LA COURSE QUİ EST DEVANT NOUS

Listen to this article

Notre texte thématique est tiré d’Hébreux 12 : 1 : « C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous. » (Darby)

Dans le 11ème chapitre de l’épître aux Hébreux, l’apôtre énumère nombre d’Anciens Dignes, puis nous exhorte à jeter un regard en arrière sur le dernier témoignage de ces personnages de grande foi, en considérant ce qu’ils ont enduré et combien ils ont été fidèles et loyaux envers Dieu.

Et bien qu’ils soient maintenant dans la tombe en attendant la résurrection, l’Apôtre suggère que nous pensions à eux, non seulement comme à des exemples de fidélité, mais comme à une nuée de témoins actuels. Cette pensée est suggérée en Hébreux 11 : 4 qui fait référence à Abel, le premier des Anciens Dignes, « par lui (son sacrifice), étant mort, il (Abel) parle encore ». (Darby)

Une autre traduction rend notre texte en Hébreux 12 : 1 différemment : « Puisque nous avons une telle foule d’hommes de foi qui nous observent depuis les tribunes, débarrassons-nous de tout ce qui nous ralentit ou nous retient, et surtout de ces péchés qui nous enserrent si étroitement autour de nos pieds et nous font trébucher ; et courons avec patience la course particulière que Dieu a placée devant nous. » (Living Bible).

Le raisonnement est le suivant : si les Anciens Dignes ont manifesté une telle fidélité, s’ils ont tant enduré et doivent pourtant recevoir une récompense bien moindre que la nôtre, quel témoignage cela devrait-il constituer pour nous ! Quel exemple, quelle puissante incitation à demeurer fidèles dans notre course vers un prix bien plus glorieux : celui de devenir fils de Dieu sur le plan divin, d’atteindre la nature divine et de régner avec Christ.

Examinons maintenant cette course qui nous est proposée dont la victoire sera si glorieuse.

En quoi consiste notre parcours de course ? Quel est notre objectif ? Quel est le but que nous visons ?

Nous lisons en Romains 8 : 29 concernant la prédestination de la classe de l’Église selon la prescience de Dieu : « Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils. » (Segond)

Nous lisons également en Romains 12 : 2 : « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée. » (Semeur)

C’est donc là notre objectif : nous développer pleinement en tant que nouvelles créatures, devenir semblables à Christ et à Dieu dans notre esprit, dans les intentions de notre cœur. Et en même temps, nous devons maîtriser, au mieux de nos capacités, les tendances de notre nature humaine déchue. Si nous accomplissons cela fidèlement, nous obtiendrons notre couronne.

En 1 Corinthiens 9 : 24-27, l’Apôtre utilise à nouveau la course pour illustrer le parcours du chrétien. Je vais lire le texte à partir d’une traduction moderne qui le rend plus significatif.

« Dans une course, tout le monde court, mais une seule personne remporte le prix. Alors, cours pour gagner. Pour gagner la compétition, tu dois renoncer à bien des choses qui t’empêcheraient de faire tout ton possible. »

Cela confirme les mots de notre texte thématique : « rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement » (Segond).

Nous poursuivons la lecture en 1 Corinthiens 9 : 24-27 : « Un athlète se donne tout ce mal juste pour remporter un ruban bleu ou une couronne qui se fane rapidement, mais nous, nous le faisons pour une récompense céleste qui ne disparaîtra jamais. C’est pourquoi je cours droit vers le but, avec détermination à chaque pas. Je me bats pour gagner. Je ne me contente pas de faire semblant ou de m’amuser. Comme un athlète, je maltraite mon corps, je le traite durement, je l’entraîne à faire ce qu’il doit faire, et non ce qu’il veut faire. Sinon, je crains qu’après avoir enrôlé d’autres personnes pour la course, je sois moi-même déclaré inapte et contraint de me retirer. » (Living Bible).

Dans le volume 6 des « Études dans les Écritures », le frère Russell suggère que le parcours de la course chrétienne peut être divisé en quatre étapes, indiquant notre progression sur le chemin étroit.

Puisque Dieu est Amour et que nous cherchons à développer un caractère à son image, tout le parcours de la course est amour, du départ à l’arrivée. Et l’on entre dans la course par la consécration.

La première étape à franchir est l’amour par devoir. Nous nous disons que puisque Dieu a tant fait pour nous, nous devons Lui montrer notre reconnaissance. Puisque Christ a donné sa vie pour nous, nous devons donner notre vie les uns pour les autres.

La deuxième étape est l’amour pour Dieu en raison de son glorieux caractère. Nous avons progressé. En étudiant la parole de Dieu, nous en sommes venus à discerner un peu de la justice, de la sagesse, de l’amour et de la puissance de Dieu. Nous pratiquons maintenant la justice non seulement parce que c’est notre devoir, mais parce que nous aimons la justice.

Nous passons ensuite à la troisième étape qui nous amène à un plus grand amour pour les frères. À ce stade, nous sommes en mesure de voir les frères sous un jour quelque peu différent de celui que nous avions auparavant. Nous pouvons maintenant les voir comme de Nouvelles Créatures. Nous pouvons faire la différence entre elles et leurs corps mortels imparfaits. Nous apprenons à aimer les frères en tant que Nouvelles Créatures et à compatir à leurs diverses faiblesses et erreurs de jugement de leur chair. Notre amour devient si profond que nous prenons plaisir à donner notre vie pour eux, sacrifiant nos propres intérêts terrestres pour les servir.

La quatrième étape est l’amour pour nos ennemis. C’est la marque de l’amour parfait. C’est vraiment un amour semblable à celui de Dieu, car Jean 3 : 16 nous dit que « Dieu a tant aimé le monde (le monde pécheur de l’humanité, ses ennemis) qu’il a donné son fils unique ».

Et nous lisons en Romains 5 : 8 « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.» (Segond).

Atteindre ce degré d’amour, c’est être à la ressemblance du caractère de Dieu. C’est ce que Jésus enseigne en Matthieu 5 : 44, 45 : « Aimez vos ennemis, […], et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ; afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux (en d’autres termes, posséder ses caractéristiques) ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Segond)

Ceux qui atteignent cette marque et s’y maintiennent fidèlement jusqu’à leur mort, seront des copies du Fils bien-aimé de Dieu, et recevront la récompense et seront cohéritiers dans le Royaume.

L’apôtre Paul participait à cette course. Il gardait toujours en vue le but qu’il avait devant lui. Il courait vers celui-ci et l’atteignit avec ardeur. C’est ainsi qu’il écrit en Philippiens 3 : 13, 14 : « […] je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ. » Faisons de même.

Nous ne devons pas oublier que nous développons une nature spirituelle. C’est en cela que consiste la Nouvelle Créature engendrée de l’Esprit. Et en tant que sarments de la vigne, nous devons porter des fruits spirituels.

Galates 5 : 22, 23 énumère les fruits de l’Esprit : « Le fruit de l’Esprit c’est l’amour, la joie, la paix, la patience [ou longanimité], la bienveillance [ou la bonté], la bénignité, la foi [ou la fidélité], la douceur, la tempérance [ou maîtrise de soi] ».

On remarque que l’amour est en tête de liste, c’est le plus grand et le plus important. C’est le début et la fin de notre parcours.

Dans la Réimpression 2481, le frère Russell énumère les différentes grâces dont nous devons nous revêtir, en les appelant les glorieuses qualités de cœur.

Et puis il cite Colossiens 3 : 14 : « Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection. » (Darby)

Il commente ensuite : L’amour est ainsi présenté comme la ceinture qui attache et maintient en place les plis de la robe de la justice du Christ ornée de ses diverses grâces.

Et dans la Réimpression 4042, le frère Russell traite de l’armure complète de Dieu, dont nous devons nous revêtir. Et il dit qu’assurément toutes ses parties sont reliées par l’amour.

Nous voyons que l’amour relie et englobe toutes les autres vertus du caractère chrétien.

Quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? ». ― Matthieu 22 : 36.

À l’époque, la loi juive comptait 3600 commandements, et la question posée à Jésus était de savoir lequel était le plus important.

« Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. » ― Matthieu 22 : 37, 38.

Puis, Il cita le second en importance. Quel était-il ? L’amour de nouveau. Verset 39 : « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Pour les Juifs, c’était la Loi, un commandement qui leur promettait la vie s’ils l’observaient parfaitement, ce qu’il leur était impossible à accomplir.

Mais pour nous, l’amour est le fruit de l’esprit de Dieu et l’évidence que nous sommes ses enfants et ses héritiers, membres de sa famille.

Il est écrit en 1 Jean 4 : 16 : « … Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » (Segond)

Comprenons-nous tout ce que cela implique ?

Si nos vies consacrées sont motivées et gouvernées par l’amour et que Dieu est amour, nous sommes fondés pour demeurer en Dieu.

Et ceci est confirmé en Actes 17 : 28 : « Car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. » (Segond)

Mais l’Écriture va encore plus loin : Elle dit aussi que si nous demeurons dans l’amour, Dieu demeure en nous. Comment ceci est-il possible ? Le Dieu tout-puissant peut-Il habiter dans nos pauvres corps humains ? Bien sûr que non. Alors comment Dieu habite-t-Il en nous ?

La réponse se trouve en 1 Corinthiens 3 : 16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

C’est par son esprit que Dieu habite en nous, par sa sainte influence.

Nous devons Lui faire de la place pour qu’Il entre en nous en demeurant dans l’amour :

– En L’aimant suprêmement, nos prochains comme nous-mêmes et nos frères mieux que nous-mêmes.

– En élargissant nos cœurs pour recevoir pleinement l’esprit d’amour ; Il habitera alors vraiment en nous.

L’amour est une caractéristique essentielle de Dieu et a un pouvoir énorme.

L’apôtre Paul a dit dans 2 Timothée 1 : 7 : « Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. »

Remarquez que la force et l’amour sont associés. L’amour a du pouvoir. Il a le pouvoir de vie et de mort.

Permettez-moi d’illustrer mon propos. Il y a plusieurs années, à l’hôpital Bellevue de New York, le personnel du service pédiatrique a été confronté à un fait tragique. Ils perdaient 32% des enfants de moins d’un an, soit près d’un tiers d’entre eux. Les enfants mouraient principalement de maladies bénignes. Les médecins étaient perplexes. Il n’y avait aucune raison apparente à cela. Les enfants recevaient les meilleurs soins médicaux connus de la science. Ils avaient un environnement propre et exempt de germes. Leur alimentation était soigneusement élaborée avec les meilleurs ingrédients. La température était correctement régulée. Les lits étaient confortables. Tout semblait optimal. Et pourtant, les bébés mouraient.

Finalement, l’un des médecins a suggéré que la seule chose que l’hôpital ne prodiguait pas était l’amour. C’était une idée révolutionnaire mais ils étaient désespérés. Ils ont donc lancé un appel à des « Volontaires du Cœur ». Des femmes étaient recherchées pour venir s’occuper des bébés et leur donner de l’amour, plusieurs heures par jour. Des centaines de femmes ont répondu parce qu’elles avaient, elles aussi, un besoin. Le besoin d’aimer quelqu’un. Elles ont pris les bébés dans leurs bras, leur ont parlé, les ont nourris, leur ont chanté des petites berceuses, leur ont montré de l’affection, leur ont donné de l’amour.

Le taux de mortalité a immédiatement commencé à chuter. En quatre mois, il était tombé presque à zéro.

Cet incident démontre la puissance de l’amour, même naturel, dont Dieu a doté ses créatures humaines. Un pouvoir énorme, le pouvoir de la vie et de la mort.

Combien plus de puissance est exercée par la forme supérieure d’Amour dont l’esprit de Dieu a doté ses Nouvelles Créatures en Christ ?

L’amour a ceci de particulier, c’est qu’il se développe en donnant. Un sage a dit : On naît avec les qualités que l’on extériorise habituellement. Si vous répondez par la haine, vous devenez haineux. Si vous pratiquez la critique, vous devenez querelleur. Si vous donnez de l’amour, vous devenez aimable.

Tout comme ces femmes de Bellevue qui ont été comblées et récompensées par l’amour en donnant de l’amour aux bébés, développons notre amour en le donnant.

Et nous avons besoin de l’amour spirituel que chaque membre de la maison de Dieu peut apporter. Nous devons l’avoir, sinon nous mourrons en tant que nouvelles créatures. Tout comme ces bébés de Bellevue sont morts.

Faisons donc de plus en plus de place dans notre cœur pour qu’il soit rempli de l’esprit d’amour, qui est l’essence même du caractère de Dieu. Il a un pouvoir immense, il nous transformera. Et c’est à nous de le faire nôtre.

Nous sommes exhortés en 1 Pierre 1 : 22 : « Par votre obéissance à la vérité, vous avez purifié votre être afin d’aimer sincèrement vos frères. Aimez-vous donc ardemment les uns les autres de tout votre cœur. » (Semeur)

L’amour dont parle l’Apôtre ne doit pas être confondu avec la sentimentalité ou l’attachement romantique. Ce sont les choses de l’homme naturel. Je ne dis pas qu’elles sont mauvaises ou pécheresses, mais simplement qu’elles ne sont pas ce à quoi l’Apôtre fait référence.

L’amour dont il est question ici est immensément plus profond, plus vaste et plus noble. Cette forme supérieure d’amour est l’ingrédient le plus important du caractère chrétien, le fruit le plus important de l’esprit.

Jésus en a fait une condition et une preuve de la qualité de disciple. Ainsi, Il a dit en Jean 13 : 34, 35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Segond)

En 1 Corinthiens 13 : 13, l’apôtre Paul cite d’autres fruits de l’esprit, puis ajoute : « mais le plus grand d’entre eux est l’amour ».

L’apôtre Jean en 1 Jean 3 : 14 souligne combien l’amour pour les frères est essentiel lorsqu’il dit : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. »

Maintenant, interrogeons-nous : Sommes-nous passés de la mort à la vie ? Avons-nous franchi le cap ? Sommes-nous de nouvelles créatures ou sommes-nous encore morts avec le monde ?

Telle est la règle. C’est le test : L’amour pour les frères. Il est important de nous tester nous-mêmes pour savoir si nous sommes passés de la mort à la vie. Il ne doit y avoir aucun doute dans notre esprit.

Afin d’être rassurés et encouragés, rappelons-nous maintenant des différentes façons dont nous pouvons manifester notre amour pour les frères. Et pour savoir aussi que nous progressons vraiment dans la course qui nous est proposée.

  1. Nous pouvons manifester notre amour pour les frères en ne retenant jamais des paroles de réconfort au milieu des épreuves et des difficultés. Par nos paroles de réconfort nous démontrons que nous ne manquons pas d’Esprit Saint. Car le Saint-Esprit a été donné comme consolateur. Non seulement de nos propres cœurs, mais aussi des autres à travers nous, comme il est écrit en 2 Corinthiens 1 : 3, 4 : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction ! » (Segond)

Je crains que les tentatives de certains de nos chers amis pour réconforter les autres n’aient l’effet inverse. Par exemple, si je souffre, cela n’est pas d’un grand réconfort de me dire sans ménagement : « À quoi t’attendais-tu ? Tu savais bien que tu allais avoir des épreuves, n’est-ce pas ? ». Bien sûr, c’est vrai, mais ce n’est pas très réconfortant.

Il vaut mieux dire : « Je suis sûr que le Seigneur t’aime et qu’il a quelque chose de bon en réserve pour toi quand tout cela sera terminé ». Ou encore : « N’oublie pas qu’Il ne te permettra pas d’avoir plus d’épreuves que tu ne peux en supporter ». Ou peut-être simplement : « Je suis vraiment désolé. Comment puis-je t’aider ? ». De telles paroles sont à la fois vraies et réconfortantes.

  • Nous pouvons montrer notre amour pour nos frères en étant des auditeurs compatissants. Parfois, le fait de confier ses chagrins et ses perplexités à une oreille compatissante soulage le fardeau du cœur.

La sympathie a été définie comme « ta douleur dans mon cœur ». Nous pouvons répondre avec tendresse. C’est ce qu’a fait Jésus lorsque Lazare est mort et que ses sœurs étaient dans un profond chagrin. Jésus a partagé leur douleur. Il a pleuré avec elles. Mais, en réalité, Il n’avait aucune raison personnelle de s’affliger, bien au contraire. Il savait que, dans quelques minutes, Il allait joyeusement ramener Lazare à la vie. Pourtant, Il pleura. Son cœur tendre était touché par la tristesse de Marie et de Marthe à ce moment-là.

Et c’est ce que l’Apôtre nous dit de faire en Romains 12 : 15, 16 : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. »

Une autre traduction du texte le rend encore plus significatif : « Quand les autres sont heureux, réjouissez-vous avec eux. S’ils sont tristes, partagez leur chagrin. Ayez une pleine sympathie les uns pour les autres. »

  • Une autre manière consiste à donner des conseils, mais uniquement lorsqu’on nous les demande. Et de préférence en racontant nos propres expériences que nous avons vécues, et les leçons que nous en avons tirées.
  • Nous pouvons manifester notre amour à ceux qui sont accablés en les assurant que nous allons prier pour eux, et y donner suite en mentionnant leur nom et leur besoin particulier devant le trône de grâce. Nous sommes assurés qu’une telle prière « peut beaucoup ». ― Jacques 5 : 16. (Darby)
  • Il y a ensuite un autre moyen pratique et tangible de montrer notre amour pour les frères et, en même temps, de démontrer notre amour pour Dieu. Et cela nous est dit en 1 Jean 3 : 17 : « Si quelqu’un qui possède les biens de ce monde voit son frère dans le besoin et lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu peut-il demeurer en lui ? » (Segond 21)

Bien que les occasions d’aider financièrement ne se présentent pas très souvent, à notre époque où l’aide publique est si couramment disponible, néanmoins, ceux que le Seigneur a bénis avec une abondance matérielle devraient être attentifs à saisir de telles opportunités. Et savez-vous qu’en réalité, vous vous rendez service ? Pourquoi ? Parce que la loi d’Israël, en Deutéronome 15 : 10, concernant l’aide aux frères pauvres déclare : « Tu lui donneras sans hésiter, et ton cœur ne s’en affligera pas quand tu lui donneras, car c’est pour cela que l’Éternel, ton Dieu, te bénira dans toutes tes œuvres et dans tout ce que tu entreprendras. » (Version en anglais moderne)

C’était la promesse de bénédictions terrestres pour leur générosité, mais en ce qui nous concerne, nous recevrons la contrepartie spirituelle de celles-ci, une récompense bien plus grande. Ne voulons-nous pas que le Seigneur nous bénisse dans tout notre travail ? Et dans tout ce que nous entreprenons dans notre course chrétienne ?

Mais nous n’aidons pas nos frères dans l’espoir d’une récompense, mais parce que nous les aimons. Et en agissant ainsi, nous démontrons notre amour pour le Seigneur.

Mais il y a un autre côté à cette médaille.

  • Nous pouvons montrer notre amour pour les frères en nous aidant nous-mêmes autant que possible. Et ceci, en n’étant pas un fardeau pour nos frères. L’amour est un désir désintéressé de faire du bien aux autres, c’est pourquoi nous devrions préférer aider nos frères, plutôt que de leur faire porter nos fardeaux.

Actes 20 : 35 nous dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».

Et bien que l’apôtre Paul dise en Galates 6 : 2 : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. » Il a ajouté au verset 5 : « car chacun portera son propre fardeau. »

  • Nous pouvons montrer notre amour pour les frères en prenant conscience qu’ils sont imparfaits tout comme nous. Et en exerçant la grâce de la bienveillance chrétienne les uns envers les autres.

Comme l’apôtre Paul le rappelle en Éphésiens 4 : 1, 2 : « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité. »

Si tous étaient parfaits dans la chair, il n’y aurait aucune occasion d’exercer cette grâce. Mais il arrive parfois qu’il soit nécessaire d’énoncer certaines vérités sans détour à ceux qui sont pris en faute et qui, pour un temps, permettent aux faiblesses de leur chair déchue d’interférer avec leur bien-être en tant que nouvelles créatures ou avec celui des autres.

En pareilles circonstances, nous pouvons montrer notre amour en parlant avec gentillesse, tout en étant conscients de nos propres faiblesses. Ainsi, comme le dit l’apôtre Paul en Éphésiens 4 : 15 : « mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. » (Segond).

Mais il arrive souvent que la meilleure façon de montrer notre amour pour un frère qui a dévié du droit chemin est de fermer les yeux discrètement sur ses fautes involontaires. Patientons, tout en nous remettant au Seigneur, qu’Il le corrige en son temps et à sa manière, plutôt que de troubler la paix de l’église. Le Seigneur comptera cela comme étant enduré pour l’amour de son Corps.

Quels que soient nos efforts, tant que nous serons dans la chair, il est vrai que nous commettrons des fautes.

Jacques 3 : 2 : « Car chacun de nous commet des fautes de bien des manières ». (Semeur)

  • Nous pouvons montrer notre amour pour nos frères en passant sous silence leurs fautes et en leur pardonnant.

Des divergences d’opinions légitimes surgiront entre nous et nos frères. Si on leur laisse le champ libre, elles peuvent devenir des sujets de discorde. Mais nous pouvons montrer notre amour pour nos frères et pour l’Église en contrôlant notre langue.

Si nous savons, par expérience, quels sont les points susceptibles d’engendrer des conflits, nous pouvons faire tous les efforts raisonnables pour éviter de formuler des divergences d’opinion sur des points non essentiels, et éviter ainsi les disputes.

Cela peut sembler difficile mais c’est une bonne discipline. Cherchons humblement à suivre l’avertissement de l’apôtre Paul dans 2 Corinthiens 13 : 11 : « Soyez d’accord entre vous. Vivez dans la paix » (Semeur).

  • Nous pouvons manifester notre amour pour nos frères en faisant tout ce que nous pouvons pour nous édifier mutuellement dans notre très sainte foi, pour encourager les frères à demeurer fidèles à la vérité que notre Seigneur, à son retour, nous a donnée par le serviteur fidèle et prudent. Et tout cela se trouve dans les 6 volumes des études dans les Écritures, les Figures du Tabernacle et ses autres écrits.

Nous pouvons exhorter nos frères à ne jamais la délaisser et à ne pas s’en écarter. Rappelons-leur Hébreux 13 : 9 : « Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères, car il est bon que le cœur soit affermi » Et aussi en Romains 16 : 17 : « Je vous engage instamment, chers frères et sœurs, à prendre garde à ceux qui sèment la division et égarent les autres en s’opposant à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. » (Semeur)

  1.  Une autre manière consiste à tenir compte des particularités de chaque tempérament. Nous ne devons pas accorder d’honneurs à ceux à qui cela pourrait nuire. Mais d’autre part, nous devons veiller à ce que les personnes modestes et moins qualifiées reçoivent les égards et la reconnaissance qui leur sont dus.

Aimer les frères de cette façon, est rapporté en 1 Jean 3 : 18 : « N’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. »

  1. Une autre façon de montrer notre amour pour nos frères, est d’aider par le précepte et par l’exemple les faibles, les hésitants et les timides. Ainsi, nous pourrons aider ceux qui manquent de combativité, d’estime de soi, et ceux qui sont spirituellement faibles à prendre des forces. Nous les encourageons à s’appuyer sur les promesses du Seigneur et à faire confiance à sa providence en leur faveur.

Il est écrit en 1 Thessaloniciens 5 : 14 : « consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles. »

Nous pouvons leur rappeler l’assurance des Écritures que Dieu est fidèle et ne permettra pas que nous soyons éprouvés au-delà de nos forces – qu’Il est attentif à chacun de nos besoins, que sa sollicitude aimante à notre égard est certaine et totale – que pas même un moineau ne tombe à terre sans qu’Il le remarque.

Parfois, dans le stress de la vie, ces précieuses promesses sont temporairement oubliées. Les remémorer peut donc être rafraîchissant et tonifiant pour les âmes fatiguées. Et nous pouvons les encourager à se rappeler de la providence du Seigneur à leur égard, comment Il les a conduits dans le passé, et comment Il continuera à le faire.

  1. Avec un cœur rempli d’amour pour les frères, nous passerons tellement de temps à nous occuper de nos propres affaires que nous n’aurons pas le temps de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas. Ceux qui s’intéressent à des affaires qui ne les concernent pas particulièrement négligent rapidement leurs propres affaires. Ils deviennent tel que Paul les décrit en 1 Timothée 5 : 13 : « non seulement oisives, mais aussi bavardes et curieuses, et parlant de ce qui ne convient pas. » (Ostervald)

Ceux qui agissent ainsi ne se font pas seulement du tort à eux-mêmes, mais jettent aussi le discrédit sur la cause de Christ. Comme il est écrit en 1 Pierre 4 : 15 : « Que nul de vous, en effet, ne souffre comme … s’ingérant dans les affaires d’autrui. »

Ainsi, si nous sommes tentés de dire à un frère comment il doit s’occuper des affaires qui ne regardent que lui, nous devrions nous rappeler le conseil de l’apôtre en 1 Thessaloniciens 4 : 11 : « à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires ».

  1.  Si nous aimons nos frères comme nous le devons, nous ferons tout notre possible pour maîtriser notre langue. Bien sûr, nous ne serons pas capables de le faire parfaitement, car Jacques dit en Jacques 3 : 8 : « Mais la langue, aucun homme ne peut la dompter ». Il dit aussi en Jacques 3 : 2 : « Si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait, capable de tenir tout le corps en bride. » (Darby)
  1. Et cela amène à un autre point. Nous pouvons montrer notre amour pour les frères en étant peu enclins à croire au mal les uns des autres. En fait, nous devrions être très réticents à le faire, en trouvant des excuses dans notre esprit pour expliquer pourquoi un frère a pu dire ou faire quelque chose que nous pensons être contraire à la volonté du Seigneur. Nous devons toujours lui accorder le bénéfice du doute, lui attribuer de bonnes intentions. Parce que Paul a dit dans 1 Corinthiens 13 : 5 : « l’amour ne soupçonne pas le mal ». (Segond 21)

Conscient des faiblesses de notre chair déchue, le Seigneur a établi une règle permettant d’éviter la médisance dans l’église. Elle se trouve en Matthieu 18 : 15, 16 : « Si ton frère pèche contre toi, va, et reprends-le, entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère ; mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que par la bouche de deux ou trois témoins toute parole soit établie. » (Darby).

Il est difficile de concevoir qu’un frère en Christ puisse faire du mal à un autre. Et il est encore plus difficile de croire que celui qui a été lésé rende le mal en retour. Mais de telles choses se sont produites. « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal  ; mais poursuivez toujours le bien ». ― 1 Thessaloniciens 5 : 15.

Si un frère fait un faux pas et cause du tort à lui-même et à d’autres membres de l’Église, notre sentiment à son égard devrait toujours être celui d’amour fraternel ; afin de l’aider à retrouver son équilibre et sa place auprès du Seigneur – gardant à l’esprit que nous pourrions trébucher de la même façon.

Galates 6 : 1 : « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. »

Si nous sommes amenés à corriger ou réprimander un frère, nous devons veiller à ne le faire qu’après avoir fait preuve d’une patience raisonnable. Même dans ce cas, nous devons nous assurer que cela est fait avec amour. Et lorsque ce frère se repent et reconnaît en partie sa faute, nous devrions être comme le père du fils prodigue : voyant le repentant venir dans une attitude d’humilité, nous devrions aller à sa rencontre.

  1.  Nous pouvons montrer notre amour pour nos frères en ne cessant jamais de nous pardonner les uns les autres. Souvenons-nous de ce que Jésus dit à Pierre, en Matthieu 18 : 21, 22 (Darby), lorsqu’il Lui demanda s’il devait pardonner à son frère jusqu’à sept fois. « Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ».

Jésus savait que lorsque Pierre aurait atteint le point où il aurait pardonné 490 fois à son frère, cela serait devenu une habitude bien ancrée, oubliant de compter. Oublions, nous aussi, de compter. Le Père céleste nous a certainement pardonné bien plus de 490 fois. Et il sera certainement nécessaire que nous demandions son pardon bien plus de fois avant la fin de notre course.

Nous lisons dans 1 Pierre 3 : 8 : « Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité. »

  1. Nous pouvons montrer notre amour pour nos frères par nos efforts pour maintenir cette unité de l’Esprit. Mais malgré tous nos efforts, il est inévitable que certains abandonnent face aux épreuves que le Seigneur permet. Des divisions surviennent. Ceci est en accord avec 1 Corinthiens 11 : 19 : « Sans doute faut-il qu’il y ait chez vous des divisions, pour que les chrétiens qui ont fait leurs preuves soient clairement reconnus au milieu de vous ! » (Semeur)

Mais ne soyons pas la cause de ces divisions. Si elles viennent, qu’elles viennent d’une autre source.

  1. Un autre moyen est d’apporter un soutien financier à l’œuvre de la vigne du Seigneur si nous en avons les moyens. C’est une autre façon pratique et tangible de montrer notre amour. Et cela nous permet d’avoir une part réelle et personnelle dans l’œuvre du Seigneur.
  1.  Nous pouvons montrer notre amour pour nos frères qui occupent des fonctions d’anciens, en évitant de faire tout ce qui pourrait les blesser en tant que nouvelles créatures. Nous devrions surtout hésiter à faire tout ce qui pourrait nuire ou détruire leur ministère. Les anciens sont les bergers du troupeau et c’est le Seigneur qui les a établis ainsi. Ils sont les cibles privilégiées de l’adversaire. Le diable aimerait les voir accusés, discrédités et démis de leurs fonctions. Une fois les bergers écartés, il peut entrer et dévorer le troupeau à sa guise. « Ne reçois point d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur la déposition de deux ou trois témoins. » ― 1 Timothée 5 : 19.

Ceci devrait être scrupuleusement respecté.

  1.  Une autre manière est de subvenir aux besoins de ceux qui ont une demande légitime à notre égard. La nouvelle créature doit apprendre qu’elle ne peut pas en toutes circonstances faire ce qu’elle voudrait. Nous devons, dans certains domaines, être guidés par les obligations de la chair. Et l’une de ces obligations est de prendre soin de ceux que le Seigneur a placés sous notre responsabilité. Nous devons faire cela comme si c’était pour le Seigneur Lui-même. C’est une exigence de notre foi.

Nous lisons en 1 Timothée 5 : 8 : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. »

  •  Nous pouvons montrer notre amour pour les frères par notre désir de nous réunir avec ceux qui ont cette même précieuse foi. Nous sommes comme des charbons ardents qui, s’ils sont séparés, ont tendance à se refroidir. Mais s’ils sont rassemblés, ils tendent à augmenter la ferveur de l’ensemble.

Nous sommes encouragés à nous réunir avec ceux qui sont dans la vérité, qui sont, comme nous, justifiés et consacrés, qui aiment le Seigneur, qui croient au sacrifice en rançon de Christ et qui partagent les mêmes compréhensions doctrinales. De telles réunions hebdomadaires aident à vaincre le monde et à affermir notre appel et notre élection.

Lorsque nous nous trouvons dans de telles réunions, nous sommes en bonne compagnie, car Jésus a dit en Matthieu 18 : 20 : « Je suis au milieu d’eux ».

C’est là que l’échelle de Jacob touche la terre et que ce lieu devient, comme le dit Jacob en Genèse 28 : 17 : « c’est ici la porte des cieux ! ».

Nous pouvons donc montrer notre amour pour les frères en « N’abandonnant pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. » ― Hébreux 10 : 25.

  •  À ce sujet, les réunions de témoignage sont une autre occasion de manifester notre amour pour les frères. L’expérience que l’on raconte peut correspondre exactement à une épreuve que traverse quelqu’un d’autre, et qui ne sait pas quoi faire. Notre témoignage sur la façon dont le Seigneur nous a aidés est peut-être justement l’encouragement dont celui-ci a besoin pour prendre courage, invoquer la force du Seigneur et prendre un nouveau départ.

Peu importe que l’on parle de façon hésitante, le Seigneur écoute, entend et garde en mémoire chacun de ces témoignages. Et ceux qui s’entraident ainsi Lui sont particulièrement chers. C’est ce qu’affirme clairement Malachie 3 : 16, 17 : « Alors ceux qui craignent l’Éternel se parlèrent l’un à l’autre ; L’Éternel fut attentif, et il écouta ; Et un livre de souvenir fut écrit devant lui … Ils seront à moi, dit l’Éternel des armées »

  •  Une autre façon de montrer notre amour pour nos frères et notre Seigneur Jésus est de nourrir les brebis du Seigneur. C’est ce que Jésus demanda à Pierre de faire pour prouver son amour. Nourrir les brebis du Seigneur n’est pas seulement l’apanage des anciens de l’Église. Chacun peut le faire par des conversations spirituelles et profitables à chaque occasion, montrant que nous pensons au Seigneur et à son plan merveilleux. Nous avons l’assurance que le Seigneur écoute et entend toutes ces conversations spirituelles et les ajoute à son livre de souvenirs.

Tout service que nous rendons aux frères, qu’il soit spirituel ou temporel, nous devons le faire de tout notre cœur comme pour le Seigneur. Car il est écrit en Colossiens 3 : 23, 24 : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur … sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. »

Nous pouvons donc montrer notre amour pour les frères en considérant que c’est un grand honneur ici-bas de servir ceux qui appartiennent au Seigneur. Et nous ne devrions pas être trop sélectifs quant à la nature de ce service. Nous devrions être tout aussi disposés à servir dans une fonction modeste que dans un service plus en vue.

Jésus nous dit en Matthieu 20 : 27, 28 : « et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »

Le désir de bénir les frères du Seigneur de toutes les manières qui sont en notre pouvoir devrait devenir le but suprême de notre vie. En cela, nous ressemblerons à Jésus, comme il est écrit en 1 Jean 3 : 16 : « il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. »

Mais quelle que soit la manière dont nous souhaitions manifester notre amour à nos frères, quoi que nous souhaitions faire pour les membres du corps du Seigneur de ce côté-ci du voile, il faut le faire sans tarder. Car ils ne resteront pas longtemps avec nous. Si Marie avait attendu une semaine de plus pour briser le précieux vase d’albâtre et répandre le parfum sur la tête du Seigneur, elle n’aurait jamais plus eu l’occasion de le faire, car Il aurait alors été crucifié.

Il a été dit : « Ne gardez pas scellés les vases d’albâtre de votre amour et de votre tendresse jusqu’à ce que vos amis soient morts. Les fleurs sur un cercueil ne répandent aucun parfum sur la route épuisante qu’ils ont traversé, alors ne tardez pas. C’est peut-être votre privilège aujourd’hui de faire un dernier geste de bonté ou de dire un dernier mot utile à un membre du corps du Christ. »

Cette liste de quelques-unes des façons dont nous pouvons montrer notre amour pour nos frères devrait nous encourager, car je suis sûr que nous faisons toutes ces choses, avec plus ou moins de succès. Et notre Seigneur, en regardant nos bonnes intentions, compense nos lacunes.

Nous savons donc que nous sommes dans cette course, qui est l’amour du début à la fin. Nous avons l’assurance, la preuve positive que nous sommes effectivement passés de la mort à la vie parce que nous aimons les frères.

Nous arrivons maintenant à la dernière partie de notre texte thématique : « courons avec patience la course qui est devant nous ». Les diverses traductions donnent à ce mot « patience » des nuances différentes, qui sont toutes bonnes. On trouve ainsi les termes [dans les traductions anglaises] de :

– Persévérance

– Constance

– Endurance patiente

– L’étude et la persistance en action.

– Avec détermination

Il ne peut y avoir aucun doute sur la signification de ces expressions. Nous pouvons donc combiner toutes ces nuances de sens en une seule phrase : « Soyons déterminés à persévérer avec patience et endurance dans la course qui nous est proposée. »

Il ne suffit pas de commencer la course, nous devons la terminer. Personne ne peut être un vainqueur dans la course s’il ne franchit pas la ligne d’arrivée. Et cela nous rappelle Romains 2 : 7 : « Ceux qui, en pratiquant le bien avec persévérance, cherchent l’approbation de Dieu, l’honneur et l’immortalité, recevront de lui la vie éternelle. » (Semeur)

C’est le prix que nous gagnerons à l’issue de notre course et c’est la plus magnifique des récompenses que l’on puisse imaginer. C’est une médaille d’or, une couronne d’or de vie, la nature divine, la gloire, l’honneur et l’immortalité. Être comme notre Seigneur et Le voir tel qu’Il est. Œuvrer avec Lui pour sauver le monde du péché et de la mort. Puis vivre et œuvrer avec Lui durant l’éternité, dans l’organisation et le développement de l’univers.

N’est-ce pas là un prix qu’il faut rechercher avec ardeur ? Déposons donc tout fardeau, tout obstacle et courons avec patience dans la course qui nous est proposée. Cela en vaut tellement la peine.

Une anecdote illustre bien la valeur de la persévérance et de l’endurance patiente. Je ne pense pas que beaucoup d’entre vous se souviennent de l’époque où les réfrigérateurs n’étaient pas chose courante. Il fallait recourir à d’autres moyens pour garder les choses au frais.

Certaines fermes avaient la chance d’avoir une source d’eau froide sur leur propriété. On bâtissait dessus une construction en pierres qu’on appelait « Spring House ». Pourquoi ? Parce que la source était froide et que la température y restait beaucoup plus fraîche. On y stockait des aliments de toutes sortes.

On plaçait les seaux de lait écrémé et de crème dans l’eau fraîche de la source. L’histoire raconte que la femme du fermier avait écrémé le lait et mis un seau de crème à moitié rempli dans la source.

Cette nuit-là, deux petites grenouilles qui passaient par là, en sautillant dans la « Spring House » sont tombées dans le seau de crème. Elles barbotaient pour essayer de sortir mais ne parvenaient pas à remonter le long des parois glissantes du seau.

Une des grenouilles a nagé frénétiquement pendant un certain temps, puis épuisée, a abandonné et coulé. L’autre a refusé d’abandonner et a barboté de toutes ses forces, tournant en rond dans la crème, tout en essayant de grimper. Pour n’importe qui, observant la scène, il aurait été évident que c’était sans espoir. Il faut être réaliste, pourquoi s’épuiser à essayer de faire l’impossible ? Mais savez-vous ce qu’il s’est passé ? En barbotant sans cesse avec persévérance, la crème a commencé à s’épaissir, et après un certain temps un gros morceau de beurre s’est formé, flottant sur le babeurre. La grenouille a grimpé dessus et a sauté hors du seau, fatiguée mais triomphante.

Notre persévérance, elle aussi, sera récompensée, car nous lisons en Matthieu 10 : 22 : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. »

Et en Apocalypse 2 : 10 : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »

Continuons donc patiemment à faire tous nos efforts, et laissons les résultats au Seigneur.

Dans le même ordre d’idées, le frère Russell a écrit dans la Réimpression 3149 : Ne vous excitez point et, sous l’impulsion de l’excitation, n’épuisez point en un court moment toute votre vitalité spirituelle pour déplorer ensuite une chute dans l’indifférence et le découragement. Réfléchissez et préparez-vous avec attention à l’endurance longue et tenace de toutes les expériences et épreuves de foi et de patience nécessaires pour prouver que vous êtes un vainqueur, digne de la récompense bénie promise « à celui qui vaincra. » La course qui nous est proposée ne se court ni par sauts ni par bonds, mais « par la persévérance à bien faire. » [Extrait de la Manne du 18 mars]

Frère Robert SEKLEMIAN – 1976