Auteur : David Sk. , Conférence de Pâque, le 05/04/2026, Vigy
– Sujet #05 –
Chers frères et Sœur, amis de la vérité, que la paix de l’Eternel soit avec vous tous.
Quand l’automne arrive, les plantes dépérissent progressivement, les arbres perdent leurs feuilles et le froid s’installe.
Dans la nature, tout semble s’endormir : le jardin potager meurt et l’hiver prend sa place.
On a l’impression que tout est fini, comme si l’on ne pouvait plus croire au retour de l’été.
Puis vient le printemps.
Avec le soleil, la chaleur, en quelques jours, la nature se réveille.
Tout, presque en même temps, reprend vie, nous faisant oublier la langueur de l’hiver.
Lorsque Jésus est mort sur la croix, pour les apôtres, les disciples, ses amis, sa famille, tous ceux qui l’aimaient et l’appréciaient ; cet événement : la mort, auquel on ne s’habitue jamais, les a plongés dans le désarroi et une profonde détresse émotionnelle.
Pourquoi ?
N’avait-il pas annoncé qu’il ressusciterait ?
Ce concept leur était beaucoup trop abstrait.
Bien qu’ils aient pourtant vu de leurs propres yeux Jésus ressusciter des morts, ils éprouvaient de grandes difficultés à croire en sa résurrection.
Pourquoi une telle difficulté à y croire ?
C’est l’une de ces doctrines qui, en apparence simples, s’avèrent en réalité parmi des plus difficiles à accepter.
Nous intitulerons notre propos : « Il n’est point ici ; il est ressuscité». (Matthieu 28 : 6)
Pour commencer, remontons en Éden, où Dieu dit à l’homme en Genèse chapitre 2 verset 17
tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
Au tout début de leur vie, Adam et Ève étaient inexpérimentés.
La mort, la cessation de toute vie et de toute activité, restait pour eux une notion abstraite.
Comment comprendre que la vie, que Dieu venait de leur donner, puisse être subitement retirée ?
Après la ruse de l’adversaire, qui séduisit Ève, Adam ne voulut pas rester seul et mangea à son tour du fruit défendu.
Alors, la peur, le doute et la honte s’emparèrent d’eux.
Ils prirent conscience d’avoir commis une faute, mais désormais c’est trop tard.
Ils ont pu penser : « Dieu ne va quand même pas nous faire mourir, cela n’a pas de sens. Dieu va sûrement nous protéger. D’ailleurs, le serpent nous l’a dit » chapitre 3 verset 4 Vous ne mourrez point
La suite, nous la connaissons.
L’homme, en dehors d’Éden, continua de vivre, mais dans des conditions bien moins favorables, à la sueur de son front.
Cependant, après tout, il continue de vivre : « ça va quand même ».
Alors, Dieu ne nous aurait-il pas tout dit ?
N’avons-nous peut-être pas compris le sens de la mort?
Puis survint la première expérience de la mort : celle d’Abel, leur fils.
Là, ce fut un choc.
Alors, c’est le serpent ne nous a-t-il pas dit la vérité ?
Ou bien Abel est-il ailleurs ?
Et voilà près de 6000 ans que l’homme se pose cette question, entre contradiction et incertitude.
D’un côté, il a la certitude de la mort, dont il est témoin chaque jour ; de l’autre, une multitude d’idées, souvent plus déroutantes les unes que les autres, suggérées par l’adversaire.
Parmi elles, l’idée d’une âme immortelle, débordant d’imagination : entre un enfer qui effraie, un paradis auquel ils ne croient pas, ou encore la réincarnation, des vies multiples à travers les époques dont l’homme n’a aucun souvenir, et bien d’autres spéculations encore.
Dans la Bible, il est un homme qui connut la gloire.
Aimé de Dieu, riche et comblé, il perdit pourtant tout.
Dieu l’éprouva sévèrement : il perdit toute sa richesse, sa femme, ses enfants et tous ses biens.
Il perdit également sa santé.
Ses amis ne comprenaient pas qu’il ne maudissait pas
Dieu au vu de sa situation.
Je veux bien sûr parler de Job.
Dans le livre de Job, au chapitre 2, verset 9, alors que sa femme voyait sa situation désespérée, elle lui dit :
Tu demeures ferme dans ton intégrité! Maudis Dieu, et meurs!
Mais Job savait que tout cela relevait de l’affaire de Dieu, et il accepta la volonté divine, sans murmure ni plainte.
Durant cette épreuve, il ne perdit pas la foi.
Il s’en remit entièrement à Dieu et accepta tout, car Dieu était tout pour lui.
Dans le livre de Job, au chapitre 1, versets 21 et 22, nous lisons :
Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni!
En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu.
Cette fidélité exceptionnelle envers Dieu révéla beaucoup de choses à Job.
C’était un homme d’expérience, et bien sûr, qu’il voulait vivre.
Car mourir ainsi n’a pas de sens.
Et Job dira, au chapitre 14, versets 13 et 14 :
Oh! si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, M’y tenir à couvert jusqu’à ce que ta colère fût passée, Et me fixer un terme auquel tu te souviendras de moi!
Si l’homme une fois mort pouvait revivre,
Si l’homme, une fois mort, pouvait revivre.
La sagesse divine lui permet de comprendre que Dieu a nécessairement prévu, dans son merveilleux plan, une forme de résurrection.
Il comprit qu’un Dieu bon ne pouvait pas permettre que la suite logique de la vie d’un homme se termine par la mort.
Après avoir contemplé toutes les merveilles de la création, comment ne pas désirer vivre éternellement, en harmonie avec ses semblables et dans l’obéissance à l’Éternel ?
Que tout s’arrête sans suite, est-ce là le bonheur ?
Est-ce vraiment la volonté l’Éternel ?
Non.
Job n’a pas été le seul à qui cela a été révélé.
Rappelons-nous d’Isaac, lorsque son père Abraham était prêt à le sacrifier.
À travers la douleur de ces jours d’épreuve, Abraham comprit que cette demande était sans doute un acte des plus solennels pour l’Éternel.
Car notre Seigneur lui-même a dit, dans l’Évangile de Jean, chapitre 8, verset 56 :
Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour: il l’a vu, et il s’est réjoui.
Cela nous indique qu’Abraham a vu le jour du Seigneur.
Il l’a vu par la foi, à travers son fils Isaac.
Lorsque Dieu demanda à Abraham d’offrir son fils Isaac, qu’il aimait au-delà de tout, il comprit, ou du moins perçut par l’œil de la foi, qu’il accomplissait quelque chose d’important sur le plan Divin.
Il savait que le sacrifice de son fils Isaac pouvait être une préfiguration du Seigneur, qui devait lui aussi mourir pour sauver toute la race humaine, selon la promesse divine.
Abraham avait une telle foi que, dans une certaine mesure, même si l’ange n’avait pas retenu son bras, l’Éternel avait le pouvoir de lui rendre son fils.
Abraham avait compris cela à travers Isaac, en offrant son fils tout en intégrant l’hypothèse d’une résurrection.
C’est ainsi que pensaient les anciens dignes, témoin de la foi, comme nous le rapporte l’apôtre Paul en Hébreux, chapitre 11, verset 19.
Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts; aussi le recouvra-t-il par une sorte de résurrection.
Qu’en est-il de la plupart des hommes contemporains se disant croyants ?
Quelle est leur croyance vis-à-vis de la résurrection ?
Ne comprenant pas toujours correctement les
Écritures, alors que la connaissance augmente, beaucoup perdent peu à peu la foi en la résurrection.
Ils se disent : « Autrefois, les gens étaient ignorants, mais aujourd’hui nous avons la connaissance, nous sommes évolués.
C’est le cycle de la vie : l’homme naît, vit, à lui d’en profiter au mieux, puis vient la mort.
Croire autrement, c’est croire à de vieilles fables, ce n’est pas sérieux. »
Voilà la triste réalité.
Certains adoptent ainsi des explications suggérées par l’adversaire.
Ils sont troublés par l’idée d’une âme immortelle, et certains finissent par se dire en eux-mêmes : « La vie éternelle… mais pourquoi faire ? »
Certains n’en veulent même pas.
Ils n’en voient pas le sens.
Et le plus étonnant, c’est que parfois, ce sont des croyants eux-mêmes qui tiennent de tels propos.
Ils vont pourtant dans des églises, entendent parler de la résurrection, de Jésus-Christ ressuscité… mais ils n’y croient pas.
En discutant une fois de ce sujet avec l’un de mes responsables au travail, il me confia que sa grand-mère était une personne pieuse, religieuse et profondément croyante.
Cependant, la vie ne lui avait apporté que souffrance, malheur et une mort précipitée dans la douleur.
Pour lui, le bon comportement de sa grand-mère aurait dû lui assurer une vie paisible ici-bas.
Cette incompréhension le conduisait à penser que Dieu était injuste.
Cependant sa vision se limitait uniquement à ce monde mauvais, sans aucun autre espoir.
Je me souviens également d’un enterrement, d’un jeune homme de 20 ans, décédé dans un tragique accident de voiture.
Des témoins impuissants l’ont vu brûler vif, en proie à d’atroces souffrances.
Les parents étaient dévastés, inconsolables face à cette perte soudaine et cruelle de leur fils.
Le père, qui était l’un de mes collègues de travail et ne fut plus jamais le même après cette tragédie.
Plus de mille personnes étaient présentes à cet enterrement.
C’était l’occasion, pour le prêtre, d’apporter un véritable message d’espoir.
Pensez-vous que ce fut le cas ?
Les premiers mots furent prononcés avec une certaine dureté, presque en rejetant la responsabilité sur Dieu : « Je ne sais pas pourquoi Dieu vous a pris votre fils. Mais vous avez deux choix : la colère ou l’espoir. Moi, je vous conseille de choisir l’espoir… mais je ne saurais vous dire en quoi consiste cet espoir. »
Quel message encourageant !
J’ai également constaté que, lors des enterrements, les prêtres utilisent souvent le terme « résurrection » à de très nombreuses reprises.
Alors, y croyez-vous vraiment ?
Les personnes restent souvent dubitatives et évitent d’en parler.
Et il peut être surprenant de constater que même certains prêtres, en privé, avouent eux-mêmes ne pas y croire.
C’est la triste réalité.
Comme si la mort était une évidence normale, une fatalité inévitable pour tout être humain.
La doctrine de la résurrection est l’une des plus difficiles à accepter, et elle demande une foi ferme et éprouvée.
Revenons à notre Seigneur, lorsqu’il fut ressuscité le troisième jour.
Cet événement fut loin d’être facile à accepter pour beaucoup.
Intéressons-nous particulièrement au premier jour de sa résurrection, qui est remarquable à bien des égards.
Comme nous le savons, Jésus ressuscita tôt le matin.
Les premières à avoir le privilège de le voir furent des femmes.
En effet, n’ayant pas eu le temps, en raison du sabbat, elles n’avaient pas pu embaumer le corps comme c’était la coutume.
Elles vinrent donc très tôt le matin… et, stupéfaction : le tombeau était vide.
Lisons dans l’Évangile de Jean, chapitre 20, versets 11 à 18 ce récit :
Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds.
Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis.
En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai.
Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c’est-à-dire, Maître!
Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.
Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses.
Analysons la situation de Marie de Magdala.
Face à une remise en question aussi importante, l’être humain passe généralement par différentes étapes.
La première est souvent le déni : on n’arrive pas à prendre conscience de la réalité.
Habituellement, les tombeaux sont synonymes de mort, et l’on s’attend à ne voir que des défunts.
Comme l’a dit Marie : si le corps n’est pas là, c’est qu’on l’a déplacé ailleurs.
Mais déjà, une chose inhabituelle se produit : elle voit deux anges qui lui parlent, cherchant à la faire réagir.
Car ce tombeau n’est désormais plus un symbole de mort, mais de résurrection.
Cependant, pour l’instant, son esprit n’est pas disposé à accepter cette réalité.
« Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Quelle question… Elle vient de perdre un être qui lui était cher, elle est en deuil et profondément attristée.
Le but des anges est de la faire réfléchir, de l’amener à prendre conscience de ce qui se passe.
Dans l’Évangile de Luc, il est précisé que Marie n’était pas seule, mais accompagnée de plusieurs femmes.
Luc rapporte au chapitre 24, verset 5 :
Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?
Elles étaient dans un état de choc et de confusion, ce qui ne permettait pas une réflexion immédiate.
Le deuxième temps est celui de la réflexion, où la logique, l’expérience, l’éducation et le vécu reprennent le dessus. C’est alors que surgit le doute, et l’on se remet en question.
Puis, se retournant, Marie aperçoit un troisième personnage et tente de trouver une explication logique et humaine, pensant qu’il s’agit du jardinier.
Il est intéressant de constater que, lorsque l’esprit humain est en détresse face à une situation qui semble surnaturelle, il cherche à tout prix une explication rationnelle.
Son esprit construit alors une interprétation de la situation :
« C’est le jardinier qui a pris le corps. Il l’a donc déplacé ailleurs… la solution est là. »
Verset 15 dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai
Ainsi, tout finirait par rentrer dans l’ordre, du moins dans son esprit et elle pourrait retourner au tombeau et terminer l’embaumement du corps.
Le troisième temps est celui de l’acceptation et de la reconnaissance, où l’on parvient à comprendre pleinement ce qui se passe.
Au verset 16 nous lisons :
Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c’est-à-dire, Maître!
L’amour que Marie portait pour Jésus, ainsi que la manière dont Jésus prononça son nom « Marie » provoqua en elle un déclic.
Son cœur était désormais prêt à reconnaître son Maître.
Tant que son esprit était focalisé sur le tombeau, elle ne pouvait admettre la résurrection, ne prenant pas véritablement conscience de celui qu’elle regardait, ni de la personne à laquelle elle parlait.
Il fallait que son cœur soit profondément touché pour qu’elle puisse réagir.
Le fait qu’elle ait réagi, somme toute assez rapidement, montre qu’elle aimait profondément le Maître et qu’elle acceptait, avec foi, la vérité qu’il lui avait enseignée.
Le quatrième temps correspond à une transformation intérieure accompagnée d’un engagement dans le témoignage.
C’est une transformation spirituelle : de la peur, on passe au doute, puis la foi reprend le dessus.
On désire alors avancer et partager ce qui nous a été révélé.
C’est avec empressement qu’elle alla voir les disciples pour leur annoncer cette merveilleuse nouvelle.
Dans l’après-midi, Jésus apparut à deux disciples qui se rendaient à Emmaüs après avoir vécu la tragédie de ce qui était arrivé à leur Maître.
Nous verrons que le même schéma que pour Marie va se reproduire.
Premier temps : le déni
Désemparés, ils marchaient, le cœur affligé.
Pendant qu’ils discutaient, Jésus lui-même s’approcha d’eux et fit route avec eux, mais ils ne le reconnurent pas.
Le Maître en qui ils avaient placé toute leur espérance, qu’ils considéraient comme un grand prophète et qui avait accompli tant de miracles, était au centre de leur vie et de leur cœur.
Pour eux, il était le libérateur attendu.
Mais désormais, ils ne comprennent plus le sens de ce qui s’est passé.
Tout semble terminé : il a été crucifié.
Que s’est-il donc produit pour que tout se termine ainsi?
Deuxième temps : la réflexion
Jésus va alors s’entretenir avec eux.
Luc chapitre 24 verset 17 à 27
Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes?
L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? –
Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié.
Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées.
Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.
Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu.
Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes!
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire?
Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
Nous pouvons constater qu’il a fallu davantage de temps à ces deux disciples pour saisir toute la portée de la mission de Jésus.
Contrairement à Marie, il est possible qu’ils n’aient pas connu Jésus avec la même proximité.
Ils avaient donc besoin de plus d’explications pour comprendre pleinement ce qui se passait.
Versets 28 et 29 :
Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.
Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux.
Il est à noter que, si ces deux disciples n’avaient pas eu la volonté d’inviter leur compagnon de route à entrer chez eux, le Seigneur ne serait probablement pas resté.
Ils seraient alors passés à côté d’une grande bénédiction.
Ils étaient profondément touchés intérieurement et souhaitaient prolonger la communion avec lui.
Toutes ses paroles les avaient tellement réconfortés qu’ils désiraient poursuivre ce moment, malgré la fatigue physique du voyage et les fortes émotions qu’ils avaient traversées.
Le troisième temps correspond à l’acceptation et à la reconnaissance, lorsque l’on parvient à comprendre pleinement ce qui se passe.
Versets 30 et 31 :
Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.
Ce n’est que lorsque leur cœur fut suffisamment réchauffé qu’ils reconnurent le Seigneur.
Les paroles du Seigneur brûlaient en eux.
Notre Seigneur leur apportait la lumière et des explications capables de dissiper le moindre doute et la moindre crainte qu’ils pouvaient encore ressentir.
Le quatrième temps correspond à une transformation intérieure, accompagnée d’un engagement dans le témoignage.
En Luc Chapitre 24 lisons les versets 32 à 35
Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures?
Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.
Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.
Lorsque les deux disciples reconnurent le Seigneur, ils furent animés d’une joie immense et d’un zèle débordant.
N’étant pas étrangers aux apôtres, ils savaient où les trouver.
Ils les rejoignirent afin de partager cette merveilleuse nouvelle de la résurrection de notre Seigneur, mais aussi pour les soutenir et les réconforter, remplis de force et d’enthousiasme.
Ils comprirent qu’il ne fallait pas s’éloigner de la communion avec les apôtres, mais au contraire s’entraider, se fortifier et œuvrer ensemble.
Nous sommes maintenant le soir, et le Seigneur n’est toujours pas apparu aux apôtres.
Comment pensez-vous que les femmes et les deux disciples ont été reçus ?
Premier temps : à nouveau le déni
Luc chapitre 24 verset 10 et 11 :
Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles.
Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes.
pour des rêveries !
D’autant plus qu’eux n’avaient pas vu le Seigneur, ils n’étaient pas prêts à y croire.
Et d’ailleurs, pourquoi le Seigneur se serait-il présenté d’abord à des femmes, et non directement à ses apôtres ?
Deuxième temps : la réflexion
Elle se manifeste lorsque les deux disciples reviennent et que Pierre, lui aussi, atteste avoir vu le Seigneur.
Mais cela ne suffit pas : il leur faut davantage de preuves.
Leur espérance, ou plutôt la conception qu’ils s’en faisaient était trop éloignée de celle du Seigneur.
Eux qui avaient été les plus proches du Maître, qui avaient écouté ses enseignements, se retrouvent pourtant éloignés dans leur compréhension et, de surcroît, incapables d’accepter la mort de leur Seigneur, qu’ils ont pourtant vue de leurs propres yeux.
Le Seigneur connaissait leur cœur et savait qu’ils mettraient du temps à comprendre.
Cette situation peut paraître paradoxale, mais elle ne l’est pas forcément.
Après avoir tout fondé sur le Seigneur pendant plus de trois ans, il était devenu leur seule préoccupation.
Cependant, leurs discussions restaient parfois très humaines, voire terre à terre, comme lorsqu’ils se demandaient qui serait le plus grand dans le Royaume.
La conception de la mort de leur Seigneur ne faisait pas partie de leur pensée.
Elle leur paraissait inacceptable, même si le Seigneur les en avait avertis auparavant.
Mais le Seigneur connaissait la mission qui leur serait confiée pour préparer cet âge de l’Évangile, et il savait que le Saint-Esprit ne leur avait pas encore été donné.
C’est pourquoi nous pouvons lire dans l’Évangile en Luc, chapitre 24, versets 36 à 48, comment Jésus se présente à eux avec douceur, en leur apportant de nombreuses preuves.
Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous!
Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit.
Mais il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s’élèvent-elles dans vos coeurs?
Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai.
Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit: Avez-vous ici quelque chose à manger?
Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel.
Il en prit, et il mangea devant eux.
Puis il leur dit: C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes.
Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures.
Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
Vous êtes témoins de ces choses.
Premièrement : plusieurs personnes leur témoignèrent que Jésus s’était manifesté et qu’il était ressuscité.
Malgré cela, ils furent saisis de frayeur et d’épouvante, croyant voir un esprit.
Deuxièmement : Jésus leur montra ses mains et ses pieds afin de leur prouver qu’il s’agissait bien de lui, le Seigneur qu’ils avaient connu, et non d’un esprit.
Troisièmement : Il leur demanda à manger, et mangea devant eux, car certains étaient encore dans l’étonnement.
Quatrièmement : Il leur rappela les Écritures, afin d’ouvrir leur intelligence et de les amener à prendre pleinement conscience de la réalité.
Ce troisième temps, celui de l’acceptation par les apôtres, leur demanda beaucoup plus de temps.
Et le Seigneur, conscient de cela, savait que ce n’était pas suffisant.
Il leur dira en Matthieu, chapitre 28, verset 10 :
Ne craignez pas; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c’est là qu’ils me verront.
Il leur annonce qu’il souhaite les rencontrer en d’autres lieux, notamment en Galilée, là où il avait en partie prêché, sur des terres où les disciples se sentaient plus en sécurité.
En effet, Jérusalem avait été pour eux une épreuve traumatisante ces derniers temps.
Nous lisons dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15, versets 4 à 8 :
il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux douze.
Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts.
Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton;
Pendant quarante jours, à plusieurs reprises, le Seigneur se montra à eux.
Cependant, il ne se révéla qu’à ceux qui étaient disposés à croire en lui, et non aux incrédules.
C’est à ses disciples, qui désiraient croire mais qui éprouvaient encore de grandes difficultés, qu’il apparut.
Tous ne comprirent pas immédiatement.
Le quatrième temps interviendra après que le Seigneur sera monté vers son Père, puis après l’envoi du Saint-Esprit.
Alors, s’opérera en eux une transformation intérieure, accompagnée d’un engagement à témoigner et à prêcher la vérité avec ardeur.
Une question singulière se pose :
Pourquoi, le premier jour de sa résurrection, Jésus ne s’est-il pas manifesté en premier aux apôtres, mais seulement en soirée ?
Ce sont les femmes qui furent les premières à le voir.
Si leur rôle est souvent resté discret, la sincérité de leur cœur avait tout autant de valeur que celle des disciples hommes.
C’est un honneur que leur fit notre Seigneur, en reconnaissance de leur fidélité et de leur dévouement dans l’ombre.
Elles ont également joué un rôle important avant sa mort.
Comme nous le lisons en Luc, chapitre 23, versets 55 et 56 :
Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums.
En Matthieu, chapitre 27, verset 61, nous dit même qu’elles restèrent un bon moment après que le sépulcre eut été fermé.
Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre.
Une autre raison est que Jésus devait être connu de l’humanité par d’autres moyens que par les seuls apôtres.
Même si les apôtres eurent davantage de difficulté à reconnaître la résurrection de Jésus, cela ne fut pas le cas pour tous.
Lorsque les femmes vinrent annoncer aux apôtres que Jésus était ressuscité, Pierre, déjà éprouvé psychologiquement par son reniement du Seigneur, ne mit pas en doute leur témoignage.
Luc, au chapitre 24, verset 12, nous dit :
Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé.
Comme nous l’avons lu, Jésus s’est manifesté en privé à Pierre.
Pierre restera un leader de l’Église naissante.
Dans le livre des Actes, chapitre 2, il prononce un discours puissant, expliquant que la résurrection de Jésus est l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament.
Il proclame que Jésus, crucifié, est désormais vivant, et qu’il est au cœur de la foi chrétienne.
Dans sa première épître, chapitre 1, verset 3, il dira :
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts,
Pour d’autres, cela fut plus difficile, comme pour Thomas, qui n’était pas présent ce premier jour.
Plus tard, lorsqu’il verra le Seigneur, il aura besoin de toucher les blessures pour croire.
Jésus prononcera cette parole remarquable en Jean, chapitre 20, verset 29.
Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru!
Plus tard, l’apôtre Paul fera une constatation, accompagnée d’une nécessaire réprimande à l’égard des Corinthiens.
Nous le lisons dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15, versets 12 à 22 :
Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a point de résurrection des morts?
S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point.
Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus.
Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts.
Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts.
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ,
Certains ne croyaient pas en la résurrection, et pourtant l’Apôtre Paul écrivait à des frères dans la foi.
Cela montre toute la difficulté qu’il y a à croire en cette doctrine.
Plus tard, durant le millenium lorsque la résurrection se manifestera et mettra en évidence le mensonge, l’homme écartera les paroles de l’adversaire, qui est le père de la mort.
Alors, l’homme comprendra que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Comme c’est écrit en Matthieu, chapitre 22, versets 31 et 32 :
Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit:
Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob? Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants.
La résurrection est une promesse assurée pour toute l’humanité sur la terre.
En Jean, chapitre 5, versets 28 et 29 nous lisons :
Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront.
Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Mais aujourd’hui, durant cet âge de l’Évangile, la sagesse divine a pourvu au développement d’un petit groupe de croyants consacrés à l’Éternel, un petit troupeau, qui espère en une résurrection céleste.
Romains, chapitre 6, versets 4 et 5 :
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.
En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection,
L’apôtre Paul nous écrit dans la lettre aux Philippiens, chapitre 3, versets 10 et 11 :
Afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts.
C’est par une foi affermie que l’apôtre nous montre une profonde reconnaissance de la résurrection de Christ, ainsi que le désir de le suivre dans ses souffrances afin d’obtenir, à son tour, cette même espérance de résurrection dans les cieux auprès de lui.
C’est aspirer, dès aujourd’hui, à cette vie future que nous partagerons avec lui.
C’est l’affermissement de notre foi, à l’image d’une nouvelle créature qui recherche les choses d’en haut.
Comme il est écrit dans la première épître de Jean, chapitre 3, verset 2 :
Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.
Je terminerai par ces paroles, de la première épître aux Thessaloniciens, chapitre 4, versets 13 à 18 :
Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance.
Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts.
Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts.
Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement.
Ensuite, nous les vivants, qui seront restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.
Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles.
Amen