« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps » ― 1 Timothée 2 : 5, 6.
La Rançon est le centre même de tous les enseignements du Nouveau Testament, la pierre de touche générale qui nous permet de déterminer ce qui est la Vérité et ce qui ne l’est pas en ce qui concerne chaque aspect du Plan Divin. La Rançon peut être comparée au moyeu d’une roue, à partir duquel divers rayons divergent dans toutes les directions jusqu’à la périphérie, ou circonférence. Dans le grand Plan de Dieu pour le salut de l’homme, la Rançon constitue l’élément central, et de là rayonnent toutes les doctrines qui aboutissent à la plénitude et à l’intégralité de ce Plan Divin. En effet, quel que soit le point de vue sous lequel on considère ce sujet, il est à la fois beau et cohérent.
Pourtant, il fut un temps, pour vous et moi, et sans doute pour tous les penseurs, où il semblait étrange qu’une Rançon puisse être nécessaire ; car nous n’avions pas encore compris le Caractère et le Plan de notre sublime Père Céleste. À cette époque, nous aurions été enclins à dire : « Oh non ! Dieu n’aurait jamais, dans aucun sens du terme, un Plan ou un Programme qui nécessiterait l’effusion de sang ! Il ne voudrait pas que quelqu’un meure pour les méfaits d’un autre ! Une telle proposition serait injuste ». Mais en nous exprimant ainsi, nous raisonnerions faussement ; et c’est justement ce que font aujourd’hui de nombreuses personnes sincères. Beaucoup de personnes réfléchies disent : « Je ne crois pas à cette idée de la nécessité d’un sacrifice humain ». Pourtant, cette idée d’une Rançon se retrouve dans toutes les Écritures ; et lorsque nous avons une conception correcte du sujet selon le point de vue de la Bible, nous voyons une si merveilleuse beauté, une si merveilleuse cohérence dans toute cette affaire que nous sommes stupéfaits, et que nous attendons avec impatience le moment où le monde entier la verra.
Les différentes étapes du Plan de Dieu frappent certaines personnes parmi ses enfants de diverses manières. Certaines sont plus attirées par un aspect particulier, d’autres par un autre. J’ai toujours trouvé merveilleux de constater l’élément d’économie dont fait preuve notre Père Céleste, qui apparemment ne gaspille jamais rien. Il en est de même de notre Seigneur Jésus. Après avoir, par la Puissance Divine, nourri des milliers de personnes avec quelques pains et quelques poissons, Il a demandé à ses disciples de ramasser les morceaux, afin que rien ne soit perdu (Jean 6 : 12). Cette injonction a certainement dû leur paraître étrange. Pourquoi le Maître, qui avait le pouvoir de créer une si grande quantité, était-Il si attentif aux restes ? Sans doute aussi, tout scientifique s’est-il émerveillé de l’économie Divine dans la nature, où toutes les choses sont équilibrées et ne font que changer de forme en passant d’un état à l’autre, que ce soit du solide au liquide ou du liquide au gaz, etc. Apparemment, Dieu a un principe de mouvement perpétuel dans la nature, par lequel rien ne se perd, mais réapparaît sous une autre forme.
ÉCONOMİE MONTRÉE CONCERNANT LA RÉDEMPTİON
Cette qualité Divine d’économie se manifeste également dans le grand Plan de salut de l’humanité. Lorsque mon esprit a saisi cette pensée pour la première fois, je me suis exclamé : « C’est merveilleux ! Personne d’autre que notre Père Céleste Lui-même n’aurait pensé à ce principe ! » Ayant été élevé par des parents Presbytériens, j’avais été endoctriné pendant mon enfance par le Petit Catéchisme ; et comme mes parents ne s’étaient jamais détachés de la Bible pour se tourner vers l’Évolution et la Haute Critique, j’avais bénéficié de tous les avantages qui découlent des enseignements de Westminster sur la chute de l’homme et le péché originel. Même si nous avions des conceptions erronées sur ce qui constitue la punition du péché, nous connaissions néanmoins les faits ― que nos premiers parents avaient été créés parfaits et placés dans un environnement parfait en Éden, qu’ils avaient péché et étaient tombés sous la malédiction de Dieu, et que, d’une manière ou d’une autre, le résultat était que toute notre race était encore sous cette malédiction, que nous pensions être les tourments éternels. Nous ne comprenions pas la Bible de manière aussi approfondie que maintenant.
Plus tard, au cours de ma vie, lorsque mon esprit a commencé à voir que la sentence du péché est la mort ― et non la vie dans quelque condition que ce soit ― j’ai commencé à me demander comment se faisait-il que, s’il devait y avoir une rédemption, une personne pouvait mourir pour toute une race ; car la proposition ne me semblait pas raisonnable. Mes enseignants m’ont répondu que pendant les trois ans et demi de son ministère, et surtout pendant la courte période de sa crucifixion, notre Seigneur Jésus a souffert autant que toute la famille humaine aurait souffert. Mais plus je réfléchissais à cette affirmation, plus elle m’apparaissait déraisonnable. Finalement, j’ai compris le sens du mot Rançon ; et alors ce sujet a cessé d’être un mystère.
UN PRİX CORRESPONDANT
Une étude attentive du mot Rançon à l’aide d’une concordance intégrale (non abrégée) a mis en lumière le fait que le mot Grec ainsi rendu ― antilutron ― signifie un prix correspondant. Chacun peut étudier la question par lui-même dans les Concordances de Strong ou de Young. Petit à petit, nous avons commencé à saisir l’idée correcte selon laquelle notre Seigneur Jésus-Christ s’est donné Lui-même en Rançon, un Prix Correspondant, pour toute l’humanité. C’est alors que nous avons commencé à comprendre les paroles de l’Apôtre : « Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. » (1 Corinthiens 15 : 21). Il y eut un homme qui pécha ― Adam, qui amena la peine de mort sur toute sa postérité. Il y eut un seul Homme qui mourut, le Juste pour les injustes, Jésus-Christ. Ainsi, nous avons le prix correspondant.
Mais on nous avait enseigné qu’il y a trois personnes en Dieu, que notre Seigneur Jésus était la deuxième de ces personnes, et que Dieu ne peut pas mourir. Nous avons à nouveau demandé à nos enseignants, et on nous a répondu qu’étant Dieu, notre Seigneur ne pouvait pas réellement mourir ― que seul son corps mourait. Nous étions à nouveau dans la confusion. Mais une étude plus approfondie de la Bible a commencé à nous éclairer sur toutes les absurdités et les aberrations qui se sont glissées dans l’Église pendant l’Âge des Ténèbres, et nous avons constaté que la doctrine de la Trinité ne se trouve pas du tout dans les Écritures. Puis nous avons compris que notre Seigneur était le Fils de Dieu, comme Il l’avait Lui-même déclaré, « le commencement de la création de Dieu » (Apocalypse 3 : 14 ; Colossiens 1 : 15). Ensuite, nous avons saisi que la pensée inhérente au mot Rançon n’exigeait pas un Dieu pour racheter un homme, et pareillement qu’un être spirituel de quelque rang que ce soit ne pouvait pas non plus le faire ; car il ne pouvait y avoir de correspondance entre eux. Enfin, la question s’est éclaircie dans notre esprit, et nous avons compris que celui qui rachète un homme doit être lui-même un homme, l’équivalent correspondant de l’homme qui a péché. Cette pensée nous a aidés à comprendre tout ce que la Bible dit sur le fait que notre Seigneur a quitté la gloire Céleste et est devenu un homme ― Philippiens 2 : 6-11 ; 2 Corinthiens 8 : 9 ; Jean 1 : 14.
LA DOCTRİNE DE L’İNCARNATİON N’EST PAS SCRİPTURAIRE
Mais nous avions été grandement troublés par le sujet de l’incarnation, comme semblent l’être même certaines personnes connaissant la Vérité, car ils utilisent encore ce mot à mauvais escient. Il n’y a rien dans la Bible sur ce sujet, et il n’y a aucune vérité dans cette doctrine. L’incarnation signifie le fait de prendre un corps humain. Cela signifierait que notre Seigneur, dans son existence préhumaine, a pris un corps de chair, s’est matérialisé, tout comme Lui et deux anges l’ont fait à l’époque d’Abraham (Genèse 18 : 1, 2). Les trois étaient incarnés. Ils étaient toujours des êtres spirituels, mais sont apparus à Abraham sous forme humaine, ont mangé et parlé avec lui. Mais cela n’a pas été le cas pour notre Seigneur Jésus lors de sa Première Venue. Lui qui était riche s’est fait pauvre pour l’amour de l’homme, non pas qu’Il ait fait semblant d’être pauvre, non pas qu’Il ait agi comme s’Il était pauvre et qu’Il ait ainsi pris un corps inférieur pour un temps. Au contraire, Il « a été fait chair » (Jean 1 : 14) ― Il n’a pas pris un corps de chair. Percevez-vous la différence ? Il était « l’homme Christ Jésus » (1 Timothée 2 : 5 – Darby), et non semblait être « l’homme Christ Jésus ». Il a quitté la gloire qu’Il avait auprès du Père avant que le monde fût (Jean 17 : 5) ; Il l’a mise de côté ; Il s’est dépouillé Lui-même de cette condition glorieuse sur le plan spirituel, et a échangé sa vie sur le plan spirituel contre une nature humaine, afin d’être un prix correspondant pour l’homme qui avait péché ― Adam.
La Bible explique que c’est un homme parfait qui avait péché. Par conséquent, celui qui le rachèterait devait être aussi un homme parfait ― un prix correspondant. Quelle que soit la grandeur d’un ange, quelle que soit la gloire du Logos, personne d’un plan d’existence supérieur ne pouvait le faire. Rien d’un plan inférieur à celui de l’homme ne pourrait le faire non plus. Le plus beau taureau du monde ne pourrait être un véritable sacrifice pour le péché ni réellement ôter le péché. Rien de plus élevé ou de plus bas que la perfection humaine ne pouvait expier pour le pécheur. Un homme parfait avait péché. Seul un homme parfait pouvait racheter le pécheur ― Psaume 40 : 6-8 ; Hébreux 10 : 1-10.
Puis me vint la pensée : Comment ce seul Homme, Jésus-Christ, a-t-Il pu, par sa mort, racheter toute l’humanité ― Adam et ses milliards d’enfants ? Lorsque mon esprit comprit l’enseignement Biblique sur ce sujet, je reçus une pensée merveilleusement large de la Sagesse de Dieu, par laquelle Il a tout planifié à l’avance, de sorte qu’une seule mort était nécessaire. J’ai alors réalisé la merveilleuse économie du Plan Divin pour le salut de l’homme. Personne d’autre que Dieu n’aurait pu imaginer une telle beauté et une telle symétrie. Un seul homme a été jugé à la barre de la Justice Divine et condamné à mort. En vertu des lois de l’hérédité, sa condamnation s’est répercutée sur toute sa postérité, qui meurt à cause de son péché originel. Si Dieu avait jugé et condamné deux hommes, ou dix hommes, ou cent hommes ou plus, leur rédemption aurait nécessité un rédempteur individuel pour chacun d’entre eux.
L’ÉCONOMİE DU PLAN DİVİN
Souvent, lorsque j’étais enfant, je me demandais pourquoi Dieu n’avait pas donné à toute l’humanité la même opportunité qu’à Adam, pourquoi tous n’avaient pas été autorisés à entrer dans l’Éden et à bénéficier d’une juste occasion comme Adam. Mais lorsqu’au fil des années, j’ai découvert la beauté de la doctrine de la Rançon, la raison m’a semblé très simple. Si vous et moi avions été mis au monde dans des conditions similaires à celles d’Adam, nous aurions agi exactement comme lui, pour la même raison que lui ― le manque d’expérience. Nous ne blâmons donc pas notre Père Adam et notre Mère Ève, mais nous louons notre Dieu grand et sage. Il n’a pas estimé qu’il est approprié de voir si un seul sur cent mille pourrait agir différemment, et n’a pas prévu de fournir un rédempteur pour chaque personne qui aurait mal agi. Quelle confusion un tel plan aurait engendré !
Supposons, par exemple, que Dieu ait mis à l’épreuve cinquante êtres humains parfaits en Éden au commencement, et que la moitié d’entre eux aient péché ― vingt-cinq pécheurs et un nombre égal de saints ; et supposons qu’un Paradis ait été prévu pour les saints et une condition maudite pour les pécheurs. La condamnation d’un côté de la barrière, et la bénédiction de l’autre ― quelle confusion il y aurait ! Ensuite, lorsqu’il s’agirait de racheter les pécheurs, il faudrait que les vingt-cinq saints meurent pour les vingt-cinq pécheurs. Où l’affaire se serait-elle arrêtée alors ? La loi de la justice est la suivante : « Ton œil sera sans pitié : vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied » (Deutéronome 19 : 21 – Ostervald ; Exode 21 : 23-25). Et Dieu dirige son Gouvernement selon les principes de la Justice, comme le suggère le Psalmiste.
Si quelqu’un se demande pourquoi Dieu agit selon la Justice plutôt que selon l’Amour, nous répondons : Dans sa grande miséricorde, Dieu juge bon d’exercer une Justice absolue afin que l’Amour puisse agir impartialement envers tous. Mais puisque l’humanité est tombée de sa perfection originelle, Dieu nous demande d’agir selon l’amour, car nous avons besoin d’exercer la miséricorde et d’apprendre la grande leçon de l’amour bienveillant envers tous. N’oublions pas que Dieu n’a pas créé les conditions imparfaites que nous voyons tout autour de nous. L’imperfection est le résultat de la désobéissance. Lorsque, pendant le Millénium, Dieu aura ramené la race humaine en harmonie avec Lui-même, et lorsque toutes les créatures du Ciel et de la terre seront en pleine harmonie avec Lui, que toutes les leçons sur le bien et le mal auront été parfaitement apprises, et que toutes seront capables et désireuses d’agir avec droiture, alors personne n’aura besoin de miséricorde. Toutes seront capables de répondre aux justes exigences du Gouvernement de Dieu, et elles ne seront pas lésées par ses dispositions Divines, car la Justice de Dieu est de traiter équitablement chacune de ses créatures. Mais pour l’instant, nous devons faire preuve d’indulgence parce que nous sommes nous-mêmes des pécheurs et que tous ceux qui nous entourent le sont également ― Psaume 89 : 14.
Dieu ne traite pas maintenant avec la race déchue d’Adam. Si nous désirons nous approcher de Lui, nous devons nous en remettre à Celui qui est capable de sauver parfaitement tous ceux qui viennent au Père par Lui ― Jésus-Christ, notre Rédempteur. Toute la miséricorde de Dieu s’exerce par Christ. Dieu n’exerce pas la miséricorde directement. Il maintient la constance de sa règle de justice, mais Il prend des dispositions spéciales pour la race pécheresse par Jésus-Christ. Le pardon des péchés, et tout ce qui concerne la repentance et la réforme de la vie, viennent par notre Seigneur Jésus-Christ ― par le prix de la Rançon qu’Il a fourni.
COMMENT OPÈRE CETTE ÉCONOMİE
Cette caractéristique d’économie du plan divin est une pensée des plus merveilleuses. Par la désobéissance d’un seul homme, Dieu a permis que les conséquences de cette transgression affectent tous les enfants d’Adam. Toute l’humanité a été impliquée dans le péché originel d’un seul homme. « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé à tous les hommes. » (Romains 5 : 12 – Darby). Puis, en temps voulu, Dieu a fait en sorte que le péché d’un seul homme, Adam, puisse être expié par l’Homme Jésus-Christ ; qu’ainsi, Adam puisse être libéré de la peine de mort en temps voulu ; et que tous ses enfants, qui ont hérité de la mort ainsi que de faiblesse et d’imperfection par son intermédiaire, puissent également bénéficier de cette seule rédemption ― que le prix unique de la Rançon soit suffisant pour Adam et toute sa postérité.
Pour moi, c’est la pensée la plus merveilleuse de tout le Plan de Dieu. Je me suis réjoui de cette pensée de la grande Sagesse de Dieu manifestée dans son arrangement par Jésus-Christ, par le biais de la Rançon. Plus nous méditons dessus, plus elle devient merveilleuse ; car elle est l’élément central du grand Plan de Dieu pour le salut de l’homme, son point le plus brillant. N’êtes-vous pas d’accord avec moi pour dire que c’est une chose merveilleuse ?
UNE RANÇON D’UNE GRANDE PORTÉE COMME LA MALÉDİCTION
Notre texte déclare que notre Seigneur s’est donné Lui-même comme prix de Rançon pour tous. Il l’a fait pour tous, dans le sens où ses bienfaits s’étendront finalement à chaque membre de la race Adamique. Le simple don de sa vie n’a pas accordé la bénédiction à toute l’humanité ; mais le don de sa vie était la base sur laquelle Dieu Lui permettra, en temps voulu, d’établir son Royaume Millénaire et d’apporter les bénédictions du Rétablissement à toute la race pendant les mille ans de son Règne. S’il n’y avait pas eu de Rançon, il ne pouvait y avoir de Rétablissement. Toute la race d’Adam avait été condamnée à mort dans son premier père. Il n’aurait donc pas été juste que l’Homme Jésus tentât de sortir de la condamnation ceux que la Justice de Dieu avait condamnés à mort.
Adam et sa postérité ont été condamnés à mort, et non aux tourments éternels que certains supposent à tort être enseignés dans les Écritures (Genèse 2 : 17 ; 3 : 17-19 ; Ézéchiel 18 : 4, 20 ; Romains 6 : 23). Avant qu’il puisse y avoir une résurrection, il était nécessaire que cette peine de mort contre la race soit exécutée. De même que la mort est venue par un homme, c’est par un homme que doit venir l’annulation de la peine de mort, afin de rendre possible une résurrection, un réveil des morts. Il n’y a pas d’autre moyen pour quiconque d’avoir une vie future. C’est pourquoi tout ce grand Plan Divin pour la bénédiction du monde repose sur cette première étape du programme ― la Rançon.
Saint Paul dit que la Rançon est pour tous. Lorsque l’Apôtre dit que notre Seigneur s’est donné Lui-même en Rançon ― un Prix correspondant ― pour TOUS, sa pensée est évidemment que tel était le but visé par le sacrifice de Jésus-Christ. Nous ne devons pas comprendre par là que notre Seigneur a déjà fait application de son sacrifice à tous, car le moment voulu par Dieu pour bénir tous les hommes n’est pas encore venu. De plus, il n’aurait pas été approprié pour notre Seigneur de faire l’application du mérite de son sacrifice à l’avance ― lors du Premier Avènement ― et de revenir plus tard ― lors de son Second Avènement ― pour s’occuper de l’humanité. C’est pourquoi toute cette affaire est différée jusqu’à ce que vienne le temps convenable pour s’occuper de la race Adamique. Dans l’intervalle, Adam, qui s’est endormi il y a des milliers d’années, et les autres membres de sa postérité attendent dans le sommeil ce Jour glorieux où Celui qui les a rachetés déposera le mérite de son sacrifice en faveur d’Adam et de toute sa race, en fera l’application, payant ainsi à la Justice Divine, et prendra ensuite l’humanité comme sa possession acquise. Notre Seigneur s’est donné Lui-même ― a sacrifié sa vie, a donné sa vie ― avec cette finalité en vue. Tel était le programme qui Lui était proposé ― Il devait se livrer à la mort, et ce serait sur cette base-là qu’Il pourrait devenir le grand Médiateur entre Dieu et les hommes, le grand Restaurateur de l’humanité, la Semence d’Abraham promise depuis longtemps, pour bénir toutes les familles de la terre.
POURQUOİ CE DELAİ DE DİX-HUİT SİÈCLES
À ce point, quelqu’un pourrait se demander : « Pourquoi notre Seigneur n’a-t-Il pas appliqué le mérite de son sacrifice à la Pentecôte ? Pourquoi ce long délai de plus de mille huit cents ans avant qu’Il ne commence cette œuvre de bénédiction du monde ? » Nous répondons : Si Dieu n’avait pas prévu d’associer à notre Seigneur dans cette glorieuse œuvre de bénédiction une Église, un Corps Oint composé de disciples marchant sur les traces de Jésus, il n’y aurait pas eu ce délai de dix-huit siècles. En d’autres termes, si l’Église n’avait pas été incluse dans le Plan de Dieu, alors, lorsque notre Seigneur Jésus ressuscita des morts et monta au Ciel pour apparaître en présence de Dieu, Il aurait sans doute offert la valeur de son sacrifice pour tous les humains, et aurait immédiatement pris en charge la race Adamique et commencé son Règne pour la bénir. Mais comme ce n’était pas le Plan Divin, notre Seigneur a fait ce qu’Il avait à faire ― Il a paru en présence de Dieu pour NOUS, pour l’ÉGLISE, et pas du tout pour le monde ― Hébreux 9 : 24.
Jusqu’à présent, donc, notre Seigneur n’a comparu que pour son Église. Il ne s’est pas encore présenté pour le monde. Après que l’Église aura été glorifiée avec Lui et élevée au plan Divin de la gloire, alors notre Seigneur comparaîtra pour le monde. En attendant, cependant, Il s’occupe de son Église, sortant la classe de l’Église de ce monde, comme Il l’a dit : « Vous n’êtes pas du monde » mais « je vous ai choisis du milieu du monde » (Jean 15 : 19 ; 17 : 14). L’Église, les croyants consacrés, a échappé à la condamnation qui pèse encore sur le monde (2 Pierre 1 : 4 ; Romains 8 : 1-4). Mais le monde est encore sous la condamnation. Jusqu’à présent, notre Seigneur n’a paru que pour les croyants ; Il n’a rien fait pour les incroyants. Sa mort sera le prix de la Rançon pour toute l’humanité lorsqu’elle sera appliquée en sa faveur ; mais elle n’a pas encore été appliquée. Elle le sera « en temps voulu ».
Vous vous souvenez que, la nuit de son arrestation, notre Seigneur a dit dans sa prière : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi » (Jean 17 : 9-11). Pourtant, quelques heures plus tard, Il est mort pour le monde, et toute l’humanité est incluse dans ce que notre Seigneur devait accomplir ― une « rançon pour tous, témoignage qui devait être rendu en son propre temps » (1 Timothée 2 : 6 – Darby). Mais comme Il savait qu’il faudrait attendre plus de mille huit cents ans avant que ce temps convenable vienne, Il ne pouvait pas prier pertinemment pour quelque chose d’aussi éloigné dans le futur. Mais le Père avait confié l’Église à notre Seigneur. Le dessein Divin était que, pendant cette longue période de temps, cette classe soit rassemblée hors du monde sous certaines conditions, afin qu’elle puisse être avec le Seigneur et partager son élévation, qu’elle puisse être ses compagnons dans sa gloire, son honneur et son immortalité ― la nature Divine. C’est pourquoi notre Seigneur a prié pour eux dans la nuit où Il a été livré, ce qui était juste et convenable. Il avait appelé ses douze Apôtres, et cinq cents qui avaient cru à sa parole. L’œuvre ainsi commencée se poursuivrait jusqu’à ce que le nombre complet des Élus ait été appelé, choisi et accepté en Lui.
L’ÉTAPE SUİVANTE DU PROGRAMME DİVİN
La Bible nous assure qu’au temps convenable, notre Seigneur priera pour le monde, et qu’Il sera entendu. « Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession » (Psaume 2 : 7-9). Lorsque le premier aspect de l’œuvre, la sélection de l’Église, aura été achevé, lorsque l’Église sera entrée dans la gloire Céleste, alors viendra le « temps convenable » pour l’aspect suivant du Programme Divin. Alors notre Seigneur fera l’application du prix de la Rançon pour les péchés du monde entier. Il dira en substance : « Père, je m’approprie maintenant pour toute l’humanité la valeur de ma mort pour compenser la mort du Père Adam. Je l’applique maintenant à Adam et à tous ses enfants, comme leur prix d’Achat ; Je le demande pour eux. Je Te demande de Me les donner conformément à ta promesse de Me donner les païens ― le monde entier ». Puis le Père les remettra à notre Seigneur comme sa possession acquise.
Le fait que Celui qui a racheté la race d’Adam soit Celui qui les mettra à l’épreuve pour la vie éternelle, pendant les mille ans de son Règne, est la meilleure garantie que l’humanité aura une épreuve équitable, pleine, complète, juste, raisonnable, aimante, entre les mains d’un Rédempteur aimant, qui fera tout ce qui doit être fait pour les aider à vaincre leurs faiblesses et leurs imperfections et pour les amener à la pleine perfection de la nature humaine, perdue par le péché originel du Père Adam en Éden, mais rachetée par notre Seigneur au Calvaire.
Autrement dit, le prix de la Rédemption a été déposé au Calvaire ; et au temps convenable, ce prix de la Rédemption sera appliqué, cédé, remis à la Justice en échange de toute l’humanité. Ainsi, l’œuvre de la Rançon aura été accomplie, le monde entier étant pris en possession par notre Seigneur qui régnera pendant mille ans, les « Temps du rétablissement annoncés par la bouche de tous les saints prophètes depuis le commencement du monde. » ― Actes 3 : 19-23.
LA MÉTHODE DİVİNE À l’ÉGARD DE L’ÉGLİSE
Maintenant, mes chers frères, nous avons à l’esprit la Rançon, sa nécessité, le moment où le Sacrifice pour le péché a été fait, et le moment où le mérite de ce sacrifice sera appliqué au monde entier. Mais, en attendant, l’Église reçoit une imputation de ce mérite. Cependant, ce mérite ne nous est pas attribué ; nous ne recevons pas la chose réelle, car cela serait une Restitution, qui n’est pas du tout pour l’Église, ni selon notre Alliance de Sacrifice. Nous avons fait l’alliance de renoncer aux choses terrestres. L’Église n’obtiendra donc pas le Rétablissement, et c’est ce que notre Rédempteur a acheté par sa mort. Il n’a pas acheté la nature Divine, mais il a acheté le Père Adam et toute sa postérité selon la chair ― la nature humaine. Le don de la vie humaine de notre Seigneur constitue le Prix d’achat pour Adam et sa race ― le monde ― Jean 6 : 51.
L’Église a renoncé à la nature humaine en se sacrifiant, et a été engendrée à la nature spirituelle. C’est pourquoi nous n’atteindrons jamais la perfection humaine. Mais tout en nous développant comme de Nouvelles Créatures en Christ, nous avons besoin d’une imputation du mérite de son Sacrifice pour couvrir nos défauts et nos imperfections résultant du péché originel et qui nous ont été transmis par la loi de l’hérédité. Notre Seigneur n’avait pas besoin d’une telle imputation, car il était « saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs », et le Père était d’accord pour accepter un tel sacrifice pour Adam. Notre Seigneur n’avait besoin de personne pour le racheter. Pour Dieu, Il était acceptable comme compensation totale pour Adam. En récompense de l’œuvre que notre Seigneur devait accomplir pour l’humanité, le Père Lui a donné la promesse de la gloire, de l’honneur et de l’immortalité ― la nature Divine ; et notre Seigneur l’a obtenue ― Philippiens 2 : 8-11.
À ceux qui, pendant cet Âge de l’Évangile, abandonnent leur volonté à Dieu et permettent à leur vie de descendre dans la Mort en obéissant à la volonté Divine, le Père a promis qu’ils partageraient avec notre Seigneur sa gloire, son honneur et son immortalité en tant que son Épouse et Co-héritière. « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » (Apocalypse 2 : 10). Mais avant que nous puissions présenter nos corps en sacrifice vivant, une difficulté doit d’abord être levée ; car nous sommes membres de la race pécheresse, et Dieu ne peut reconnaître les pécheurs. Nous avons déjà été condamnés à mort en Adam. Nous sommes par nature des membres de cette race pécheresse sur laquelle pèse déjà la sentence de mort. Avant que nous puissions nous offrir à Dieu, quelque chose doit être fait pour nous libérer de la sentence de mort qui pèse sur nous. Ce quelque chose a été fait lorsque notre Seigneur est « monté au ciel et a paru en présence de Dieu pour nous » ― l’Église (selon Hébreux 9 : 24). Là, Il a conclu un accord avec le Père selon lequel le mérite de son sacrifice serait imputé à ceux qui suivront ses traces en offrant leur vie en sacrifice.
DİFFÉRENCE ENTRE L’İMPUTATİON ET L’APPLİCATİON
La meilleure illustration qui me vient à l’esprit pour mettre en évidence la différence entre l’imputation et l’application est celle d’un billet à ordre par opposition à de l’argent. Supposons que j’aie besoin de mille dollars pour mener à bien mes affaires aujourd’hui, mais que je n’aie pas cette somme en espèces. Et supposons également qu’un ami disposant de ces mille dollars m’envoie le message disant : « Je vais endosser votre billet à ordre pour la somme dont vous avez besoin ». Cet endossement équivaudrait à me donner l’argent, car la banque accepterait le billet à la place des mille dollars.
Ainsi, notre Seigneur ne nous accorde pas de rétablissement lorsque nous nous présentons à Lui en sacrifice. Au contraire, Il impute. C’est-à-dire que nous donnons un billet à ordre ― nous promettons à Dieu que nous sacrifierons notre vie et tout ce que nous avons maintenant, ainsi que toutes nos espérances de rétablissement futur à la perfection humaine ; en d’autres termes, nous renonçons à tous nos droits d’êtres humains afin de suivre les traces de notre Rédempteur. Nous faisons figurativement notre billet dans ce sens ; et notre Seigneur Jésus l’endosse, lui donnant une valeur qu’il n’aurait pas autrement. C’est l’imputation du mérite de notre Seigneur à l’Église.
Toutefois, cette imputation ne nous dispense en rien de nos responsabilités, car lorsque nous nous sommes consacrés, nous avons accepté de renoncer à tout ce que nous possédons. Toutes nos prétentions au rétablissement sont à jamais perdues. Si nous échouons dans ce que nous avons entrepris en tant que Nouvelles Créatures, nous ne pouvons pas recevoir de rétablissement avec le monde, car nous avons renoncé à tous nos droits en tant qu’êtres humains. Si nous devenons négligents dans le sacrifice de notre vie, il serait alors du devoir de notre Seigneur Jésus, en tant que notre Avocat, de veiller à ce que nous soyons obligés de faire ce que nous avions convenu de faire. C’est là le secret qui a conduit à la formation de la classe de la Grande Multitude. Ils ne vont pas de l’avant pour donner leur vie volontairement ; et c’est pourquoi ils sont poussés, pour ainsi dire, par la providence Divine dans des conditions où ils doivent souffrir. Lorsqu’ils sont soumis à ces conditions par le grand Endosseur, l’Avocat de l’Église (1 Jean 2 : 1), ceux qui sont vraiment loyaux souffriront la mort plutôt que de renier Dieu et son arrangement. Mais ceux qui ne sont pas loyaux se retireront de leur Alliance de Sacrifice, et ainsi mépriseront la faveur de Dieu. Finalement, ces derniers mourront de la Seconde Mort.
L’imputation à l’Église du mérite du sacrifice de notre Rédempteur, avant son application au monde, nous permet de sacrifier notre vie terrestre afin de remporter le grand prix de la gloire, de l’honneur et de l’immortalité ― la nature Divine. C’est l’occasion la plus merveilleuse qui puisse être offerte à tout membre de la race déchue ― que notre Seigneur puisse nous imputer ce qui nous permettra de devenir des sacrificateurs et d’accéder au co-héritage avec Lui dans son Royaume Millénaire.
Livre des sermons CTR p656