux événement, il leur a fallu un certain temps pour analyser et comprendre l’œuvre qui s’accomplissait, ainsi que son lien avec l’alliance d’Abraham. Tout comme ce mystère caché depuis des siècles et des générations, que nous avons lu dans la lettre aux Colossiens 1:26-27. Quel est ce mystère ? « Christ en vous, l’espérance de la gloire. »

Avant d’approfondir ce sujet, je vais partager avec vous les questions et les réflexions qui me sont venues à l’esprit concernant l’attitude du peuple juif. Pourquoi, alors qu’Israël attendait le Messie, la quasi-totalité du peuple n’a-t-elle pas reconnu et accepté le Seigneur Jésus ? Je pense que les raisons en étaient très simples, très humaines. À titre d’exemple, je citerai trois raisons :

1. Première raison. Ceux qui avaient les promesses de Dieu et s’en consolaient, ne cherchaient et ne voyaient en elles que ce qui leur était agréable, profitable et qui les rapprochait de Dieu. C’est pourquoi nous ne sommes pas surpris par la mère des fils de Zébédée, qui est venue vers le Seigneur et a intercédé pour ses deux fils. Elle connaissait leur désir sincère et a exprimé leur volonté d’être proches du Seigneur. Le Seigneur n’a réprimandé ni la mère ni ses fils pour cela, mais leur a simplement demandé s’ils pouvaient boire la coupe qu’Il allait boire. Et eux, répondant à la question du Seigneur, sans hésitation, ont dit qu’ils le pouvaient. Je suis convaincu qu’ils demandaient une proximité physique, une action commune, comme c’était le cas jusqu’alors. Ils ne comprenaient pas ce que signifiait boire la coupe – ni aujourd’hui, ni plus tard. Ils ne savaient pas non plus ce qu’impliquait le fait d’être près de Lui dans Son royaume.

2. Deuxième raison. Les Juifs avaient reçu l’assurance que, par eux, toutes les nations seraient bénies. Alors, que font-ils ? Ils s’imaginent une bénédiction à la manière des hommes, par la possibilité de régner. Ils attendent donc un roi et prient pour lui. Un descendant de David, si grand, qui les mènera à régner sur tous. Leurs attentes étaient si évidentes et connues de tous qu’Hérode, qui craignait beaucoup la concurrence, a ordonné de faire tuer tous les enfants de Bethléem. Ils espéraient et se préparaient à régner et gouverner, et non à souffrir et servir les autres, comme le faisait le Seigneur Jésus.

3. Une autre raison. Ils avaient reçu la loi de Dieu. Ils s’y plongeaient, s’efforçaient de la connaître avec précision. Mais cette belle loi leur servait à quoi avant tout ? À juger les autres. L’apôtre en fait mention dans Colossiens 2:16 : « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune ou d’un sabbat. » Et il semble qu’ils l’aient négligé et n’aient pas cherché à comprendre comment cette loi devait les aider dans leur vie quotidienne, comment elle devait façonner leurs relations avec les autres et comment elle devait améliorer leur caractère.

Ce sont notamment ces attentes et ces comportements qui les ont amenés à ne pas accepter le Messie envoyé. Car l’image qu’ils avaient de Lui et leurs attentes étaient différentes. L’apôtre Pierre l’a remarqué et, dans son sermon au temple, il a dit : « Frères, je sais que vous avez agi par ignorance, tout comme vos chefs. » Actes 3:17. Cette erreur a entraîné de grandes épreuves et la perte de leur priorité dans l’accès aux bénédictions de Dieu. Ont-ils été complètement rejetés ? Heureusement, non. Au sujet de leur trébuchement, l’apôtre Paul s’exprime ainsi dans Romains 11:11 : « Je dis donc : Est-ce pour tomber qu’ils ont bronché ? Loin de là. Car par leur chute le salut est devenu accessible aux païens, afin de susciter en eux de la jalousie. » C’est par leur chute que le salut nous est parvenu. Dans cette lettre, l’apôtre explique clairement que les Juifs espèrent toujours recevoir la bénédiction de Dieu.

Dans ce onzième chapitre, l’apôtre parle aussi de nous, les païens. Lisons : Romains 11:19-21 : « Tu diras donc : « Les branches ont été coupées pour que je sois greffé. À juste titre ! Elles ont été retranchées à cause de leur incrédulité, mais toi, tu subsistes par la foi ; ne t’enorgueillis pas, mais prends garde. Car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il ne t’épargnera pas non plus. » L’apôtre attire l’attention sur le danger que l’histoire puisse se répéter. Pour le peuple élu, le plus grand ennemi c’était eux-mêmes, c’était leur façon de penser. Il en va de même pour nous aujourd’hui. Nous sommes la plus grande menace pour nous-mêmes. Aujourd’hui, dans nos études et nos conversations avec les frères, nous cherchons souvent les signes du retour du roi. C’est bien de le faire. Mais n’oublions-nous pas de nous rendre dignes, de nous préparer à le rencontrer ?

Parfois, nous voulons décider à Sa place qui est Son frère et le nôtre, à qui nous pouvons dire « paix ». Et nous oublions que c’est nous qui devrions être les artisans de la paix. Peu importe la maison dans laquelle nous entrons. J’ai remarqué qu’avant la Cène, je discute avec les frères de la date, de l’heure de la célébration de la Pâque, de la question de savoir si un chevreau a pu être utilisé ou non. Ces sujets sont intéressants, captivants et nécessaires, tant qu’ils ne servent pas de sujets de substitution, pour éviter de parler de la façon dont je me prépare à la Cène, de la manière dont j’ai purifié mon cœur, ou de mes efforts pour en chasser le levain ? De la façon dont j’ai lavé les pieds des autres et si mon aide est une bénédiction pour eux ? Mon comportement ne met-il pas quelqu’un dans l’embarras ?

Revenons à notre sujet : « Christ en vous, l’espérance de la gloire. » Comme nous l’avons déjà dit, c’était un grand mystère caché, pendant des siècles, jusqu’au début de l’ère de l’Évangile. Aujourd’hui, c’est toujours un mystère, sauf pour une classe particulière, pour les saints, c’est-à-dire pour les croyants consacrés.

Il semblait nécessaire de cacher ces promesses et ces possibilités dans des images, dans des paraboles. Peut-être que la révélation de tout cela aurait pu entraîner des tentatives de faire échouer ce Plan merveilleux, dont l’Apôtre, citant le prophète Ésaïe, a dit : « Ce que l’œil n’a pas vu et que l’oreille n’a pas entendu, et ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, c’est ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. » 1 Corinthiens 2:9.

Que cache donc l’expression Christ en vous ?  Le mot « Christ » est un terme grec qui signifie « oint » ou « consacré ». Nous savons que dans l’Israël antique, on oignait d’huile les rois, les prêtres et les prophètes. Cet acte signifiait l’élection divine.

L’apôtre Pierre, prêchant dans la maison de Corneille, a dit du Seigneur Jésus que « Dieu L’a oint du saint Esprit et de puissance. » Actes 10:38. Et l’apôtre Jean, s’adressant à nous, dit que « l’onction que vous avez reçue demeure en vous. » 1 Jean 2:27. Ces déclarations nous permettent d’être certains que le titre de Christ revient bien au Seigneur Jésus. Au cours de l’ère de l’Évangile, cette onction a également été reçue par les apôtres et les autres disciples de Jésus. Et tous ceux-là, avec Jésus, leur chef et Seigneur, constituent l’Oint de Yahvé, c’est-à-dire le Christ. Et ce détail, à savoir que Christ, l’Oint qui sera le libérateur n’est pas une personne unique, mais un ensemble, était ce grand mystère pour tous.

Une autre surprise et un autre mystère résidaient dans le fait que les membres de ce Christ « élargi » pouvaient ne pas être des Israélites uniquement. L’apôtre l’explique en détail dans sa lettre aux Galates. À titre d’exemple, lisons Galates 3:28-29 : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni libre, il n’y a ni homme ni femme ; car vous êtes tous un en Jésus-Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. »

Ce mystère, à savoir que le Christ se compose de nombreux membres qui ne viennent pas nécessairement du peuple d’Israël, a été révélé. De même, les relations mutuelles au sein du Christ, ainsi que leur manière particulière de communiquer et d’agir les uns avec les autres, sont largement décrites et illustrées dans la Parole de Dieu. Réfléchissons-y un instant. Par exemple : la vigne et les sarments du chapitre 15 de l’Évangile selon Jean. Dans cette parabole, le Seigneur Jésus montre la nécessité d’émonder les sarments qui poussent sur le vrai cep et qui puisent la nourriture indispensable par son intermédiaire. Qui effectue cette taille nécessaire ? Ce ne sont pas les sarments qui le font, c’est le vigneron, qui n’est autre que Dieu lui-même.

Dans cette parabole, le Seigneur Jésus attire également l’attention sur un autre point qui m’intéresse particulièrement. Il dit que vous pouvez accomplir beaucoup de choses, dans divers domaines. Le pouvons-nous ? Eh bien oui, nous le pouvons. 3.  Nous pouvons produire beaucoup de fruits, organiser des rassemblements, faire des conférences, publier des revues, réconforter nos frères, leur remonter le moral et faire bien d’autres bonnes choses. Et le Seigneur dit : « sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Évangile selon Jean 15:5. Qu’est-ce que cela signifie ? Sans moi, c’est-à-dire sans que le Seigneur n’approuve et ne supervise nos actions, et sans sa bénédiction, nous ne ferons rien de bon par nous-mêmes, ni pour Lui, ni pour nos frères, ni même pour nous-mêmes.

Nous pouvons voir d’autres relations et dépendances entre les membres du Christ dans les paroles du prophète. Ésaïe 28:16 : « C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, le Tout-Puissant : Voici, je pose en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire précieuse, solidement établie : celui qui croit ne chancellera pas. » Dieu pose sur Sion, dans la phase spirituelle de son Royaume, une pierre. Cette pierre, c’est le Seigneur Jésus. Le prophète énumère quatre de ses caractéristiques, qui sont aussi des valeurs :

– une pierre éprouvée,

– précieuse,

– une pierre angulaire,

– et solidement ancrée.

Ces quatre valeurs peuvent former les quatre faces d’une pyramide. Et cette pyramide est pour nous un modèle auquel nous devons nous conformer si nous voulons nous édifier en une maison spirituelle, en une Église.

Ces quatre caractéristiques indiquent également les domaines dans lesquels nous serons mis à l’épreuve.

1. La pierre éprouvée. Il est dit du Seigneur Jésus « qu’Il a été tenté en tout, sans commettre de péché. » Hébreux 4:15. Et l’apôtre Pierre nous dit de ne pas nous étonner lorsque nous sommes éprouvés. 1 Pierre 4:12. Cette fournaise sert à nous mettre à l’épreuve, et ce, sous différents angles. Le Seigneur a préparé ses disciples à cela lorsqu’il a dit : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera aussi. » Jean 15:20. Et nous le savons en théorie, nous en sommes conscients. Mais lorsqu’une tribulation nous frappe, nous sommes toujours surpris par l’ampleur et la manière dont nous sommes éprouvés. Exemples : la solitude nous surprend, alors que nous savons que le Seigneur Jésus en a fait l’expérience à maintes reprises. Nous sommes étonnés que nos proches, nos frères, ne nous comprennent pas, alors que le Seigneur a parlé à plusieurs reprises de sa mort et que les apôtres ne l’ont pas compris, ils n’ont pratiquement pas entendu ces paroles. Nous sommes étonnés que nos amis puissent nous calomnier et nous faire du mal, alors qu’un disciple proche du Seigneur l’a trahi pour quelques misérables pièces d’argent.

2. La deuxième caractéristique est celle de la pierre précieuse, de grande valeur. En quoi résidait la valeur du Seigneur Jésus ? Sa valeur résidait notamment dans le fait qu’Il s’est volontairement, de son plein gré, engagé à participer activement à l’œuvre de la rédemption de l’homme. Dieu Lui-même a dit de Lui : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie. » Nous avons l’assurance que le Seigneur Jésus est précieux pour le Père. Et nous, sommes-nous précieux ? L’apôtre Pierre explique qu’autrefois, nous n’étions pas le peuple de Dieu, mais que nous le sommes désormais. « Nous sommes un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis. » 1 Pierre 2:9. L’apôtre ajoute que cette exaltation nous engage. Nous devons confirmer la justesse de ce choix divin. Comment pouvons-nous le confirmer ? Tout comme le Seigneur Jésus. Par le désir de servir volontairement les autres. Une vie parmi les hommes, une vie semblable à celle d’une ville située sur une montagne, qui sert de repère et de refuge aux voyageurs.

3. La troisième description est celle de la pierre angulaire. Le terme « pierre angulaire » a changé de sens aujourd’hui, mais il est toujours associé au début d’une nouvelle construction. Dans le livre de Job 38, la pierre angulaire est assez clairement associée à la mesure. Ceux qui ont déjà eu affaire à une construction, quelle qu’elle soit, savent qu’il y a un point à partir duquel on détermine toutes les dimensions et toutes les limites. Si l’on utilise une pierre pour marquer ce point, ce sera la pierre angulaire. L’apôtre Paul nous parle des dimensions spirituelles nécessaires à notre édification spirituelle. Éphésiens 3:17-18. Le Seigneur Jésus est la pierre angulaire pour les apôtres et pour nous, car Il est le premier commencement du magnifique Royaume. Il est aussi notre modèle parfait, le point de référence vers lequel nous tournons constamment notre regard.

Les apôtres étaient également conscients qu’ils étaient eux aussi des modèles à imiter. C’est exactement ce qu’a écrit l’Apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens 3:17 : « Soyez mes imitateurs, frères, et regardez ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous. » Nous devons nous aussi être des modèles. Des modèles pour nos frères, mais aussi pour toutes les personnes qui nous entourent, afin qu’elles voient nos bonnes œuvres, prennent exemple sur nous et louent l’Éternel, si ce n’est aujourd’hui, au moins le jour de leur visitation.

4. La quatrième dans caractéristique, qui est aussi une valeur, est : solidement enraciné. Nous sommes certains que le Seigneur Jésus était solidement enraciné. Ancré dans la foi, dans la connaissance du Plan de Dieu, dans l’amour, en un mot : en tout. Cela se voyait déjà à l’époque où Il était encore un jeune garçon. Il avait alors déclaré qu’Il devait être tout ce qui est à son Père. Luc 2:49. Peu après son baptême, Satan L’a tenté. Mais le Seigneur a facilement repoussé toutes ses propositions. Pourquoi ? Parce qu’Il était ancré dans la connaissance de la volonté du Père, qu’Il connaissait son Plan et comprenait son rôle ici-bas. Et il a déclaré avec fermeté qu’Il ne servirait que Lui. Cela s’est également vu clairement lors de son arrestation à Gethsémané. L’un des apôtres voulut Le défendre. Le Seigneur l’en empêcha, et que dit-Il alors ? « Penses-tu que Je ne puisse pas demander à mon Père, et qu’Il ne me donnerait pas maintenant plus de douze légions d’anges ? » Matthieu 26:53.

De même, les disciples de Jésus doivent avoir, comme Lui, un solide fondement. Ce fondement, c’est la volonté de Dieu que nous apprenons à connaître grâce à des outils comme les doctrines et toute Sa Parole. Cette connaissance est pour nous un processus, souvent long, dans lequel notre Seigneur nous aide et nous protège souvent, comme une poule protège ses poussins sous ses ailes. Ce processus d’apprentissage et d’édification doit nous conduire à l’enracinement, illustré par la maison bâtie sur le roc.

L’apôtre Paul montre d’autres relations mutuelles au sein du Christ dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, à partir du verset 12. Nous ne retiendrons que quelques indications. L’apôtre commence par une vérité fondamentale qui était un mystère, mais que nous connaissons désormais. À savoir : Christ n’est pas une seule personne. 1 Corinthiens : 12:12. « Car, de même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, et que tous les membres du corps, bien qu’ils soient nombreux, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ. »

À partir du verset 15, il commence à expliquer comment cela doit se traduire dans la pratique, dans la vie quotidienne. Il utilise la structure de notre corps physique pour illustrer ces relations particulières. Un corps que nous expérimentons chaque jour et que nous comprenons bien. Lisons le verset 15 : « Si le pied disait : « Puisque je ne suis pas une main, je n’appartiens pas au corps », n’appartient-elle pas pour autant au corps ? » Cette déclaration de l’apôtre attire notre attention sur l’image que nous avons de nous-mêmes. Parfois, nous voyons des frères agir d’une façon différente de la nôtre. Souvent, ils sont plus doués que nous, plus actifs au sein de la communauté. Et cela peut m’amener à penser que je ne présente aucun intérêt, car je ne suis pas aussi actif que les autres. Tout le monde autour de moi en fait plus. Et ce qu’ils font est nécessaire, visible, bien vu et très important. Une telle façon de penser peut m’amener à conclure que je ne peux pas être membre de ce corps.

D’après les paroles de l’apôtre, nous voyons qu’une telle façon de penser est erronée. Car c’est Dieu qui a placé les membres comme Il l’a voulu, comme Il l’a jugé pour le mieux. Le mieux pour le Christ tout entier, pour le Plan de Dieu et le mieux pour chacun de ses membres. Rappelons-nous que, puisque nous avons été achetés à un grand prix, comme l’a dit l’apôtre dans 1 Corinthiens 6 : 20, puisqu’Il s’est fait connaître à nous, qu’Il nous a donné la possibilité de nous approcher de Lui, nous avons de la valeur à ses yeux, et pas qu’un peu. Une si faible estime de soi ne sied pas à un enfant de Dieu, et n’a pas grand-chose à voir avec l’humilité.

Au verset 17, l’apôtre Paul explique même la nécessité d’une telle grande diversité au sein du seul Christ. « Si tout le corps était œil, où serait l’ouïe ? Et si tout le corps était ouïe, où serait l’odorat ? » Dans un corps sain, pour un fonctionnement normal, il faut différents organes avec leurs capacités et leurs fonctions variées. Parmi nous, nombreux sont ceux qui font l’expérience de l’affaiblissement de certains sens. Par exemple : notre vue baisse, nous perdons l’odorat ou l’ouïe. Même une légère détérioration de ces fonctions nous met mal à l’aise. Si nous perdons complètement ne serait-ce qu’un seul de nos sens fondamentaux, c’est une catastrophe. Nous devenons invalides.

De même, en Christ, tous sont nécessaire. Pas seulement ceux que l’on voit ou que l’on entend. Pas seulement ceux que nous aimons rencontrer, avec qui nous discutons de sujets profonds et dont nous écoutons les discours édifiants et inspirants. Mais tout le monde. Même le petit doigt de la main, qui semble peu utile, voire parfois superflu. Mais il assure 50 % de la prise de la main entière. Nous n’en avons pas conscience, mais il est indispensable pour tenir fermement des objets.

Nous savons que, dans le corps de Christ, nous sommes tenus de prendre soin les uns des autres et d’aider ceux qui sont dans le besoin. Et c’est ce que nous faisons. Beaucoup d’entre nous prennent soin des malades et des personnes seules, leur rendent visite et les soutiennent. Il y a quelque temps, une personne malade en Ukraine avait un besoin urgent d’un antibiotique. Indisponible chez eux, et chez nous utilisé uniquement dans les hôpitaux sous surveillance médicale. Plusieurs personnes se sont engagées dans cette entreprise périlleuse. Il y avait très peu de temps, les tâches étaient nombreuses, et il fallait donc que plusieurs personnes s’y consacrent. L’achat de ce médicament nécessitait des documents délivrés par différentes personnes, ce pour quoi il n’y avait pas le temps. Tout a donc été convenu oralement, les documents requis ont été complétés par la suite. 24 heures plus tard, ce médicament était entre les mains de la personne qui en avait besoin.

Frères et sœurs, j’en parle, car souvent nous ne savons pas qui participe à une aide aussi urgente et nécessaire. Ces personnes qui aident sont généralement anonymes pour nous. Nous ne connaissons que ceux qui en sont les instigateurs. Mais ces anges, inconnus de la majorité, sont nombreux. Ils accomplissent tant de choses très importantes et nécessaires, à notre insu ; lorsque nous les rencontrons, nous ne soupçonnons même pas qu’ils accomplissent un tel travail pour cette seule personne.

Cette ignorance ne devrait pas nous surprendre. L’apôtre, au verset 23, souligne que nous prenons également soin de nos membres honteux. Et c’est vrai. Toutes les maladies et infirmités physiques sont honteuses. Mais plus encore, nous avons honte et cachons nos problèmes de santé mentale, de pauvreté, de violence, de conflits familiaux, de dépendance, de mauvaises décisions prises dans la vie.

Et pour aider dans de tels cas, on a très souvent besoin des membres du Christ, discrets, modestes et invisibles. Pour moi, ce sont des anges. Ils sont invisibles, discrets, mais peuvent être à la fois très forts et efficaces. Ils savent aider, sans divulguer les situations gênantes de leurs frères. Ils le font, bien que tous ces cas les accablent physiquement et psychologiquement.

Il est temps de conclure. Sur quoi ai-je voulu attirer l’attention et que voulais-je transmettre à travers cette réflexion ? J’ai mentionné au début que l’apôtre Paul était fasciné par le fait que Dieu ait révélé aux disciples de Jésus des promesses cachées. Personnellement, je suis surpris et fasciné par le soin que le Créateur met à montrer les relations internes au sein du corps du Christ. Cette insistance sur le soin que nous portons les uns aux autres. C’est une illustration de la nécessité des différentes compétences et des différents centres d’intérêt de chaque membre. Et en outre, cela nous fait prendre conscience que le test décisif de notre appartenance au Christ réside dans nos relations internes et les sentiments que nous éprouvons envers nos frères. Le Seigneur Jésus l’a confirmé par ces mots :  « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13:35.

Chers frères et sœurs, je souhaite pour nous tous, que le Seigneur Jésus voie en nous ses disciples et ses frères.