« UN SARMENT DE VİGNE »
« Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. » ― Jean 15 : 1, 2.
Nous trouvons dans les Écritures de nombreux symboles du développement de la vie spirituelle en Christ, illustrés par une plante. Nous lisons en Psaume 1 : 3 : le juste « est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point. » Et encore : « Les justes croissent comme le palmier, ils s’élèvent comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de l’Éternel, ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu. » ― Psaume 92 : 13, 14.
Les palmiers poussent et produisent continuellement des feuilles, à la différence des autres arbres qui cessent de se développer à un moment donné. Quelle belle image de notre foi ! Si Christ est en nous, et nous en Lui, alors notre vie spirituelle se développe en permanence. C’est ce que nous recommandent les apôtres Pierre et Paul : « Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. » (2 Pierre 3 : 18). « … mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. » (Éphésiens 4 : 15). L’idée est que la vie en Christ ne s’arrête jamais, mais croît constamment.
En Apocalypse 3 : 15, il est écrit à propos de l’Église de Laodicée : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. » Extérieurement, celle-ci possédait tout ce dont une Église avait besoin pour grandir dans sa vie spirituelle. Elle disait : « Je suis riche, je me suis enrichie et je n’ai besoin de rien. » Et pourtant il lui manquait quelque chose : recevoir Christ, le Seigneur de l’Église ! Le Seigneur lui dit : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. » Il se tient dehors, et attend qu’on Lui ouvre la porte. « Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » ― Apocalypse 3 : 17, 20.
Il s’agit de la nourriture dont nous avons besoin quotidiennement pour vivre et grandir. Ce que Jésus veut faire comprendre à ses disciples actuels, c’est qu’ils soient intimement liés avec son Esprit et non pas qu’ils suivent ses préceptes en apparence.
Les Chrétiens qui se conformaient de loin à ses enseignements, en sont arrivés à s’ériger en juges de leurs frères, à les battre et les tuer spirituellement. Ils persécutaient les autres croyants et les menaçaient du bûcher. Tout cela n’a rien à voir avec l’Esprit de Christ.
Non, le Seigneur désire être en communion avec ceux qui, dans leur cœur et leur esprit, sont devenus semblables à Lui. Une des caractéristiques d’un développement sain est le calme. Aucune plante ne peut prospérer, si on l’examine et la transplante tout le temps.
C’est la même chose dans notre vie spirituelle. Nous devons nous reposer en Christ. Certaines personnes sont inquiètes. Elles veulent savoir si elles croissent. Elles doutent de la voie à prendre, chaque émotion les agite et elles ne parviennent pas à grandir. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerais du repos » (Matthieu 11 : 28), dit Jésus. Nous devons trouver le repos en Lui et rien ne devrait nous en faire sortir.
Une plante respire pour vivre. La respiration pour une plante, c’est la prière pour le chrétien. « Priez sans cesse » dit Paul en 1 Thessaloniciens 5 : 17 et « persévérez dans la prière » en Romains 12 : 12. De la même manière que nous respirons en continu pour vivre, nous devrions rechercher la communion avec notre Seigneur et notre Père céleste dans la prière.
La nourriture de la plante est également importante. L’arbre tire sa nourriture du sol. Nous aussi nous tirons notre nourriture du « sol » Jésus-Christ, sur lequel nous sommes plantés ― ou selon une autre figure ― du cep auquel nous sommes attachés : « Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15 : 4, 5). La Parole de Dieu est notre nourriture durant notre pèlerinage. Il est indispensable que nous soyons nourris quotidiennement.
La plante a besoin de l’alternance soleil-pluie pour bien pousser et se fortifier. Nous rencontrons des joies et des encouragements sur notre route, mais aussi souffrances et peines qui sont indispensables pour fortifier notre foi.
Produire du fruit
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » ― Jean 12 : 24.
Le Seigneur parle ici de Lui-même et aussi de tous les fidèles de l’âge de l’Évangile. Que cette image est juste, mais aussi encourageante ! Elle nous montre clairement ce qu’est notre devoir : « Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie [qui donc la sacrifie] dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. » (Jean 12 : 25). La « crucifixion » ou « mort » de notre vieille nature est notre seule voie ; celle sur laquelle notre nouvelle nature atteindra la vie, celle qui amènera notre nouvelle vie à maturation.
Le Seigneur dit aussi : « Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié. » (Jean 15 : 8). Le plus important ici, c’est que le Père soit glorifié. Il sera honoré, s’Il peut faire de nous, d’un « vase brisé », un ustensile qu’Il pourra utiliser ; s’Il fait de nous quelque chose que nous n’aurions pas pu faire avec notre seule énergie. Ce « fruit » représente la transformation de notre caractère en une véritable ressemblance à Christ. Car nous sommes appelés à refléter le caractère de Christ dans notre vie quotidienne, que nous soyons observés ou non. Le Seigneur ne veut pas une simple contribution, Il désire que nous soyons tout à Lui.
Un enfant de Dieu, au bureau, à l’usine ou en service, s’il ne se laisse pas décourager par les moqueries sur les principes et la notion de justice divine, son attitude témoigne de la gloire de Dieu. Si un disciple du Seigneur fait son possible, quand son travail est surveillé et critiqué, s’il ne se fâche pas, s’il n’attend ni remerciement ni reconnaissance et accepte cette humiliation (permise par le Seigneur) avec patience, même avec gratitude, c’est aussi « porter du fruit » pour sa gloire.
Le palmier
Si un arbre n’est jamais secoué par la tempête, il ne se développe pas normalement. Il en est de même de la croissance de notre vie intérieure et de notre maturation, nous avons besoin des tempêtes dues aux difficultés et aux tentations. On dit que les fruits des palmiers sont d’autant meilleurs qu’ils sont vieux. C’est aussi valable pour notre vie dans la foi. La paix dont nous bénéficions, devrait se renforcer avec les années, et notre foi en la toute-puissance et l’amour de Dieu être de plus en plus ferme. Il est encourageant et stimulant de rencontrer sur le chemin étroit des compagnons croyants dont les fruits de l’esprit se révèlent toujours plus mûrs et excellents !
Un palmier pousse bien droit, comme le cèdre du Liban, ce qui les rend remarquables. Les enfants de Dieu devraient croître de la même façon, pour qu’ils témoignent d’un état moral franc et sincère. Des personnes sur lesquelles on peut compter quant à leur probité.
On remarque que les feuilles des palmiers ne poussent qu’au sommet de l’arbre ; d’en-bas, on ne voit que le tronc sans branches et les stigmates de feuilles desséchées. C’est aussi une image du croyant. Plus longtemps nous marchons sur la voie de la reconnaissance de Dieu, plus nous nous élevons, et plus notre vie et nos connaissances deviennent vertes et fraîches. Mais, vue d’en-haut, du point de vue de Dieu, la couronne de cet arbre doit être verte. Peu importe que, vue d’en-bas, nous paraissions sans ornements, simples et peu attirants.
C’est la manière de procéder de Dieu de ne pas tenir compte de ce que les hommes estiment digne d’admiration ― « afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu ». La conduite de Dieu ne peut pas être plus clairement décrite que par ce qu’écrit l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 1 : 18-29.
« Plantés dans la maison de l’Éternel, ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu. » ―Psaume 92 : 13.
Qu’est-ce que cela signifie ? Notre ancien état ressemblait à un séjour dans un désert vide et aride. Nous vivions dans le péché, loin de Dieu. Nous faisions ce qui nous plaisait, sans nous préoccuper de ce qui plaisait à Dieu.
Mais tout a changé depuis que nous sommes dans « la maison de Dieu ». Au lieu de suivre notre propre volonté, nous avons envie de donner notre vie à Christ ; et c’est ainsi que nous avons trouvé la terre, d’où nous tirons la nourriture de la véritable vie.
Les incroyants vivent toujours dans « le désert ». Ils s’inquiètent de leur honneur les uns vis à vis des autres, ils se disputent l’influence, la gloire et la réussite. Et pourtant, tout cela est « vanité et poursuite du vent » (Ecclésiaste 1 : 14 ; 2 : 11, 17, 26 ; 4 : 4). Cependant, ils sont accablés de soucis, et ne savent pas ce qu’est la vraie « liberté ». Mais celui qui a été transplanté dans la « terre » de Jésus-Christ, dépose tous ses soucis sur Celui qui prendra soin de lui.
« Être transplanté » ne veut pas dire, vouloir éviter l’un ou l’autre vice ― ne plus fumer, arrêter de boire ou renoncer à des comportements destructeurs. Non, nous devrions être tirés d’une vie de péchés avec toutes ses racines et replantés dans la « terre » Jésus-Christ. Remettons notre cœur sans partage au Seigneur, Jésus doit prendre possession de nous, la vérité doit gagner nos cœurs. Alors les forces de vaincre nous envahissent et nous conduisent si possible vers une nouvelle vie.
Le palmier n’a pas besoin d’un grand apport d’eau pour s’épanouir et donner des fruits excellents. Comment expliquer cela ? Ses racines s’enfoncent profondément dans le sol jusqu’à ce qu’il trouve assez d’eau.
La vie du croyant dépend-elle uniquement de sa relation avec les autres ? La nouvelle créature se meurt-elle en lui si, pendant un certain temps, il n’a pas l’occasion d’échanger ses idées et ses sentiments avec les frères ? Doit-il poursuivre sa vie dans la solitude ? N’aurait-il pas suffisamment appris à enfoncer ses racines profondément dans le « sol » Jésus-Christ ? Considérons les prophètes et les apôtres ; avec quelle persévérance ils ont marché, solitaires, sur le chemin tracé par Dieu !
Comment s’appelle l’eau sans laquelle nous ne pourrions vivre ? C’est l’eau de la vie, qui coule en Christ, qu’II a préparée pour nous, et qu’Il nous offre. « Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » ― Jean 4 : 14.
Buvons de cette eau, et nous grandirons et porterons du fruit en l’honneur de notre Seigneur et de notre noble Créateur par sa grâce et sa miséricorde !
TA Mai-Juin 1998