LE ROYAUME EN TABLEAU
Marc 9 : 2-13
« Et il y eut une voix venant de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. Et la voix s’étant fait entendre, Jésus se trouva seul. » ― Luc 9 : 35 – Darby.
Nos études continuent de porter sur le royaume de gloire du Messie. La leçon d’aujourd’hui relate une illustration sous forme de tableau donnée à Ses disciples à ce sujet. Cette leçon a profondément impressionné les trois Apôtres qui ont été témoins de la vision, à savoir Pierre, Jacques et Jean. St. Pierre s’y référa par la suite dans son épître (2 Pierre 1 : 16-19 – Darby), en disant : « Car ce n’est pas en suivant des fables ingénieusement imaginées, que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais comme ayant été témoins oculaires de sa majesté … étant avec lui sur la sainte montagne. »
Jésus prépara ses disciples à la vision de la transfiguration en leur disant : « Il y en a parmi ceux qui se tiennent ici qui ne goûteront point la mort avant d’avoir vu la Majesté Royale de Dieu manifestée avec puissance. » (selon Matthieu 16 : 28). L’événement restera gravé dans leur mémoire. Jésus avait prédit sa mort, contrairement aux attentes antérieures des Apôtres, et maintenant Il cherchait à amener progressivement leur esprit à réaliser que sa mort ne signifierait pas une répudiation de la promesse du royaume et de sa gloire, mais l’accomplissement de leurs attentes sur un plan plus élevé. Cinq jours avant sa crucifixion, Jésus s’offrirait selon les règles à İsraël comme Roi, monté sur un âne ; Il serait méprisé, rejeté et crucifié, mais sa fonction et son œuvre royales n’en seraient que confirmées. Son autorité pour être Roi de la terre, son autorité pour libérer l’humanité du pouvoir du péché et de la mort, son autorité pour élever l’humanité et amener la terre entière aux conditions du Paradis, tout cela reposait sur sa mort en sacrifice au Calvaire.
Tout cela fut présenté six jours plus tard aux trois disciples choisis. Jésus les emmena au sommet de la montagne et fut transfiguré devant eux. Sa chair et ses vêtements brillaient et resplendissaient de blancheur, à la manière des anges ; la vision représentait ainsi le Seigneur après avoir fait l’expérience du changement opéré par la résurrection, passant des conditions terrestres aux conditions célestes. Puis, « deux hommes » s’entretinrent avec Lui, dit St. Luc (9 : 30, 31), « apparaissant dans la gloire », rayonnant, mais moins que Jésus.
D’une certaine manière, ils reconnurent ces deux hommes de la vision comme étant Moïse et Élie. Ils les entendirent parler avec Jésus de sa mort, « qu’il allait accomplir à Jérusalem », dit St. Luc. On ne nous dit pas combien de temps dura la vision, mais St. Pierre, pensant qu’il devait faire quelque commentaire sur la situation, et ne sachant que dire, suggéra de construire trois tentes, une pour Jésus, une pour Moïse, une pour Élie. Il pensait manifestement que le Maître se réjouirait d’une telle communion bénie, et il était prêt à faire quoi que ce soit pour Lui venir en aide.
« CELUİ-Cİ EST MON FİLS BİEN-AİMÉ »
Alors une voix se fit entendre de la nuée qui recouvrait la scène, disant : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Et soudain la vision disparut, et ils ne virent plus que Jésus, seul avec eux, et Il n’avait plus cette apparence radieuse. Que pouvait signifier tout cela ? Il se peut que plusieurs bonnes leçons aient pu en être tirées : (1) Pendant les six jours qui ont suivi l’annonce des souffrances, de l’ignominie et de la mort à venir du Maître, nous pouvons supposer que les Apôtres avaient le cœur triste, qu’ils étaient désemparés. Dans cet état, le fait d’avoir été témoins de cette vision qui témoignait de Jésus sans qu’ils en comprennent la signification, mais qui leur montrait que la mort qu’Il avait prédite était une certitude, connue de Dieu et approuvée par Lui, pouvait être d’un grand réconfort et fortifier leur foi.
(2) La voix venant de la nuée serait un nouvel encouragement pour leur foi. Ils avaient cru que Jésus était tout ce qu’Il prétendait être ― le Fils du Très-Haut. Ils avaient cru qu’Il n’était pas un membre ordinaire de la famille humaine, né dans le péché, mais qu’Il était issu d’en haut d’une manière particulière et spéciale par la puissance divine. Ils avaient cru à son propre témoignage selon lequel Il était issu et venait de Dieu et qu’Il retournerait auprès du Père, et maintenant leur foi était renforcée ; Dieu Lui-même avait témoigné de cette façon miraculeuse que Jésus était son Fils, son Bien-aimé, son Unique.
« NE PARLEZ À PERSONNE DE CETTE VİSİON ».
Alors que les Apôtres redescendaient du flanc de la montagne avec Jésus, s’interrogeant sur le sens de la vision qu’ils avaient eue, Jésus leur dit : « Ne parlez à personne de cette vision jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. » (Matthieu 17 : 9 – Stapfer). « Et ils gardèrent pour eux la chose, tout en se demandant entre eux ce que signifiait (ce que le Seigneur entendait par) ressusciter des morts. » (Marc 9 : 10 – Crampon). C’est ainsi que, petit à petit, le Grand Maître a fait comprendre à ses vrais disciples de grandes vérités qu’ils n’auraient pas pu apprendre autrement, puisqu’ils n’avaient pas encore été engendrés du saint Esprit ; car le saint Esprit n’avait pas encore été donné, la bénédiction de la Pentecôte n’était pas encore venue, car Jésus n’avait pas encore souffert, n’était pas encore ressuscité des morts, et n’était pas monté paraître devant Dieu pour faire Expiation du péché en leur faveur.
Le fait que Moïse et Élie soient apparus aux Apôtres aussi réels que s’ils étaient en vie ne contredit pas les paroles de Jésus selon lesquelles ce qu’ils ont vu était une vision. Nous devons nous souvenir des nombreuses visions données plus tard à l’un de ces apôtres, St. Jean, rapportées dans le Livre de l’Apocalypse. Dans ces visions, St. Jean a vu des anges et des hommes, des cavaliers, des bêtes, des couronnes, etc., et il a entendu des voix, des chants, des paroles, etc., tout comme dans cette vision.
LA SİGNİFİCATİON DE LA VİSİON
Nous avons les paroles de St. Pierre (2 Pierre 1 : 16) qui viennent corroborer ce texte : ce qu’ils ont vu sur la montagne représentait la majesté royale du Messie ― le royaume du Messie. Moïse représentait les fidèles d’İsraël naturel, la « maison des serviteurs » ; « Moïse, en tant que serviteur, était fidèle sur toute sa maison ». Élie représentait Le Christ dans la chair, la maison des fils, qui est en cours de développement tout au long de cet âge de l’Évangile. Tout le peuple de Dieu consacré, engendré de l’esprit, au cours de cet âge, est représenté par Élie, qui, selon la promesse de Dieu, devait venir avant que le Messie n’établisse son royaume. En d’autres termes, la classe d’Élie est composée de Jésus et de tous ses disciples à travers cet âge de l’Évangile ― dans leur condition terrestre ou charnelle, engendrés de l’esprit, mais pas encore nés esprit.
Cette classe d’Élie dans son ensemble doit être développée et doit accomplir une œuvre dans le monde avant que le véritable royaume du Messie puisse être établi. La glorification de Jésus, après sa mort et sa résurrection, était nécessaire ; mais en tant qu’Être glorifié, Il se tenait entre la classe de Moïse, appelée précédemment, et la classe d’Élie, qui venait juste de commencer à être appelée pour être sa cohéritière dans le royaume. Il se trouvait donc entre les deux, et la crucifixion à Jérusalem allait remplir toutes les conditions nécessaires à l’avènement du règne Messianique.
Mais la glorification de Jésus n’était pas la seule chose nécessaire ; l’église entière ― le corps ― doit souffrir avec Lui et être complète, réunie avec Lui au-delà du voile, avant que la gloire du royaume puisse être pleinement établie. Ce travail d’appel et de préparation d’une classe d’Élie est en cours depuis plus de dix-huit siècles et nous croyons qu’il est maintenant presque terminé. De même que Jean-Baptiste fut le précurseur de Jésus dans la chair, de même ce plus grand Élie, l’église dans la chair, est le précurseur du grand Messie sur le plan spirituel. Nous devons souffrir avec Lui si nous voulons avoir part à sa résurrection et à sa gloire. Telle était la leçon de la vision de la transfiguration.
Les disciples s’étonnaient et s’interrogeaient, disant : « Pourquoi les Pharisiens et les Scribes nous disent-ils, » selon les Écritures, « qu’Élie doit venir premièrement. » (Matthieu 17 : 10). Jésus répondit que, d’une certaine manière, pour ceux qui pouvaient le comprendre, Jean-Baptiste était ainsi venu, et avait présenté Jésus comme le Messie, et que Jean-Baptiste avait en quelque sorte accompli cette prophétie lorsqu’il avait présenté le Roi-Rédempteur.
Les paroles de St. Pierre, déjà évoquées, nous convainquent pleinement que la scène de la transfiguration était une vision de la gloire à venir de Christ : « Nous avons été les témoins oculaires de sa Majesté … sur la montagne sainte. » Il n’y a donc aucun doute quant au fait que le royaume promis viendra finalement. La vision sur la montagne nous le confirme. Cependant, les prophéties d’autrefois, qui annonçaient la venue et le règne du Messie, sont encore plus authentiques, « plus sûres », elles ne peuvent faillir ; le royaume n’attend que les souffrances de ceux qui seront les membres du corps de Christ. Ensuite, lors de la seconde venue de Jésus, ceux-ci seront bénis et glorifiés, et la classe représentée par Moïse sera également bénie et employée comme instruments du royaume. Ainsi, dans la vision, le royaume tout entier était représenté : tout d’abord, par Jésus Lui-même, ensuite par Élie, qui représentait la classe de l’église, et enfin par Moïse, qui représentait les fidèles sur le plan terrestre, par lesquels les bénédictions célestes se déverseront sur l’humanité.
WT1912 p5121