Auteur : Jonathan By. , Conférence de Pâque, le 05/04/2026, Vigy
– Sujet #03 –
Chère frères et sœurs, que la paix soit avec vous.
Aujourd’hui, on va réfléchir ensemble certains aspects liés à la Pâque, et
pour cela on va revenir aux origines de la pâque, voir même au préquel. Le
préquel c’est ce qui se passe longtemps avant et qui a des incidences sur
le moment dont on souhaite parler.
On ne va pas partir trop loin en arrière non plus, on aurait pu remonter à la
promesse a été faite à Abraham. Mais nous allons reprendre à partir de
l’histoire de Joseph.
Le fait marquant dans l’histoire de Joseph, est sa vente par ses frères en
tant qu’esclave et le fait qu’il arrive en Egypte. Arrivé en Egypte, il a diverse
péripétie et finalement il devient de second après Pharaon. Dieu les
prévient d’une famine à venir et leur permet de se préparer à cela, et c’est
Joseph qui prend les choses en main.
Lors de la famine, les parents et les frères de Joseph souffraient de la faim.
C’est pourquoi ses frères furent envoyés en Égypte pour y chercher de la
nourriture.
Parlons un instant de cette famine. Le titre de mon exposé est « les
famines en Egypte ».
Qu’est-ce qu’une famine ? C’est avant tout un manque — principalement
un manque de nourriture — qui fait souffrir des populations entières.
Durant cette famine, les Hébreux ainsi que les peuples environnants
étaient affamés.
Mais j’aimerais que nous nous posions une autre question :
De quoi manquaient-ils encore ?
Observons un peu les différents types de famines que l’on rencontre dans
cette période en Égypte.
Les frères de Joseph durent se rendre en Égypte pour trouver de la
nourriture. Lorsqu’ils étaient encore en Canaan, auprès de leur père,
avaient‑ils faim d’autre chose ?
1) N’avaient-ils pas faim de reconnaissance ?
Ne cherchaient-ils pas le regard bienveillant et approbateur de leur père ?
Peut-être ressentaient-ils un vide, vous savez quand on a l’impression de
tout bien faire et que malgré tout on reste invisible malgré les efforts.
C’est comme le grand frère du fils prodige.
Il peut arriver qu’on cherche tous à avoir des petits pouces bleus, des likes.
D’être approuvé par les autres, avoir une reconnaissance sociale, par le
travail, nos efforts ou notre performance.
Pour les frères de Joseph, Joseph n’était plus un frère mais un concurrent dans leur quête de reconnaissance. Et ils pensaient qu’éliminer un concurrent leur permettraient d’avoir les faveurs de leur père. Et pourtant ce n’a fait qu’empirer les choses.
Les hébreux, durant leur séjour en Egypte, avait de la valeur qu’a travers
leur travail.
Si hier tu as fait 1000 briques, fais-en 1100 aujourd’hui.
Ils avaient, eux aussi, faim de reconnaissance. Le peuple hébreu a été
écrasé par les Égyptiens, exploité comme une simple main-d’œuvre, sans
valeur aux yeux de Pharaon, au point que celui-ci alla jusqu’à faire tuer
leurs enfants.
Pourtant Dieu dit à Moïse en Exode 3 :7 : « J’ai vu la souffrance de mon
peuple qui est en Egypte et j’ai entendu les cris qu’il pousse devant ses
oppresseurs. Oui, je connais ses douleurs.
Dieu a vu. Dieu connaît l’état intérieur de son peuple, sa souffrance, ses
cris, ses blessures.
Il entend les appels de ceux qui sont écrasés. Il perçoit ce qu’ils ressentent
au plus profond.
La Pâque vient bouleverser cet état de fait.
Dieu a vu les souffrances de l’humanité et a envoyé son Fils pour la sauver.
Ce n’est ni notre performance personnelle, ni une relation familiale, ni un
statut humain qui nous sauvent. Le salut est venu par le sang de l’agneau.
Notre valeur ne dépend pas de ce que nous bâtissons ici-bas, ni de la
validation que nous recherchons parfois chez nos parents, nos proches ou
notre entourage. Elle ne dépend pas non plus du succès visible que nous
pouvons avoir, mais de qui nous sommes pour Dieu, de notre relation
avec Lui.
Posons-nous quelques questions :
– Si demain personne ne voyait le bien que je fais, aurais-je encore
envie de le faire ?
– Est-ce que je regarde la tunique de quelqu’un avec envi ? Comme les
frères ont regardé celle de Joseph ?
– Est-ce que je porte un regard sur un frère, comme le portaient les
frères de Joseph ?
Ces interrogations sont là pour nous aider à réfléchir, pour discerner si
nous ne souffrons pas, nous aussi, d’une forme de faim — une famine
intérieure qui nous ronge parfois.
Car nous savons que la soif de reconnaissance est profondément
humaine.
Le sang appliqué sur les linteaux lors de la Pâque permit au peuple hébreu d’être reconnu et protégé.
Comme il est écrit en Exode 12 :13
Pour vous en revanche, le sang servira de signe sur les maisons où vous
vous trouverez: je verrai le sang et je passerai par-dessus vous.
Ce sang était un signe de reconnaissance.
Et nous aussi nous sommes maintenant reconnus par Dieu, nous pouvons
le connaître tel qu’IL est.
Je le répète : Dieu voit, Dieu entend, Dieu comprend et Dieu connaît,
parce qu’Il a reconnu le sacrifice de son Fils.
Nous sommes aimés de Dieu non parce que nous produisons, non parce
que nous réussissons, mais parce que nous Lui appartenons, et cela
grâce au sang du Christ.
Nous n’entendons plus cette petite voix semblable à celle de Pharaon qui
nous répétait autrefois :
« Tu ne vaux rien si tu ne produis pas, si tu ne réussis pas. »
Selon Ephésien 1 : 5-7 et 11-12 il est écrit :
5 nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par
Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, 6 à la louange de la gloire
de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé.
7 En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés,
selon la richesse de sa grâce,
11 En lui (Christ) nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été
prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après
le conseil de sa volonté, 12 afin que nous servions à la louange de sa gloire,
nous qui d’avance avons espéré en Christ.
Ainsi, chers frères et sœurs, nous ne devrions plus souffrir de cette faim de
reconnaissance qui pesait autrefois en Égypte, ou qui rongeait les frères de
Joseph — même si, parfois, elle peut encore nous toucher.
Car maintenant, nous sommes devenus enfants de Dieu et reconnus
comme héritiers.
Encore deux versets pour conclure cette partie.
Galates 1:10 : « Est-ce la faveur des hommes que je recherche, ou celle de
Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore
aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. »
Jean 5:44 : Jésus s’adresse ici aux pharisiens, qui lui reprochaient d’avoir
guéri un homme le jour du sabbat. Il leur répond :
39 Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie
éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. 40 Et vous ne
voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
41 Je ne tire pas ma gloire des hommes. 42 Mais je sais que vous n’avez point en vous l’amour de Dieu. 43 Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. 44 Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
Ces versets nous rappellent de ne pas rechercher la reconnaissance des
hommes.
Dans la vie, il existe bien d’autres formes de famines dont nous pouvons
souffrir. Il peut s’agir de manques que l’on porte au fond de nous, et que
personne ne voit. Une faim qui ne se manifeste pas physiquement mais
intérieurement.
C’est parfois une famine de sens, parfois une famine de vérité, parfois
encore une famine d’appartenance — toutes ces formes de manque qui
peuvent nous user, nous épuiser, ou nous maintenir dans une impression
de vide.
2) La famine du sens.
Regardons maintenant la famine du sens.
Parfois, dans la vie, nous traversons des moments où nous fabriquons des
briques…
Une brique, deux briques, trois briques, quatre briques…
Et, au final, nous ne savons même plus pourquoi nous faisons tout cela.
Les journées se répètent mécaniquement. C’est le fameux
métro-boulot-dodo.
C’est une famine qui ne fait pas gargouiller le ventre et qui ne se voit pas de
l’extérieur.
On peut avoir un travail, une famille, un conjoint aimant, une vie sociale…
et pourtant ressentir un vide intérieur.
Les Hébreux fabriquaient des briques, mais ils ne les fabriquaient pas
pour eux-mêmes : ils construisaient pour Pharaon
Et peu à peu, ils en sont venus à perdre une partie de leur identité.
Autrefois, ils vivaient sous la tente comme Abraham.
En Égypte, ils vivaient désormais dans des maisons qui n’étaient pas les
leurs, dans un système qui n’était pas le leur.
Alors, on doit se poser la question :
Pourquoi est-ce que je fais tout cela ?
La famine de sens apparaît lorsque le pourquoi disparaît.
Quand on s’habitue à notre situation, même lorsqu’elle n’est pas bonne.
Quand on s’habitue au péché.
Quand on vit confortablement avec ce qui, pourtant, nous détruit à petit
feu.
Parce que, oui :
il est souvent plus facile de continuer à vivre avec un péché que de
chercher le changement,
ou d’oser se remettre en question.
Et puis, que se passerait-il si nous décidions vraiment de changer ?
Ne préférons-nous pas parfois rester en pilote automatique dans notre
routine ?
La Pâque vient nous sortir de cela.
Le Christ donne un sens. Une direction. Une raison. Un but.
Nous avons devant nous un horizon nouveau, radieux, qui nous dépasse.
La Pâque a introduit de l’extraordinaire dans leur quotidien.
Elle les a bousculés, dérangés, réveillés.
Un fois sortie d’Egypte, on ne construit plus pour Pharaon, Ils ont
commencé à travailler pour eux-mêmes, et Dieu les guidaient.
Dieu ne les a pas simplement libérés de Pharaon.
Il les a libérés pour un but bien précis : celui d’aller Le servir
On ne peut pas être libéré sans rien mettre à la place.
Lorsque Dieu retire un esclavage, Il offre aussi une direction.
Nous avons tous besoin d’une orientation intérieure, car notre mode de vie
— travail, routine, consommation — peut créer de la fatigue, du vide, voire
une forme de dépression.
Si nous sortons de notre « Égypte » sans donner de sens à cette liberté,
nous ressemblons à l’homme décrit en Matthieu 12:43-45
43 Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides,
cherchant du repos, et il n’en trouve point. 44 Alors il dit : Je retournerai
dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide,
balayée et ornée. 45 Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus
méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière
condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour
cette génération méchante.
Dans le désert, les Hébreux ont dû apprendre à faire confiance à Dieu,
même pour les choses les plus élémentaires — comme la nourriture.
Et Dieu a toujours répondu présent.
Il leur envoyait la manne chaque matin.
Il leur donnait aussi des cailles lorsque c’était nécessaire.
Tant qu’ils Lui restaient fidèles, Dieu comblait leurs besoins.
Israël a enfin pu retrouver un sens : ils travaillaient désormais pour
eux-mêmes, sous la conduite de Dieu.
De même que Jésus donne un sens à la vie, à la mort, à pourquoi je suis là.
Jésus est le chemin, le chemin qui nous conduit à notre Terre promise.
Encore deux versets pour conclure cette partie :
Ésaïe 55:2 : « Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ?
Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? »
Jean 6:27 : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui
subsiste pour la vie éternelle. »
Il existe des choses qui ne nourrissent pas l’âme.
Nous pouvons investir du temps, de l’énergie, nos pensées, nos forces
dans des activités qui ne nous apportent ni paix ni joie durable.
Mais Jésus nous appelle à rechercher une nourriture d’un autre ordre : une
nourriture spirituelle, qui demeure et qui donne la vie éternelle.
Passons maintenant à un autre type de famine : la famine de la vérité.
3) La famine de la vérité
Qu’est-ce que la famine de la vérité ?
Les frères de Joseph vivaient-ils réellement dans la vérité ?
Ou ont-ils passé de longues années dans le mensonge, à porter un secret
insoutenable ?
A votre avis, quel devait être le poids de leur secret ?
Quelle attitude devaient-ils adopter devant leur père pour conserver leur
version ?
Et qu’aurait-il pu se passer si l’un d’eux, écrasé par la culpabilité, avait tout
avoué ?
C’est ici que l’on entre dans la zone sombre du récit :
le côté obscur de ces hommes, pourtant pères des tribus d’Israël.
Pendant plus de vingt ans, les frères de Joseph ont vécu avec un cadavre
dans le placard : le cadavre symbolique de leur propre frère, vendu à des
marchands d’esclaves.
Que pensez-vous qu’ils leur manquaient ?
Ils leur manquaient la paix, La paix intérieure que donne la vérité, la paix
qui libère de la culpabilité et des non-dits.
Mais tant que le mensonge demeure, cette paix est impossible.
On peut se donner l’illusion de la paix, vivre dans une sorte de statu quo,
fonctionner en mode automatique, mécanique, avec un masque sur le
visage.
Devons-nous vivre avec un masque ?
Ne désirons-nous pas plutôt être pleinement nous-mêmes ?
Les secrets agissent comme des parasites.
Ils deviennent des pharaons invisibles, qui nous asservissent.
Ils entretiennent la peur, le doute, le manque de confiance.
Ils nous obligent à ériger des pyramides de justification, qui demandent
une énergie immense et usent notre santé mentale.
On n’est plus aimé pour ce que l’on est réellement, mais pour l’image que l’on projette.
Pourtant, chacun d’entre nous désire profondément être authentique.
Les frères de Joseph vivaient aussi dans la peur :
la peur qu’un jour leur secret soit découvert,
la peur que la vérité éclate,
la peur que leur père apprenne ce qu’ils avaient fait.
Et lorsque ces frères se sont rendus en Égypte, et que Joseph les a
reconnus…
Qu’a-t-il fait ?
On pourrait dire qu’il les a un peu bousculés.
Il les a mis à l’épreuve, jusqu’à leur demander de faire venir Benjamin, leur
plus jeune frère.
C’était une manière de les confronter à leur secret, de réveiller leur
conscience.
Comment ont-ils réagi ? Lisons Genèse 42 : 21-22
Ils se dirent l’un à l’autre : Certainement, nous sommes punis à cause de
ce que nous avons fait à notre frère ; car nous avons vu sa détresse quand
il nous suppliait, et nous ne l’avons pas écouté. Voilà pourquoi nous nous
trouvons nous-mêmes à présent dans la détresse.
22 Ruben leur rappela : Ne vous avais-je pas dit : Ne vous rendez pas
coupables d’un tel péché envers cet enfant ! Mais vous ne m’avez pas
écouté. Voilà pourquoi nous devons maintenant payer pour sa mort.
C’est à cause de ce que nous avons fait à notre frère – voilà la penser qu’ils
avaient dans leur cœur.
Le secret pesait sur leur conscience.
Ils ne pouvaient plus l’ignorer.
Nous ne pouvons pas approcher de la pâque avec des secrets.
Nous ne pouvons pas non plus approcher la Pâque en gardant des
secrets intérieurs.
Prendre la Pâque implique une mise à nu du cœur, une recherche honnête
du levain, même du plus infime.
Car un peu de levain fait lever toute la pâte.
Nettoyer la maison, c’est aussi nettoyer les placards.
C’est en retirer les cadavres symboliques qui s’y trouvent — et non pas
refermer la porte et balayer la poussière sous le tapis.
Les Hébreux ont mis du sang sur les linteaux pour être protégés.
Le sang du Christ, lui, sert à racheter des gens imparfaits — nous.
Nous devons accepter que nous sommes imparfaits, imparfaits mais
protégé par le sang de Christ qui nous purifie.
Quels sont les masques que nous portons ?
Y a-t-il une partie de moi que je cache aux autres par peur d’être rejeté ?
Combien d’énergie me coûte chaque jour le maintien de cette façade ?
Nous aspirons tous à la transparence.
Imaginez que tout le monde ici connaissent votre secret. Votre secret le
plus lourd, le plus douloureux.
Prenez un instant pour penser à ça.
Maintenant dite vous, que nous autres, qui connaissons se secret, nous
t’aimons, nous l’acceptons et te respectons.
Ne sentirons-nous pas un soulagement d’être libéré de ce poids de non-
dits et de mensonge ?
Pour la Pâque, quelle petite miette de mensonge, de déni pouvons-nous
encore nettoyer ?
Je vais rappeler les paroles de Jésus en Jean 8 :32
Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, 32
vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.
La sortie d’Égypte commence avec un aveu, avec la décision de quitter le
mensonge pour marcher vers la Terre promise.
Car on ne peut pas avancer vers la Terre promise avec un sac rempli de
mensonges, ou un cadavre accroché au dos.
Il faut les déposer sur le rivage, avant de traverser la mer Rouge
L’Égypte était un lieu rempli d’illusions et de mensonges.
Pharaon utilisait ses magiciens pour entretenir l’apparence du pouvoir.
Il refusait de reconnaître le vrai Dieu, préférant vivre dans l’illusion.
La Pâque nous rappelle le sacrifice de Jésus.
On dit souvent qu’Il a été brisé pour nous.
Mais la vérité, elle, ne nous brise pas :
elle brise nos chaînes,
elle brise nos mensonges,
elle brise ce qui nous emprisonne.
Rappelez-vous :
des larmes ont coulé lorsque Joseph s’est fait reconnaître de ses frères,
des larmes de soulagement,
des larmes de vérité,
des larmes de restauration.
Comme pour les points précédents, lisons deux versets pour conclure
cette partie :
Psaume 32 : 3-5 – Psaume de David lorsqu’il gardait un secret dans son
cœur avant de l’avouer à Dieu.
Tant que je me suis Donc que j’ai gardé le secret, mes os se consumaient, Je gémissais toute la journée; 4 Car nuit et jour ta main s’appesantissait sur moi, Ma vigueur n’était plus que sécheresse, comme celle de l’été.
5 Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité; J’ai dit :
J’avouerai mes transgressions à l’Eternel ! Et tu as effacé la peine de mon
péché.-
Il est frappant de voir que, déjà dans les Psaumes, David décrit ce que
produit un secret lourd :
– Un épuisement physique,
– Un poids mental,
– Une pression intérieure constante.
– Le mensonge ronge, la vérité libère.
Et comme nous l’avons tous relu ces dernières semaines, 1 Corinthiens
5:7-8 dit :
: « Purifiez-vous du vieux levain… Célébrons donc la fête, non avec du vieux
levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains
sans levain de la pureté et de la vérité. »
Pour s’approcher de la Pâque, il faut faire sortir le vieux levain, celui du
mensonge, de la duplicité, des non-dits.
On ne peut pas célébrer la fête de Dieu en gardant un cœur chargé de ce
qui nous ronge, ou en cachant ce qui nous emprisonne intérieurement.
La vérité est exigeante, mais elle est libératrice.
Dieu ne nous demande pas d’être parfaits : Il nous demande d’être vrais.
Quatrième et dernier point : la famine d’appartenance.
4) La famine d’appartenance
L’Égypte avait été, pour la famille de Joseph, une sorte de paradis.
Ils y avaient trouvé de la nourriture, de la sécurité et même des honneurs,
puisque Joseph était devenu le second après Pharaon.
Alors que le monde entier souffrait de la pénurie, eux obtinrent des terres
excellentes, fertiles, dans la région de Goshen.
Que demander de plus ?
Dans mon travail, je suis amené à me déplacer régulièrement : une ou deux
nuits dans des hôtels, des repas au restaurant, le tout financé par
l’entreprise.
Ce sont souvent de très bons hôtels et de très bons restaurants, avec des
plats que je ne mange pas chez moi.
Mais suis-je vraiment mieux dans ces hôtels…
ou bien chez moi ?
En réalité, chacun de nous porte en lui ce besoin d’appartenance, ce besoin d’être « chez soi » — pas seulement géographiquement, mais émotionnellement, spirituellement, intérieurement.
Dans l’histoire de Joseph, on voit cette famine d’appartenance partout.
Joseph est étranger partout :
· Dans la maison de son père, il n’est pas accepté par ses frères.
· Il est trahi, vendu comme esclave.
Même lorsqu’il réussit, même lorsqu’il est reconnu, même lorsqu’il est
élevé en dignité… il reste fondamentalement seul.
Chez Potiphar, il prospère, mais la femme de Potiphar le trahit.
En prison, il trouve grâce, mais reste isolé.
Il avait la réussite, la gloire, l’importance…
Mais avait-il un lieu d’appartenance ?
Moi aussi, lors des séminaires ou des événements professionnels, je peux
me sentir bien, entouré, intégré.
Et pourtant, au fond, je sais que je ne suis pas vraiment à ma place.
Je suis là, mais je n’appartiens pas à ce monde-là, et je ne souhaite pas lui
appartenir.
Parfois, on a l’impression d’être entouré de personnes qui aiment ce que
l’on fait ou ce que l’on représente, mais pas forcément qui l’on est.
On appartient à un système, à une entreprise, à une image…
mais pas à une communauté de cœur.
On se sent en exil, loin de son vrai chez-soi.
Le sacrifice du Christ, que nous commémorons à la Pâque, nous offre une
nouvelle famille : une famille bienveillante, qui soutient, qui aime, qui
n’est pas censée juger, et qui nous accepte tels que nous sommes.
Une famille qui nous élève, qui nous porte vers Dieu,
une famille qui nous aide à marcher vers notre véritable chez-nous,
vers la Terre promise.
Regardons maintenant la réaction de Joseph en Genèse 45:4 :
4 Joseph dit à ses frères: «Approchez-vous de moi» et ils s’approchèrent. Il
dit: «Je suis Joseph, votre frère, celui que vous avez vendu à destination de
l’Egypte
C’est un véritable cri du cœur : « Je suis votre frère. »
À ce moment-là, Joseph éclate en sanglots.
Il pleure si fort que tout le palais de Pharaon l’entend.
Ces larmes ne sont pas des larmes de colère ou de tristesse, mais des
larmes de réconciliation, de libération, de restauration.
Pourtant Joseph avait tout en Egypt : réussite, statut, autorité, prospérité et
reconnaissance.
ce dont il avait le plus besoin n’était ni richesse, ni pouvoir, ni sécurité… mais une famille.
Une relation restaurée avec ceux qui partageaient son sang.
La Pâque juive est d’ailleurs un moment passé en famille.
Elle marque la naissance d’un peuple, une identité commune, une
transmission de génération en génération.
On ne sort pas d’Égypte seul : on sort ensemble, comme frères et sœurs,
et non comme une masse d’individus isolés, chacun souffrant dans son
coin.
La Pâque crée un peuple.
L’agneau devait être mangé en famille, avec ses proches, même avec ses
voisins si la famille était trop petite.
C’était — et c’est encore — une fête profondément communautaire,
familiale, vivante.
Nous avons tous besoin d’appartenance.
Nous avons tous besoin d’un lieu où l’on est attendu, accueilli, connu,
aimé.
Le sacrifice du Christ nous offre cette famille :
une famille spirituelle qui n’est pas fondée sur le sang humain,
mais sur le sang de l’Agneau,
une famille qui nous accompagne, nous relève, nous porte dans la foi,
et qui nous aide à avancer vers notre véritable chez-nous,
notre Terre promise.
On sort d’Égypte ensemble, comme frères et sœurs —
et non comme une simple foule d’individus isolés, chacun absorbé par sa
propre souffrance.
La Pâque n’est pas un événement privé :
c’est un moment qui forme une communauté, qui unit, qui rassemble.
Elle n’a jamais été conçue pour être vécue seul, dans son coin.
C’est un repas, un partage, une transmission.
Un moment où l’on se rappelle que nous faisons partie d’un peuple :
le peuple que Dieu s’est choisi.
La Pâque a créé un peuple.
L’agneau devait être mangé avec la famille, avec les proches, avec les
voisins.
Chaque foyer devait participer.
C’était un acte communautaire, un acte d’unité.
Ce besoin d’appartenance, Dieu l’a placé en nous.
Et c’est pourquoi l’Écriture nous rappelle
Hébreux 10 :25 N’abandonnons pas notre assemblée
Alors bien sûr, nous ne serons chez nous uniquement lorsque nous aurons atteints notre Terre promise. Lorsque nous serons dans le royaume. Car nous ne sommes que des pèlerins sur cette terre, nous ne sommes que de passage.
Mais la pâque est une invitation pour le partage.
Le partage d’un repas, le partage d’une difficulté ou d’une réussite.
Partager un espoir ou une peur.
L’Egypte était un lieu où le peuple hébreu travaillait ensemble, mais où
chacun souffrait seul.
Aujourd’hui, notre souffrance ne doit plus être individuelle.
Elle ne doit pas être un secret que chacun porte seul dans son cœur.
Nous avons Celui à qui déposer notre fardeau,
Celui qui a dit que son joug est doux et son fardeau léger.
Et nous avons aussi les frères et sœurs, pour marcher ensemble.
La Pâque a été le point de départ d’une marche collective,
un voyage partagé vers la liberté, un départ commun vers la Terre promise.
En Éphésiens 2:19 : « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens
du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de
Dieu. »
Nous avons une maison, un peuple, une famille.
Et ce voyage commence toujours par une décision : celle de quitter
l’esclavage.
Car l’esclavage n’est pas une destination —
on ne peut pas rester en Égypte :
si l’on y reste, on finit par mourir spirituellement.
Nous sommes des pèlerins.
Nous ne sommes ici que de passage.
Notre véritable patrie est ailleurs, et ensemble, nous avançons vers elle.
Voici ce que dit David dans son psaume, faisant référence à la sortie
d’Égypte et à l’action de Dieu :
Psaume 68:7-8 :
7 Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés, Il délivre les
captifs et les rend heureux
8 O Dieu ! quand tu sortis à la tête de ton peuple, Quand tu marchais dans
le désert,-
David rappelle que Dieu ne laisse pas seuls ceux qui sont abandonnés.
Il donne une famille, Il libère, Il accompagne, Il marche avec Son peuple.
Il ne sauve pas seulement du danger :
Il sauve vers une communauté, vers un foyer, vers une appartenance.
Chers frères et sœurs, je voulais partager avec vous ces quelques réflexions pour rappeler tous les bienfaits que Dieu nous offre à travers le sacrifice de Son Fils unique.
La Pâque nous ramène à cette vérité :
Dieu ne nourrit pas seulement notre corps,
Il nourrit notre âme,
Il nourrit notre esprit,
Il nourrit notre identité profonde.
Je termine en vous rappelant cette vérité essentielle : inscrite en Mathieu
4 :4
L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de
la bouche de Dieu. (Mathieu 4 :4)
Amen